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Appels urgents
– 8 septembre 2014
Burundi
Dégradation inquiétante de l’état de santé d’un
défenseur des droits de l’homme détenu
Monsieur Pierre Claver Mbonimpa, président
de l’Association pour la protection des droits
humains et des personnes détenues
(APRODH), a été arrêté le 15 mai 2014.
Après trois mois de détention arbitraire, son
état de santé s’est fortement dégradé. Le
29 août 2014, il a été admis en urgence dans
une clinique de Bujumbura pour y recevoir
des soins.
Pierre Claver Mbonimpa au tribunal
Pierre Claver Mbonimpa, âgé de 66 ans, a été inculpé le 16 mai 2014,
« d’atteinte à la sûreté de l’État et d’usage de faux » pour avoir dénoncé, au
cours d’une interview donnée à la Radio publique africaine (RPA) quelques
jours plus tôt, l’entraînement militaire de jeunes Burundais en République
démocratique du Congo (RDC).
Monsieur Mbonimpa, en tant que défenseur des droits de l’homme, s’est
inquiété de l’entraînement militaire des « Imbonerakure », jeunes miliciens
pro-gouvernementaux impliqués depuis le début de l’année 2014 dans de
nombreuses violences visant les opposants politiques.
Malgré son état de santé dégradé, le tribunal de Bujumbura a rejeté à
plusieurs reprises les demandes de ses avocats en faveur de sa libération
provisoire dans l’attente de son procès, bien qu’il en remplisse les critères.
Pierre Claver Mbonimpa est un acteur de la société civile gênant pour le
pouvoir en place. Son association de défense des droits de l’homme est l’une
des plus reconnues au Burundi.
Supplément au Courrier de l’ACAT ne peut être vendu séparément
Directeur de la publication : François Picart, président de l’ACAT
Impression ACAT - CPPAP n° 1112 g82814 - ISSN 0519417
Appels urgents
Burundi
Contexte
Depuis le début de l’année 2014, les autorités administratives et sécuritaires
du Burundi ont fortement restreint l’espace démocratique dans leur territoire
en introduisant des lois liberticides. Le but consiste à museler l’opposition et
la société civile sur des sujets relatifs aux prochaines élections
présidentielles de 2015.
Le gouvernement burundais s’est, dans le même temps, fortement mobilisé
pour que l’opinion publique accepte un troisième mandat de l’actuel président
en exercice, Pierre Nkurunziza, alors que la Constitution de 2005 ne le permet
pas.
Face à une forte mobilisation de l’opposition politique et de la société civile
pour dénoncer un risque de révision constitutionnelle tronquée, le parti au
pouvoir, qui dirige le pays depuis près de dix ans, s’est montré graduellement
plus répressif, tendant encore plus le climat politique. De nombreux opposants
ont été arrêtés arbitrairement, inculpés et jugés dans le cadre de procès
inéquitables. Plusieurs journalistes et défenseurs des droits de l’homme ont
commencé à faire l’objet d’intimidations.
L’arrestation de M. Mbonimpa a provoqué une vague de mécontentement sans
précédent au sein de la société burundaise. L’intransigeance des autorités visà-vis de ses activités légitimes de défenseur des droits de l’homme et le
harcèlement qu’il subit font de lui un symbole de la lutte pour la justice dans le
pays. Chaque vendredi, de nombreux Burundais et sympathisants de la cause
de M. Mbonimpa arborent des vêtements verts, aux couleurs de l’uniforme des
détenus au Burundi. Par ce geste, ils soutiennent la libération de
M. Mbonimpa.
Une fiche sur la torture au Burundi a été rédigée dans Un Monde tortionnaire,
voir : http://www.unmondetortionnaire.com/Burundi#lire
Sources de l’Appel urgent :
Amnesty
International,
HRW, ACAT Burundi
Mode d’emploi
1. Signer les lettres jointes.
2. Les expédier, au plus vite, à l'adresse indiquée
(Tarifs postaux : France 0,61 € / UE 0,83 € / reste du monde 0,98 €).
3. Si possible, envoyer une copie de votre lettre à l'ambassade du pays
concerné.
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