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7 Icône de la New Wave, Klaus Sperber, alias Klaus Nomi va surgir comme un météorite dans le paysage musical des années 1980. Les premiers pas de cette « Castafiore rock » se font à New York, à l’époque où la ville ouverte à toutes les extravagances créatives, accueille toute une faune atypique sous influence warholienne. Le personnage au visage livide, fraîchement débarqué de Berlin, à l’allure d’un dandy hiératique surprend, séduit et provoque, avec sa voix d’opéra, ses costumes compassés et son look « coldglam » d’un nouveau genre. C’est pourtant un succès fulgurant qui est au rendez-vous même si, face à un tel anti-conformiste, certains crient au scandale. Le concert qui eut lieu au Sigma 17, première apparition française très attendue de cet ovni tragi-comique, suscita une réelle euphorie. 8 Roger Lafosse n’a pas été seulement un « organisateur de festival ». L’histoire de Sigma, née d’une passion, s’origine dans ce qui fut peut-être dans sa jeunesse une ambition personnelle : devenir musicien. Lorsqu’il se rend à Paris, il fréquente assidûment les clubs, côtoie les jazzmen les plus charismatiques de l’époque, et n’oublie pas d’emporter son saxophone. Il aura même l’occasion de s’essayer à quelques impro visations avec des personnalités aussi vertigineuses que Charlie Parker ou Max Roach. On aurait pu s’attendre à ce qu’il ne reste aucune trace de cette période, de cette vie tumultueuse et créative, antérieure à la naissance de Sigma. Pourtant, Roger Lafosse a laissé la marque de son jeu musical dans les sillons de quelques rares vinyles enregistrés à la fin des années 1940 où on peut l’entendre improviser sur des standards… 9 Cinéaste de l’allégorie, Miklós Jancsó utilise systématiquement de larges plans-séquences afin d’accentuer le réalisme au cœur de chacun de ses films. Faisant écho aux grandes plaines ouvertes des pays de l’Est balayées par le vent, la lenteur des mouvements panoramiques de la caméra permet une approche poétique des événements violents de l’Histoire traduits en tableaux vivants. Les armées de figurants mises en scène par Jancsó sont prises dans un tourbillon narratif absolument maîtrisé où s’enchaînent sans heurt les différentes actions. Par ailleurs, la nudité féminine, très présente chez Jancsó, s’oppose à la brutalité militaire et virile, mais elle est aussi une figure de style évoquant la contrainte ou la soumission des populations à l’autorité. L’esprit révolutionnaire qui anime ces œuvres se retrouve jusque dans les bandes-son faites de chants révo lutionnaires comme La Carmagnole ou La Marseillaise, et forgeant ce fameux style qualifié de « politique musical ».