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Par ailleurs, on distingue dans le cadre de la lexicographie les activités qui comprennent la lecture, telles que la traduction, la recherche d’une information précise, la compréhension approfondie du contenu d’un texte, entre autres, qui créent finalement des situations de consultation lexicographique particulières. C’est pourquoi dès qu’on pense à un public d’usagers particulier, à son rapport avec la LE et à son besoin de lecture-compréhension, on va forcément aboutir à des conclusions différentes en ce qui concerne les dictionnaires. Il n’empêche qu’un projet peut se nourrir de l’autre. Aussi avons-nous fait appel à deux réflexions menées en ce sens. D’abord celle de Béjoint qui envisage un DB de « médiation » ou plutôt un « dictionnaire bilingue de décodage ». Celui-ci, à la différence des DB conventionnels, devrait restituer dans la langue du lecteur le sens des éléments lexicaux d’une LE. L’auteur s’appuie, dans un premier temps, sur l’idée que traduire ne se confond finalement pas avec lire pour comprendre. Dans ce dernier cas, le lecteur ne maîtrisant suffisamment pas la LE a besoin d’un « élucidateur » adapté à sa compétence linguistique et culturelle. Cela peut être bien un équivalent dans la langue de l’usager, mais peut être aussi, selon le cas, une définition, une image, un exemple… bref, l’élucidateur peut varier d’un mot à l’autre. Dans un second temps, il distingue la compréhension lors d’un apprentissage et la compréhension lors d’une activité de lecture (de décodage) : le public lecteur concerné ne veut pas approfondir sa connaissance de la LE, il a besoin de lire – et certainement de ne pas tout comprendre – pour des raisons liées à sa profession, à ses activités intellectuelles, etc. Un projet lexicographique destiné à ce public ne devrait donc pas rendre compte de l’aspect pédagogique, selon l’auteur, il ne viserait pas l’apprentissage, et s’appuierait sur quelques modifications du DB conventionnel. Pour être bref, ces modifications se centreraient notamment sur la création d’un métalangage et sur la réduction du DB à l’essentiel pour la lecture. Pour notre part, si nous rejoignons en grande partie les considérations de l’auteur, nous remettons quand même en question deux points : - premièrement, la distinction entre « dictionnaire bon à l’apprentissage » et « dictionnaire bon à la lecture » ne semble plus se justifier de nos jours, où l’informatisation des données crée les conditions permettant de prévoir toutes sortes de données lexicographiques qui peuvent être utiles à l’usager envisagé, de même que de prévoir différents parcours de consultations ; - deuxièmement, il nous semble qu’un tel public, qui n’est pas composé d’apprenants à proprement parler, mais des sujets liés à différents domaines ayant besoin de lire, régulièrement ou sporadiquement, des documents dans une LE, ont besoin à plus forte raison d’un DP, c’est-à-dire des données lexicographiques suffisamment « didactisées » pour qu’ils puissent se passer très tôt d’un enseignement. 181