Download Compilation mai 68
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pourraient être remises en cause par l’assemblée générale qui doit se réunir ce vendredi à 14 heures.»26 Cet après-midi du 16 marque le moment où la classe ouvrière, d’une manière irréversible, commence à se déclarer pour le mouvement. À 14 heures, l’usine Renault de Flins est occupée. Entre 15 et 17 heures, la grève sauvage s’impose à Renault-Billancourt. De tous côtés, les occupations d’usines commencent en province. L’occupation des bâtiments publics, qui continue de s’étendre partout, atteint l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne, qui est pris en main par son personnel. 26 Ces calomnies ont la vie dure. Dans Paris Match du 6 juillet, on pouvait lire : «Cette poétique anarchie ne dure pas. Un groupe qui s’intitule “situationnistes enragés” s’empare du pouvoir, c’est-à-dire de ce qu’on pourrait appeler la “légalité groupusculaire”, et surtout de son instrument essentiel, nécessaire et suffisant : “la sono”. La sono, c’est-à-dire la sonorisation, le système de hautsparleurs par lequel on peut déverser jour et nuit une pluie de slogans dans la cour et les couloirs du vaisseau. Qui tient la sono tient le verbe, et l’autorité. Par la sono, les situationnistes diffusent aussitôt des messages parfaitement loufoques. Ils appellent par exemple tous les étudiants “à soutenir les malades de Sainte-Anne dans leur lutte de libération contre les psychiatres”.» Dans un tout autre genre, le livre du fasciste François Duprat, Les Journées de mai 68 (Nouvelles Éditions Latines), qui dénonce «à l’origine du 22 mars l’agitation entretenue à Nanterre par la quarantaine d’étudiants membres de l’Internationale Situationniste», prétend voir «la main de la H.V.A. (service de sécurité et d’espionnage est-allemand)» dans les activités de l’I.S. Il en rajoute en mêlant les situationnistes au «22 mars», et en désignant Cohn-Bendit comme «leur ancien ami». 63