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CONTROVERSES : HORMONES STÉROÏDES ET SEXUALITÉ DE LA FEMME
LES ANDROGÈNES ONT-ILS UNE PLACE ?
Pr Pierre MARES
PU-PH Gynécologie Obstétrique - CHU Nîmes
L’étude de la sexualité est toujours difficile car elle évalue différentes composantes :
- la fréquence des rapports,
- la satisfaction…
L’étude prospective danoise sur 474 femmes montre qu’à 51 ans il n’y a pas de différence du
désir sexuel pour 70 % des femmes interrogées (1).
Ce résultat se retrouve dans des études anglo-saxones australiennes.
En fait les difficultés sexuelles sont retrouvées chez les femmes avec :
- des difficultés existant avant la ménopause,
- des troubles récents qui viennent perturber la sexualité : sécheresse vaginale, incontinence
anale, perturbation de l’image corporelle…
- une absence d’adaptation à des modifications corporelles ;
mais aussi et souvent :
- des troubles masculins (dysérection), le plus souvent non pris en charge…
Des études sur la sexualité évaluant l’effet du traitement oestro-progestatif sur les troubles
trophiques et climatériques confirment une amélioration globale sur la qualité de vie et la
sexualité… par correction de secteurs associés :
- diminution de la fatiqabilité avec la disparition des bouffées de chaleur,
- meilleure sensation globale au niveau physique et diminution de la sécheresse vaginale.
Quand la dyspareunie disparaît, les rapports sexuels n’induisant plus de douleurs pelvipérinéales redeviennent possibles !
Il faut souligner que la plupart de ses dyspareunies sont souvent non exprimées (2).
Les androgènes n’ont pas d’autorisation en France. On connaît mal le dosage efficace surtout
la réponse individuelle qui se remarque le plus souvent par des complications à type de raucité
de la voie, pilosité, agressivité…
Les modifications de la sexualité, pour la plupart des femmes, sont plus liées :
- au concept qu’elles se font de la ménopause avant d’y être arrivée,
- au concept lié à sexualité et fertilité,
- au concept normatif de la sexualité, défini en nombre de rapports, niveau d’orgasme…
Il apparaît, dans la plupart des études, que la prévention des dysfonctions sexuelles, après la
ménopause, relève d’une prise en charge globale et de traitements spécifiques sans lien direct
avec le déficit androgénique :
- appropriation du corps en évolution : sport, alimentation, culture… (3)
- utilisation d’un savoir faire corporel : éducation de la sangle pelvi-périnéale…
- traitement des troubles oestrogénodépendants,
- traitement des pathologies masculines, quand c’est nécessaire.
Il apparaît donc que la plupart des troubles de la sexualité survenant en post-ménopause
peuvent être facilement pris en charge sans faire appel au traitement androgénique.
AIHUS 2006 / 36e SÉMINAIRE DE PERFECTIONNEMENT EN SEXOLOGIE / 30 MARS AU 2 AVRIL / MARSEILLE / PALAIS DES CONGRÈS
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