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Projet CP/17 – ‘Critères et imputations de changements vers une consommation durable’ décrit un ensemble d’éléments technologiques, économiques et sociaux tels que l’infrastructure technique, les attitudes et les valeurs, les arrangements institutionnels, les prix, et les significations symboliques des produits qui déterminent le comportement des consommateurs ». A ces remarques nous ajoutons que les politiques de produits devraient varier selon la catégorie de produits considérée. En effet, les consommateurs adoptent des stratégies d’achat des biens différentes selon le type de catégorie de ces biens. Par exemple, les consommateurs n’agissent pas de la même manière quand ils veulent acheter une machine à laver, de la nourriture ou des vêtements. Nous avons aussi observé qu’il y a peu de recouvrement entre des profils de consommateurs « éthiques » et « environnementaux », pourtant tous deux partiellement « durables ». Le commerce équitable semble plutôt reposer sur un espoir, un promesse sans garantie ; les produits écologiques correspondent quant à eux à des profils pour lesquels le contrôle est important. De plus, les consommateurs qui se déclarent actifs agissent en fait sur des segments très limités de leur consommation (Zaccaï 2002). En conséquence, les moyens d’informations dirigés vers les consommateurs devraient être adaptés à deux variables au moins : le type de produit considéré ; le profil de consommateurs visé. Une politique de produits dépend de la bonne volonté de tous les acteurs. Les consommateurs ne manquent pas forcément de bonne volonté, mais ils sont pris dans un système de contraintes qui pèse beaucoup plus que les informations qu’ils peuvent recevoir. Cela soulève le rôle des pouvoirs publics concernant le type d’information à procurer aux consommateurs et le type de pressions à exercer sur les entreprises. Ce point a été relevé par les différentes personnes interrogées (y compris les pouvoirs publics eux-mêmes), sauf par les représentants des entreprises. Pourtant les résultats du Business Environmental Barometer montrent que la réglementation est l’instrument le plus efficace pour modifier les comportements des entreprises. En conclusion de l’analyse des positions et contraintes des différents acteurs, nous attirons l’attention sur quelques éléments (tous nécessaires) dont il faut tenir compte pour espérer réussir une politique de consommation durable : - Des alternatives à la consommation non durable doivent exister. Il semble que certains consommateurs soient prêts à se procurer des produits plus écologiques et/ou éthiques s’ils y retrouvent leurs marques favorites. Les possibilités pratiques de substitution (c'est-à-dire à un prix abordable) doivent être facilement accessibles. Les producteurs et les distributeurs ont donc un rôle essentiel à jouer, ainsi que les pouvoirs publics en élevant progressivement le niveau des normes minimales. - Une information répétée sur les produits concernés doit être clairement identifiable. Rappelons que les campagnes d’information n’ont d’impact que si elles ont un budget suffisamment important, et qu’elles sont maintenues au cours du temps (cf. annexe 8). C’est à ce prix que les consommateurs pourront réellement accélérer la demande vers une consommation durable. - Les motivations au changement des comportements doivent être activement soutenus. Ces motivations doivent être reconnues dans leur diversité (selon les profils). Elles peuvent être encouragées par divers incitants économiques. - Dans la mesure où les pratiques de consommation dépendent d’une série de facteurs (type de produit, géographique, sociologique, etc.), il est nécessaire d’organiser des réseaux capables de diffuser les bonnes pratiques locales. Les instruments politiques traditionnels s’appliquent aux niveaux international, national et régional, mais laissent encore beaucoup de possibilités au niveau local, là où les entreprises et la société civile peuvent œuvrer ensemble pour réaliser des actions concrètes, par voies volontaires. Dès lors les pouvoirs publics devraient favoriser la société civile en tant que multitudes d’expérimentations d’autres manières de produire des relations sociales, et inciter les différents acteurs du marché à échanger leurs informations. 2.5 Conclusion : sélection des 5 catégories de produits Au départ de la recherche nous pensions adopter une approche par secteurs économiques. Et c’est dans cette optique que nous avons réalisé les interviews. Cependant il PADD II – Partie I – Modes de production et de consommation durables – Problématiques générales 46