Download Signets n°16
Transcript
l’Association des Amis de la Bibliothèque Albert Cohen avait organisée sur le thème : « Que savons-nous de la Résistance aujourd’hui ? » L es répétitions ont lieu au moins une fois par semaine à la Maison pour Tous. Il faut bien ce temps-là pour préparer les spectacles. (Le Festival du Conte de CIBLE 95, tous les ans, par exemple). Elles sont particulièrement satisfaites du travail accompli pendant deux ans, pour préparer leurs récitals sur Buzzati, Maupassant ou autres Contes de Gourmandise, spectacles pour tout petits et spectacles en musique... Cette conférence comportait trois parties : Bruno LEROUX, Directeur historique de la Fondation de la Résistance, a, tout d’abord, présenté Le Dictionnaire Historique de la Résistance dont il a codirigé la publication dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont. E lles savent que leur travail est différent de celui d’un acteur. Un conteuse écrit son texte elle-même et peut donc le modifier à tout instant, face à une réaction du public ou en écho à sa propre émotion. Elle écrit un monologue et n’a pour partenaire que ce public dont l’écoute et le silence sont les répliques. D’ailleurs, elle ne veut pas raconter dans le noir car, alors c’en est fini de ce retour des réactions. Chacune a son style, son « oralité », son « écriture orale » : la personnalité de la conteuse s’exprime à travers le ton, les mimiques, les accents, la voix, le jeu de scène. Les « racines », la culture provinciale de chacune nourrissent également le terreau individuel. Mais c’est bien ce qui fait toute la richesse de leur prestation à trois. S ’appuyant sur le plan détaillé de l’ouvrage qui a vu la contribution de 114 auteurs, il a dressé un panorama complet de l’aventure humaine que fut le combat de ces hommes et de ces femmes qui souffrirent parfois jusqu’au sacrifice de leur vie pour que renaisse la liberté. Évoquant les différentes phases de l’évolution des écoles de recherche historique – depuis la création du Comité d’histoire de la 2° guerre mondiale, au lendemain de la guerre, jusq u’à l’ouverture aux chercheurs des archives publiques dans les années 1970 - il a tenu à apporter un certain nombre de correctifs aux clichés qui parcourent encore l’opinion et qui ont souvent présidé aux controverses les plus douloureuses de ces soixante dernières années : c’est ainsi qu’il a notamment fait ressortir comment l’opinion s’était détachée du régime de Vichy et ce , bien avant le basculement des opérations militaires en faveur des alliés, mettant ainsi à bas le concept si longtemps affiché d’une France collaborationniste et d’une Résistance opportuniste. Parlant des hommes, des réseaux, de leur géographie et de leur sociologie, il a insisté sur les dates clés des grands événements (l’effondrement de juin 40, le STO) sur le rôle des obscurs et des sans grade (agents de liaison, opérateurs radio) qui apportèrent souvent beaucoup plus à la stratégie d’action que celui des états majors ou des personnalités. L eur ambition : transmettre un patrimoine culturel qui reste, en 2007, toujours au goût des enfants et des adultes et le faire vivre au rythme des émotions. Leur projet : un nouveau spectacle pour adultes. Les trois inséparables compagnes voient en Conte-Leu un petit grain de folie dont elles ont besoin. Cette joyeuse complicité, admettent-elles, rend d’ailleurs difficilement envisageable l’introduction d’un nouvel élément dans le groupe. Qu’importe ! Elles suffisent à notre plaisir... oulez-vous une preuve du succès de CONTELEU ? Il suffit de connaître le calendrier de leurs spectacles ! Le 19 octobre dernier, Contes de Maupassant, à Paris, au restaurant "Au goût du jour", près du canal St Martin avec un flûtiste. Les 5 et 19 décembre 2007, Contes de Noël au Plessis-Bouchard et à Ecouen, en bibliothèques. Pour l'année 2008, préparation d'un spectacle pour adultes sur Alphonse Allais. En décembre, spectacle à la mairie de Saint Denis. V P our tout contact, Axelle Berthod (01.30.40.16.14), Patricia Mena (01.34.18.07.18) ou Marie-Pierre Renaud (01.30.40.17.74). E n conclusion, et s’appuyant sur les recherches les plus récentes, que l’on retrouve au chapitre du dictionnaire intitulé « Anthropologie de la résistance », il a voulu saluer le sacrifice de ces vies qui, sans forcément avoir toujours été conduites à la mort, ont néanmoins été intensément consacrées à la création ou à la survie d’un mouvement, en «… une paradisiaque période d’enfer », comme l’écrivit Jacques Bingen dont une lettre a été lue au terme de l’exposé. **** NOTRE TRAVAIL DE MÉMOIRE : CONFERENCE SUR LA RESISTANCE Laure BOUGON et Aurélie POL, de l’Association pour des Etudes sur la Résistance Intérieure (AERI) ont, en seconde partie, présenté le DVD Rom La Résistance en Ile de France. U n public d’une cinquantaine de personnes était présent au Foyer Clairefontaine le samedi 6 octobre 2007 pour assister à la conférence que L ancé en 2004, cet ouvrage, qui fait partie d’une collection devant couvrir à terme tout le territoire, est le fruit du travail d’un réseau de chercheurs locaux de 70 personnes pendant 5 ans. Il intègre des fonds d’archives 9 Signets n°16 – Novembre 2007