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CAPC
musée d’art contemporain de Bordeaux
Document pédagogique
d’accompagnement
Étrange et Proche
Un musée comme voisinage
6 octobre 2011 – 12 février 2012
Dans le cadre d’EVENTO 2011, le rendez-vous artistique et urbain de Bordeaux
L’exposition Étrange et Proche est le fruit d’une rencontre entre le
CAPC et le Van Abbemuseum d’Eindhoven (Pays-Bas), deux institutions
artistiques dont l’histoire atteste la notoriété. Le CAPC a invité le Van
Abbemuseum comme il inviterait un artiste. Le Van Abbemuseum
présente, en réponse, des œuvres provenant essentiellement des
acquisitions récentes de sa collection, associées à l’intervention de
plusieurs artistes invités.
Le titre de l’exposition est issu de la terrible description du dysfonctionnement de la société, faite par le philosophe Homi Bhabha au
Van Abbemuseum en 2007. Pour lui, « étrange et proche » permet
de comprendre la notion essentielle de « voisinage ». Pour le Van
Abbemuseum, ce titre permet aussi de réfléchir à la relation entre les
spectateurs et les œuvres d’art comme objets d’observation.
Les œuvres exposées à Bordeaux et choisies par le Van Abbemuseum
s’inscrivent dans une réflexion sur la manière dont les contours de
notre monde ont évolué à partir de 1989, avec la chute du Mur de Berlin,
les attentats du 11 septembre, l’adoption de l’économie de marché
par la Chine ou, plus récemment, les soulèvements populaires lors
du Printemps arabe. La condition humaine est l’un des grands axes
d’Étrange et Proche, tout comme les questions de frontières, de conflits,
de territoires nouveaux, de vies en commun contraintes ou souhaitées,
de tensions de voisinage et d’incompréhension de l’autre.
Une carte de l’exposition propose un parcours, comme le tracé d’un
chemin de traverse dans un quartier, de la nef aux mezzanines, pour finir au
Salon, à l’entrée du musée. Chaque œuvre fait l’objet d’un commentaire et
apporte des éclairages sur un contexte politique ou historique particulier.
Ce plan a été créé par les graphistes de l’Atelier Goal.
Commissariat : Charles Esche, Galit Eilat.
Marjetica Potrč + Michelangelo Pistoletto
F.Deval © Mairie de Bordeaux
Œuvres de :
Absalon, Hüseyin Bahri Alptekin,
Yael Bartana, Homi Bhabha,
Ivan Boccara, Danica Dakic,
Chto Delat ?, Harun Farocki,
Joseph Grigely, Michal Heiman,
Hannah Hurtzig, Laurent Mareschal,
Aydan Murtezaoglu, Dan Peterman,
Michelangelo Pistoletto,
Marjetica Potrč, Wilhelm Sasnal,
Thomas Schütte, Erzen Shokololli,
Nedko Solakov, Mladen Stilinovic,
Akram Zaatari, Andrea Zittel,
Artur Žmijewski.
Avant la visite,
quelques rappels…
L’enseignement de l’histoire des
arts est un enseignement de culture
artistique partagée. Il concerne tous
les élèves. Il est porté par tous les
enseignants. Il convoque tous les
arts. Son objectif est de donner à
chacun une conscience commune :
celle d’appartenir à l’histoire des
cultures et des civilisations, à
l’histoire du monde.
→ Voir encart « Organisation de
l’enseignement de l’histoire des arts » /
BO n°32 - 28 août 2008
→ Voir site de l’enseignement de
l’histoire des arts à l’école, au collège et
au lycée :
http://eduscol.education.fr/cid45674/a-lecole-au-college-et-au-lycee.html
Quelles que soient les conditions
de visite, le professeur est toujours
responsable de sa classe et il
est recommandé une vigilance
soutenue à l’égard des élèves et
une attention accrue aux règles
de respect du lieu, des œuvres, du
public et du personnel.
Une découverte approfondie
des expositions, (par groupe de
10 enseignants maximum et sur
inscription), afin de préparer des visites
libres avec les classes, de favoriser les
échanges, de répondre à vos questions
et d’élaborer un parcours adapté à vos
projets, est régulièrement proposée le
mercredi après-midi.
Pour préparer la visite, un document /
aide à la visite est téléchargeable
sur Écolien / site de l’Inspection
académique de la Gironde
http://tice33.ac-bordeaux.fr/Ecolien/
les ressources/éducation artistique/
partenaires culturels/musées/CAPC
CAPC : acronyme de Centre d’Arts
Plastiques Contemporains
- art plastique : art producteur ou
reproducteur de formes, de volumes
- contemporain : qui est du temps
présent, actuel
L’origine du lieu, sa destination
première : L’Entrepôt réel des denrées
coloniales, construit en 1824 pour
assurer un contrôle plus efficace sur
la transaction des marchandises.
(documents Proposition de parcours /
L’Entrepôt et Proposition de parcours /
Œuvres in situ, téléchargeables sur
www.capc-bordeaux.fr )
Le vocabulaire de
l’exposition
- Collection : réunion d’objets choisis
pour leur intérêt esthétique, leur
valeur documentaire, leur contenu
intellectuel, leur prix. Une collection
peut être composée d’éléments
appartenant à une même catégorie
(timbres, flacons de parfum…) ou
d’éléments hétéroclites (objets,
œuvres d’art de tous types et toutes
périodes…)
- Galerie : lieu d’exposition des
œuvres d’art.
- Cimaise : mur d’une salle
d’exposition dans une galerie ou un
musée.
- Cartel : étiquette placée près d’une
œuvre, précisant le nom de l’artiste,
le titre de l’œuvre, la date d’exécution,
les matériaux utilisés, la provenance…
- Notice : texte documentaire
apportant des informations sur
le travail de l’artiste et l’œuvre
présentée.
Les métiers du musée
- Agent d’accueil et de surveillance :
il a pour mission essentielle d’accueillir
tous les publics, de les informer, les
orienter dans le musée, mais aussi de
veiller à ce que les œuvres ne soient
pas mises en danger par les visiteurs.
- Agent de caisse : personne qui
encaisse les droits d’entrée des visiteurs.
- Agent de sécurité : une équipe
d’agents assure la sécurité des
œuvres (le jour et la nuit) et également
celle des visiteurs. Cette équipe ouvre
les salles chaque matin.
- Agent de maintenance : il contrôle
toutes les installations et les appareils
techniques ; par exemple, il est chargé
de surveiller les ampoules électriques,
mais aussi la température des salles
d’exposition, leur degré d’hygrométrie,
c’est-à-dire le degré d’humidité dans l’air.
- Chargé(e) des réservations :
personne qui enregistre la venue des
groupes sur un ordinateur. Ainsi l’on
peut calculer le nombre de visiteurs
qui viennent dans le musée.
- Chargé(e) de communication : sa
mission consiste à faire connaître toutes
les activités organisées par le musée :
les expositions temporaires, les différents
évènements, de les communiquer à la
presse, aux professionnels du tourisme
et aux institutions.
- Commissaire d’exposition :
personne qui fait le choix de la
thématique de l’exposition, des
œuvres, de la scénographie.
- Conservateur : ce mot indique bien
l’une de ses fonctions : conserver,
c’est-à-dire, s’assurer que les œuvres
sont en bon état et les protéger. Les
conservateurs font l’inventaire des
œuvres et les étudie. Ils font connaître
leurs recherches en écrivant des
notices, des articles, des catalogues
ou des livres. Ils organisent également
des expositions sur des artistes, ou
sur des thèmes spécifiques.
- Directeur / Directrice : il /elle doit
définir les orientations du musée,
décider des achats d’œuvres pour
enrichir les collections, développer
la politique d’accueil des visiteurs,
assurer la coordination de tous les
personnels du musée. Il/elle est
assisté/e par un directeur adjoint et
une secrétaire.
- Documentaliste : sa mission
consiste à effectuer des recherches
sur les œuvres, à la demande des
conservateurs, de chercheurs et
à les ranger dans des «dossiers
d’œuvre», sous forme papier et
également informatique. Il gère aussi
une photothèque qui rassemble des
reproductions des œuvres du musée.
Le service de documentation du musée
accueille également sur rendez-vous
les personnes qui souhaitent des
informations sur les œuvres.
- Médiateur ou médiatrice : ils sont
sous la responsabilité de la responsable
du Département des publics qui
organise des animations pour tous
les publics. Leur mission consiste à
préparer des visites pour faire connaître
les œuvres à tous les visiteurs. Ils sont
entre les œuvres et le public, « au
milieu », d’où leur nom de médiateur.
Ils communiquent leur savoir sur les
œuvres et proposent des jeux de
découverte ou des activités pour que le
public apprenne à voir et à comprendre
les œuvres et la démarche des artistes.
Ils rédigent des textes pour le public,
comme des notices d’œuvres pour les
visiteurs, des documents d’informations
sur le musée.
- Photographe : il est chargé de
photographier les œuvres et de
classer les photographies pour
constituer l’inventaire des collections
du musée. Il réalise aussi les
photographies des œuvres présentées
lors des expositions. C’est lui qui
est chargé de garder la mémoire
des événements du musée : les
vernissages d’exposition, la venue
d’artistes ou de conférenciers.
- Régisseur des œuvres : il est
chargé des bonnes conditions
de transport des œuvres qui sont
prêtées à d’autres musées pour des
expositions temporaires, à vérifier
leur état de conservation avant leur
départ et après leur retour. Il est chargé
de demander des assurances aux
emprunteurs. Il gère le rangement des
œuvres dans les réserves des musées.
Il travaille en collaboration avec
conservateur et techniciens,
notamment au moment de l’installation
d’expositions temporaires dans les
salles du musée.
- Restaurateur : il n’y a pas de
restaurateur en permanence dans le
musée. Lorsqu’une œuvre est détériorée,
la directrice du musée fait appel à des
spécialistes. Il existe des restaurateurs
spécialisés soit pour restaurer des
œuvres sur papier ou en plâtre ou encore
des peintures ou des objets...
- Techniciens : ils sont spécialisés
pour installer et déplacer les œuvres à
l’intérieur du musée, avec beaucoup
de précautions. Ils sont également
chargés de créer des emballages
spéciaux pour le transport des œuvres
à l’extérieur du musée. Pour les
expositions temporaires, ils réalisent
les cimaises, meubles, vitrines, cadres
dessinés par le muséographe.
Les différents types
d’œuvres d’arts :
peinture, dessin, sculpture,
photographie, installation, vidéo…
Les critères particuliers de chaque
type d’œuvre
- tableau : support (bois, toile,
carton…), type de peinture (huile,
acrylique, gouache…), outils utilisés
(pinceau, brosse, rouleau, couteau…),
signature, cadre ...
- sculpture : matériau utilisé (terre,
pierre, résine, plastique…), outils
utilisés (burin, ciselet, stylet…)
- photographie : noir et blanc ;
couleur
- installation : mobilier, objets
quotidiens, ambiance sonore,
ambiance lumineuse…
Regarder et comprendre une
œuvre d’art contemporain : pour
lire confortablement une œuvre d’art,
les élèves sont invités à s’asseoir
face à l’œuvre. Lorsque l’attention est
acquise, un dialogue peut s’engager à
partir de ce que l’on voit, pour ensuite
s’intéresser aux matériaux utilisés...
Proposition de lecture pour aborder
une œuvre d’une façon méthodique
en s’appuyant sur trois regards
spécifiques :
- Regard objectif : description de
l’œuvre sans jugement ; articuler
la dimension iconique (description
détaillée de l’œuvre ou de sa
reproduction) et la dimension plastique
(utilisation d’un premier vocabulaire
spécifique ; analyse du processus
de fabrication et de quelques
caractéristiques de l’œuvre : matériaux,
techniques, gestes de l’artiste,
choix des opérations plastiques
mises en œuvre, de la composition
ou construction de l’espace, des
couleurs, lignes, procédés utilisés…)
- Regard subjectif : dimension
personnelle / description selon
son ressenti et son interprétation
personnelle (évoquer ses sensations
et ses opinions face à l’œuvre ;
association à des vécus, à des idées,
des sentiments, des émotions déjà
éprouvées, des ambiances...)
- Regard culturel : dimension
culturelle / références à d’autres
expériences plastiques et à des
connaissances acquises ; mise en
réseau avec d’autres images, d’autres
œuvres, dans différents domaines
de la création ; apport de vocabulaire
et de repères par des recherches
documentaires ou par l’enseignant,
au sujet d’un artiste, d’un mouvement
artistique, d’un genre pictural, d’une
technique, du contexte historique,
culturel, social, scientifique, des
significations et usages.
Se préparer à la visite : s’interroger
sur ce que l’on va voir ; se créer
un « horizon d’attente » ; faire des
hypothèses à partir du titre de
l’exposition : Étrange et Proche. Deux
adjectifs qualificatifs masculin/féminin singulier pour désigner qui ou quoi : un
être humain ? Un territoire ? Un idéal ?
Ce titre vient d’une terrible description de la
chute de la société, faite par le philosophe
Homi Bhabha, au Van Abbemuseum
en 2007. Pour lui, « étrange et proche »
est une façon de comprendre l’aspect
essentiel du voisinage. Le théoricien
s’exprime sur la question des rapports
de bon voisinage en partant du
génocide rwandais. Il évoque un pays
déchiré par une lutte ethnique entre
Hutus et Tutsis, entre des habitants
d’un même quartier qui, d’abord voisins,
devinrent ennemis.
Ici, ce titre offre une possibilité de
réfléchir aux relations qui se créent
entre le visiteur et l’œuvre d’art.
L’étranger, c’est votre miroir qui le
renvoie.
Léo Campion (chansonnier-humoriste
humaniste français, 1905-1992)
Il suffit qu’un seul homme en haïsse
un autre pour que la haine gagne de
proche en proche l’humanité entière.
Jean-Paul Sartre, Le Diable et le bon
Dieu
Définitions
(voir TLFI, Trésor de la Langue
Française Informatisé
http://atilf.atilf.fr/tlf.htm)
Étrange
Adjectif (masculin et féminin
identiques) ; du latin classique
extraneus « du dehors, extérieur ;
qui n’est pas de la famille, du pays,
étranger ».
- Vieux, littéraire : synonyme de
étranger. Qui est hors du commun, qui
sort de l’ordinaire, inhabituel.
- Vieilli : terrible, excessif, inconvenant.
- Usuel : qui surprend l’esprit, les
sens par un (ou des) caractère(s)
inhabituel(s) ; singulier, extraordinaire
- Physique nucléaire : particule
étrange. Particule fondamentale dont
le comportement reste inexpliqué et
qui a une étrangeté non nulle.
Proche
Adjectif (masculin et féminin
identiques), adverbe et préposition ;
du latin proximus, superlatif de propior
« plus près ».
Adjectif
- Dans l’espace / qui est près ou très
près du lieu de référence, à faible
distance de.
- Dans le temps / qui est près d’arriver,
de se produire; qui vient de se
produire, de se dérouler.
- Au figuré : peu différent ; qui, par
certains aspects ou par l’ensemble
des caractères, semble se confondre
(avec quelque chose).
- Quand le substantif désigne un
processus : qui est sur le point
d’aboutir à, qui tend vers.
- Qui est près par la race, les liens du
sang, la parenté.
- Avec qui ou avec quoi on a
des affinités intellectuelles ou
sentimentales, on communique
facilement.
Adverbe
- Vieilli : tout près, à peu de distance.
- De proche en proche : en se
répandant peu à peu d’un point
d’origine vers un lieu voisin ou une
personne voisine.
Préposition :
vieilli ou littéraire : près de.
La visite
Absalon
Voir
Les quatre maisons (pierre et
marbre, verre, bois, maison-jardin)
ont été présentées par Martine Bedin
(architecte née à Bordeaux en 1957)
au CAPC en 1995.
Pour dire que l’espace peut être fait
de peu de choses, et la vie faite de
peu d’espace. M.Bedin
Hüseyin Bahri Alptekin
Self-Heterotopia, Catching Up with
Self, (1991-2007)
Installation d’objets.
Cellule (1990), Cellule (1991)
Bois, carton, Plexiglas, tubes
fluorescents, laque.
L’artiste
Né en 1964 en Israël ;
mort en 1993 à Paris.
Absalon est le surnom de l’artiste
israélien Eshel Meir. Dans la Bible,
Absalom (= Père/Chef de la paix) est
le nom du troisième fils de David, roi
d’Israël. Il chasse son père du trône
et, pourchassé par celui-ci et fuyant
sur un mulet, se prend les cheveux
aux branches d’un arbre et meurt ainsi
suspendu entre ciel et terre.
Absalon se définissait comme un
nomade, par référence à l’errance du
peuple juif.
Je tente de créer un système
infaillible, ce qui, d’une certaine façon,
est une prison totale. Absalon
L’œuvre
Le titre de l’œuvre, Cellule (du latin
cellula = petite chambre), propose
deux significations : soit cellule/espace
clos, soit cellule/unité morphologique
ou fonctionnelle d’un espace organisé.
Cellule conçue comme une maison,
un domicile pour son propre habitant,
taillé sur mesure et conforme à ses
sentiments. A la fois sarcophage,
navette spatiale, abri anti-atomique,
cet espace fait corps avec le corps
de l’artiste et génère un ordre strict
qui comprend le bureau, la cuisine,
la douche, le coin repas. Se référant
au Bauhaus, Absalon construit cette
architecture pour une œuvre d’art totale,
le désir d’un « univers complet », entre
art construit et construction de la vie.
Antagonisme des notions évoquées :
vide/plein, intérieur/extérieur, liberté/
contrainte, sculpture/architecture,
œuvre dans la pénombre, mais
éclairée de l’intérieur.
F.Deval © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Né en 1957 à Ankara, décédé en 2007
à Istanbul, Turquie.
L’œuvre
Une collection d’objets sans valeur,
trouvés lors de voyages autour de
la Mer Noire et dans les Balkans,
entre la fin de l’Union soviétique et le
début du crash financier européen.
Une juxtaposition soigneusement
ordonnée de choses et d’images
évoquant la vitesse de la société
d’ultra-consommation et la tristesse de
la mondialisation économique.
Voir
- Le travail de Ben (plasticien français
né en 1935), depuis la façade de
sa boutique de Nice à la fin des
années 50 à ses nombreuses boîtes
constituées de collections d’objets
hétéroclites.
http://www.ben-vautier.com/
- Le travail de Jimmie Durham
(plasticien américain né en 1940),
Diverses formes et substances,
2008, présentant la mise en scène
très académique dans des vitrines
classiques aux cartels quasi
protocolaires, de tous les objets
abandonnés rencontrés sur son
chemin et récupérés jusqu’à la date
d’accrochage.
Faire
- Collectionner : la collection est à
la fois un regroupement d’objets
correspondant à un thème et l’activité
qui consiste à réunir, entretenir et gérer
ce regroupement. On pourra évoquer
le cabinet de curiosités (lieu où étaient
entreposés et exposés des objets
collectionnés, avec un certain goût
pour l’hétéroclisme et l’inédit). Apparus
à la Renaissance en Europe, les
cabinets de curiosités sont les ancêtres
des muséums et des musées.
Constituer des collections
thématiques, en multipliant les critères
de choix et les mettre en scène
(problématiques de la monstration et
de l’exposition) :
- familles d’objets identiques (petits
jouets Kinder, bouchons de flacons
ménagers, coquillages, cailloux…)
- objets différents de formes mais
d’une seule couleur (exemple : « tout
ce qui est blanc » ; voir Boîte/couleurBlanc, CAPC)
- cartes postales « précises »
(monuments, plages… ; voir le travail
de Susan Hiller, Dedicated to the
Unknown Artists, cartes postales,
1972/1976, présenté dans l’exposition
Au loin, une île ! au Frac Aquitaine)
- A l’instar des « sous-verres »
constitués de fragments de cartes
postales grossièrement découpées
(oiseaux dans le ciel, tapis aux
fenêtres, volées de marches
d’escaliers…), inventer des séries de
motifs trouvés dans des magazines,
des catalogues, des prospectus
publicitaires, des brochures d’agences
de voyages…
Yael Bartana
Summer Camp, (2007)
Deux vidéos et une installation sonore,
12 minutes.
L’artiste
Née en 1970 à Kfar Yehezkel, Israël.
L’œuvre
Vidéo où des bénévoles israéliens,
palestiniens et autres activistes
engagés auprès du Comité Israélien
Contre la Démolition des Maisons
(ICAHD) reconstruisent ensemble
une maison détruite par l’armée
israélienne. Les gens ne se parlent
pas, ils construisent ensemble.
Ils se passent les pierres, travaillent
de façon synchronisée et s’entraident
les uns les autres.
Les images évoquent les notions
de collectivité, de construction, de
progrès, de l’héroïsation du travail
de l’homme et du labeur acharné.
Musique dramatique composée par
Paul Dessau, originalement écrite
pour Awodah (Labeur) mythique
film pré israélien, véritable épopée
historique, réalisé en 1935 par Helmar
Lerski.
arriver lorsqu’on n’est plus capable
de vivre en voisins « étranges et
proches ». Cette formule est devenue
le titre de l’exposition, exprimant
l’équilibre fragile et nécessaire entre
ressemblance et différence, élément
essentiel à toute relation heureuse.
Savoir
The Israeli Committee Against House
Demolitions (ICAHD)
http://www.icahd.org/
L’un des groupes pacifistes israéliens
les plus réputés, initiant des actions
coûteuses : reconstruction de maisons
palestiniennes démolies, assistance
juridique à des familles palestiniennes,
publications de documents
d’information à l’échelle internationale
comme de films sur l’Occupation,
mise en œuvre de réseaux d’action à
l’échelle mondiale...
Savoir
Un génocide est l’extermination
physique, intentionnelle, systématique
et programmée d’un groupe ou d’une
partie d’un groupe en raison de ses
origines ethniques, religieuses ou
sociales. Seuls quatre génocides ont
été reconnus au plan juridique par des
instances internationales dépendant de
l’ONU : le génocide arménien, commis
par l’Empire ottoman en 1915-1916 ;
le génocide des Juifs, commis par les
nazis en Allemagne, en Pologne et en
France en 1939-1945 ; le génocide
des Tutsis au Rwanda, commis par les
milices extrémistes hutues en 1994 ; le
massacre de Srebrenica, massacre de
Bosniaques commis par des Serbes de
Bosnie en 1995 pendant la Guerre de
Bosnie-Herzégovine.
Homi Bhabha
Ivan Boccara
L’homme
Né à Bombay en 1949 ; professeur
de littérature anglaise et américaine
et Directeur du centre de l’humanité
à l’université d’Harvard. Dans son
œuvre et ses articles, il articule
plusieurs disciplines comme les
sciences sociales, l’anthropologie,
la littérature anglaise, l’histoire,
la géographie, la philosophie et
la psychanalyse. Il prône des
théories post-colonialistes et poststructuralistes. Ces deux principales
publications sont Nation and narration
(1990) et Les lieux de la culture. Une
théorie post-coloniale (2007).
L’artiste
Né en 1968 à Marrakech, Maroc.
http://ivanboccara.blogspot.com/
Extrait de la conférence pour
l’Eindhoven Caucus (2007)
Vidéo, 3 minutes.
Le colloque
Eindhoven Caucus : rassemblement
de près de quarante artistes et
soixante orateurs internationaux
pendant quatre semaines. Pendant
cet évènement, sont mis en place
des débats avec les philosophes,
sociologues, écrivains et artistes, ainsi
que des lectures, des présentations
d’œuvres, des workshops. Un lien est
donc tissé entre intervenants et public.
En 2007, H. Bhabha a pris comme
exemple le génocide des Tutsis au
Rwanda pour décrire ce qui peut
Grecs, Russes, Turcs, Arméniens
et Juifs d’Europe centrale sont
contraints à l’exil par la famine ou par
un contexte politique particulièrement
oppressif.
- Seconde moitié du XXème siècle : choc
pétrolier de 1974 et contexte global de
crise. Marocains, Algériens, ainsi que
d’autres immigrants venus d’Afrique
subsaharienne, de Turquie, et d’Asie
s’établissent en Aquitaine.
- Années 2000 : immigration de
riches Européens du Nord (Anglais,
Hollandais, Allemands) s’installant
dans les campagnes vallonnées
d’Aquitaine et sur le littoral océanique.
D’après Histoire et mémoires
des immigrations en Aquitaine,
synthèse rédigée sous la direction
de Christophe Drot en 2007, Agence
Nationale pour la Cohésion Sociale et
l’Egalité des Chances.
Danica Dakic
First Shot (2007-2008)
Vidéo, 5 minutes 47 secondes.
Pièce sonore et images d’archives :
Mémoires d’archives (2011)
8 minutes 35 secondes.
L’œuvre
Un jeu de sons, d’images,
d’ambiances des Archives de la
Ville de Bordeaux mélangés à des
archives personnelles marocaines : le
temps qui passe et dont on ne retient,
subjectivement, que certains aspects.
Savoir
L’Aquitaine est une terre de passage :
- XIXème siècle : retour des Juifs
chassés par l’Inquisition ; accueil
des Espagnols vaincus des guerres
carlistes.
- Entre 1882 et 1913 : Bordeaux, axe
stratégique de l’expansion coloniale
conduite par la IIIème République. Des
expositions coloniales, avec des
« zoos humains », sont organisées en
1882 et 1895.
- Dès 1914 : débarquement de
centaines de milliers d’hommes venus
des colonies qui, pour nombre d’entre
eux, participeront à l’effort de guerre.
- À partir des années 1920 :
l’Aquitaine, région refuge.
De nombreux Italiens, Espagnols,
L’artiste
Née en 1962 à Sarajevo,
Bosnie-Herzégovine.
http://www.danicadakic.com/
L’œuvre
Les résidents de la Maison pour
la Protection de l’enfance et de
la jeunesse de Parazic, près de
Sarajevo, jouent devant un décor de
tapisserie du 19ème siècle évoquant
le jardin d’Eden. Cette Maison,
fondée en 1949, était un exemple
de modernisation du socialisme par
son statut de première institution
pour les enfants handicapés mentaux
en Yougoslavie. Suite à la guerre
des Balkans (1992-96) elle devint,
par nécessité, terre d’asile pour ses
internés adultes.
Savoir
La Yougoslavie, démantelée en
2003, regroupait les actuels pays de
Slovénie, Croatie, Monténégro,
Bosnie-Herzégovine, Serbie,
Macédoine et Kosovo.
Voir
- Le travail de Diane Arbus,
photographe américaine (1923-1971).
Elle photographiait (en noir et blanc)
des inconnus dans la rue et était
fascinée par les personnages
« hors-normes » : handicapés
mentaux, travestis, personnes de
petite taille, jumeaux…
- Le travail de Pippo Delbono,
metteur en scène et acteur italien,
né en 1959. Depuis 1997, il travaille
avec des malades enfermés à
l’hôpital psychiatrique d’Aversa,
près de Naples. Son acteur fétiche,
Bobo, est un homme sourd-muet
que Delbono a fait sortir de l’hôpital
psychiatrique après quarante-quatre
ans d’internement.
- L’art brut : un terme inventé par
le peintre Jean Dubuffet (peintre,
sculpteur et plasticien français,
1901-1985) pour désigner les
productions de personnes exemptes
de culture artistique, des nonprofessionnels de l’art œuvrant en
dehors des normes esthétiques
convenues (pensionnaires d’asiles
psychiatriques, autodidactes isolés,
médiums...).
Visiter à Bègles, le Musée de la
création franche :
http://www.musee-creationfranche.com
- Noter la troublante chorégraphie
des deux protagonistes du film ; de
rapprochements en fuites, seuls
les corps et les bras communiquent
puisque les regards sont masqués.
Pour une approche de la danse
contemporaine dans des lieux d’art
et à la croisée de deux champs
disciplinaires, éducation physique
et sportive et arts visuels (avec le
support des TICE), voir le projet
mené par Dominique Hervieu
(Francophonies 2006) : L’art de
la rencontre, les cartes postales
chorégraphiques.
www.montalvo-hervieu.com/
Chto Delat ?
Perestroika Songspiel. The Victory
over the Coup, (2008)
Vidéo, 28 minutes 30 secondes.
Les artistes
- Collectif d’artistes russes, fondé en
2003 à Saint-Pétersbourg, Russie.
- Chto Delat ? = Que faire ? ; le nom
tire son origine du titre d’un roman
du 19ème siècle écrit par le critique
et philosophe socialiste Nikolai
Chernyshevsky et d’un manifeste
fondateur publié en 1902 par Lénine.
http://www.chtodelat.org/
L’œuvre
Un film empruntant sa structure
narrative au Singspiel allemand,
œuvre théâtrale proche de l’opéracomique, alternant dialogues parlés
et joués, et numéros musicaux
chantés. Cette vidéo met en scène
des personnages archétypaux de
l’ère de la Perestroïka opposés à un
chœur symbolisant le collectivisme.
Démocrates, hommes d’affaire,
révolutionnaires, nationalistes et
féministes viennent ici exposer leur
point de vue sur les tentatives de
réformes orchestrées par Mikhaël
Gorbatchev entre 1985 et 1991.
Savoir
Le mot Singspiel est composé de
deux verbes allemands : singen,
chanter, et spielen, jouer. Dans les
Singspiels, sont mêlés des intrigues
sentimentales et des éléments
comiques, un peu de merveilleux ou
de fantastique, et on y trouve souvent
des personnages populaires.
La Flûte Enchantée de Mozart est
l’archétype du Singspiel.
Harun Farocki
Aufschub, (2007)
Vidéo, 40 minutes.
L’artiste
Né en 1944 à Nový Jičín,
République Tchèque.
http://www.farocki-film.de/
L’œuvre
Les images officielles et les images
censurées d’un film documentaire
muet en noir et blanc tourné en 1944
à Westerbork (Pays-Bas), pseudo
camp de transit et véritable camp de
travail pour une mise en résonance
de scènes tranquilles avec d’autres
scènes et images tragiques qui
habitent la mémoire et l’imaginaire
collectifs.
Savoir
- Aufschub = en sursis.
- Anne Frank, sa sœur et ses
parents, sont passés par le camp de
Westerbork avant d’être envoyés à
Auschwitz.
- Nuit et brouillard, Alain Resnais,
film documentaire, 32 minutes, 1955 :
images d’archives en noir et blanc,
photographies couleur, monologue
poétique écrit et dit par Jean Cayrol,
musique de Hanns Eisler ; le film traite
de la déportation et des camps de
concentration nazis, en application
des dispositions dites Nuit et
brouillard (Nacht und Nebel, ou NN)
ordonnant la déportation de tous les
ennemis ou opposants du Reich.
Joseph Grigely
Conversations in Ann Arbor, (1996)
Installation multi media.
B.Fontanel © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Né en 1956 à Springfield, États-Unis.
L’œuvre
Elle met en scène le mobilier d’un
salon et les reliefs d’un moment
convivial de rencontre et de
discussion. Sur la table s’accumule
une multitude de bouts de papiers
griffonnés. Ces messages sont
les vestiges d’un échange durant
lequel le transfert de l’information
est continuellement relayé par des
notes, car, depuis l’âge de dix ans,
Grigely est atteint de surdité. Il
invente ainsi de nouvelles formes
de communication entre lui et ses
interlocuteurs.
Savoir
L’installation est un genre de l’art
contemporain qui désigne une
production artistique ne relevant plus
de la sculpture, tout en étant en trois
dimensions, une œuvre combinant
un ou plusieurs médias assurant un
principe de cohésion à l’ensemble ;
elle est « la disposition de matériaux
et d’éléments divers dans un espace
donné que l’on peut parcourir ».
L’installation peut-être créée in situ.
En art contemporain, in situ, désigne
une méthode artistique qui dédie
l’œuvre à son site d’accueil (elle
est donc non transportable). In situ
qualifie également une œuvre qui
prend en compte le lieu où elle est
installée.
Marcel Duchamp et ses ready-mades
(1913-1915) comme Kurt Schwitters
et son Merzbau (dès 1920) furent
certainement les initiateurs des
installations.
Le ready-made est un « objet usuel
promu à la dignité d’œuvre d’art par le
simple choix de l’artiste » (Dictionnaire
abrégé du Surréalisme, André Breton,
1938).
Michal Heiman
Attacks on Linking: Scrolls,
(2007-2010)
4 bannières, impression sur toile.
P.Cox © Eindhoven
L’artiste
Née en 1954 à Tel Aviv, Israël.
http://www.michalheiman.com/
L’œuvre
Sur de grandes bannières utilisées
pour les shootings en studio, sont
imprimées des photos scannées
dans le quotidien israélien Haaretz et
des tableaux célèbres de la culture
occidentale. Échos, liens entre le
passé et le présent mais aussi entre
l’artiste et le spectateur, ces œuvres
font référence aux théories du
psychanalyste Wilfrid Brion, attacks on
linking (= attaquer des liens) sur des
troubles psychotiques.
Voir
- Madone du Grand-Duc, Raphaël,
1504-1505, huile sur bois, 84 x 55 cm,
Palais Pitti, Florence
- Le 28 Juillet : la Liberté guidant le
peuple, Eugène Delacroix, 1830,
huile sur toile, 260 x 325 cm,
Musée du Louvre, Paris.
Savoir
Dans l’histoire de l’art, les emprunts
iconiques sont récurrents : le portrait
de Mona Lisa peint par de Vinci fut
largement copié au cours du 19ème siècle.
Kasimir Malevitch inclut La Joconde
dans un collage en 1914, Marcel
Duchamp l’affuble d’une moustache
en 1917, Fernand Léger l’associe
à un trousseau de clefs en 1930…
Dans les années 70-80, quelques
artistes nord-américains appelés «
appropriationnistes », soulèvent de
manière particulièrement aiguë la
question de l’image et de son double.
Depuis plus de quarante ans, Richard
Pettibone produit des copies précises
de chefs-d’œuvre modernes au format
de poche : Duchamp, Brancusi,
Lichtenstein, Stella, Warhol… Il
considère les œuvres de ses pairs
comme des ready-mades de l’art.
Voir :
- Exposition Oublier Velázquez : les
Ménines, Musée Picasso, Barcelone,
2008. Le titre de l’exposition reprend
une phrase de Picasso qui disait qu’en
peignant les Ménines, il avait oublié
Velázquez.
http://www.museupicasso.bcn.cat/
meninas/index_es.htm
- Exposition Ingres et les modernes,
Musée Ingres, Montauban, 2009.
http://www.montauban.com/
Article/7/2657/Ingres_et_les_Modernes.
html
http://arts.fluctuat.net/diaporamas/
ingres-et-les-modernes-3/
Faire
Trouver d’autres exemples de citation,
d’interprétation et de « re-présentation » :
- Louis XIV, Bernard Pras, 2003 et
Louis XIV, Hyacinthe Rigaud, 1701.
- L’affiche Hope, créée par Shepard
Fairey pour la campagne de soutien
à la candidature de Barack Obama
à l’élection présidentielle de 2008,
d’après la photographie de Mannie
Garcia, faite en avril 2006 pour
l’Associated Press.
- Publicité One step, 2011 et Venus
of the rags, Michelangelo Pistoletto,
1967-1974.
Hannah Hurtzig
Flight Case Archive of Mobile
Academy, (2003-2010)
Archives audiovisuelles mobiles sous
forme de caisses de transport.
L’artiste
Née en Allemagne.
www.mobileacademy-berlin.com
www.kiosk-berlin.de
www.blackmarket-experts.com
L’œuvre
Histoires de lieux, de villes et de
territoires, ce projet consiste en un
partage de connaissances entre
des experts issus de domaines
différents, et s’élabore autour de
l’idée de collecte, de rencontres, de
croisements, du partage d’idées liées
au thème de la mémoire collective, de
la transmission du savoir collectif et
de la politique d’entraide offerte par un
expert. Une partie des archives est en
ligne sur www.blackmarket-archive.com
Laurent Mareschal
Beiti – My Home (2011)
Installation in situ, épices.
B.Fontanel © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Né en 1975 à Dijon.
http://l.mareschal.free.fr/
L’œuvre
Une installation in situ éphémère
réalisée avec cinq épices (curcuma,
gingembre, zaatar, sumac, poivre
blanc) et composée d’une centaine
de répliques de carrés de céramiques
décoratives comme on en trouvait
dans beaucoup de maisons
palestiniennes au début du siècle
dernier.
En hébreu, beiti signifie « ma maison »
ou alors « comme à la maison ».
Faire
Fabriquer des pochoirs en carton
rigide ou en plastique et, à l’aide de
sables colorés, dessiner au sol des
motifs de carreaux.
Voir http://www.carreauxmosaic.com/
Carreaux/index.html
Aydan Murtezaoglu
At room temperature (2002-2003)
Sans titre (Antenna) (2000)
Sans titre (sitting on a bench with a
dog) (1999)
Trois photographies couleurs.
P.Cox © Eindhoven
L’artiste
Née en 1961 à Istanbul, Turquie.
L’œuvre
Des photographies qui semblent
légères, mais qui s’affirment
revendicatrices de la défaillance de
l’image de la femme dans la société
turque actuelle, et militantes contre
un archaïsme teinté d’obscurantisme.
L’artiste se représente de dos au
centre de chaque photographie :
accoudée à la fenêtre en observant
les alentours d’Istanbul, elle rejette
la fumée de sa cigarette en rythme
avec la cheminée visible au loin ;
arcboutée dans le vent à une antenne
de télévision pour capter d’éventuels
messages de la ville ou redresser un
horizon de guingois ; assise sur un
banc devant un paysage qui semble
basculer.
Dan Peterman
Civilian Defense, (2007)
Installation composée de 1000 sacs
de sable en tissus d’ameublement.
B.Fontanel © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Né en 1960 à Minneapolis, États-Unis.
L’œuvre
Créée pour la biennale de Charjah,
seconde ville des Émirats arabes unis.
Les sacs sont faits de tissus dessinés
aux États-Unis et fabriqués en Afrique,
et remplis de sable du désert.
Ils sont configurés comme un bunker
ou une casemate, et évoquent aussi
bien la défense que la protection et
l’hospitalité. Les visiteurs sont invités
à entrer dans ce cercle pour partager.
Faire
Inventer de nouveaux espaces
conviviaux dans des lieux divers :
un coin de la cour de récréation, de
la salle d’études, de la bibliothèque ;
créer le mobilier adéquat (par exemple,
avec des matériaux de récupération).
Voir le travail d’Andrea Zittel.
Michelangelo Pistoletto
Donna che disegna (1962-1975)
Sérigraphie sur métal poli.
demeure. Le miroir reflète le présent ; la
photo évoque le passé ; le spectateur
oscille entre la vision de la réalité ou
de la fiction. Une invitation à voir les
œuvres en perspective ? La volonté
d’une fusion entre l’art et la vie, chère
à l’artiste ?
Voir
La relation troublante de réciprocité
entre le spectateur et les personnages
peints et l’établissement d’une
continuité entre le monde de l’art et le
monde réel dans :
- Le Portrait des époux Arnolfini,
1434, du peintre flamand Jan van
Eyck (1390-1441) qui représente en
pied, dans un intérieur flamand, un
riche marchand et son épouse. Au
centre du tableau, le miroir convexe
(aussi appelé « miroir de sorcière »
ou « miroir de banquier ») reflète deux
personnages et le couple de dos.
- Les Ménines, 1556, du peintre
espagnol Diego Vélasquez
(1599-1660), un portrait de la famille
du Roi Philippe IV et des demoiselles
d’honneur. Dans un miroir sur le mur
du fond, le couple royal se reflète.
Dans la toile Vénus à son miroir,
1644-1648, de Vélasquez, le visage
de la déesse est visible mais flouté.
Faire
Dessiner un objet, puis le reflet de cet
objet dans un miroir ; varier les points
de vue, l’éclairage.
L’artiste
Né en 1933 à Biella, Italie.
Pistoletto est un artiste contemporain
italien, peintre et sculpteur, qui
rejoint le mouvement Arte Povera
à partir de 1967. Arte Povera est
une attitude prônée par des artistes
italiens adoptant un comportement
qui consiste à défier l’industrie
culturelle et plus largement la société
de consommation. C’est un art
qui se veut foncièrement nomade,
insaisissable.
http://www.pistoletto.it/eng/home.htm
Pistoletto est le directeur artistique
d’Evento, biennale d’art contemporain,
« L’art pour une ré-évolution urbaine »,
Bordeaux, du 6 au 16 octobre 2011.
http://evento2011.com/evento-2011/d-a/
michelangelo-pistoletto/
L’œuvre
Deux miroirs ; celui de gauche est
imprimé de la photographie d’une
femme de dos, dessinant. L’image
« vue » par la femme varie selon
l’exposition ; seule sa position
Marjetica Potrč
New Orleans: Shotgun House with
Rainwater-Harvesting Tank (2008)
Matériaux de construction et
infrastructure.
New Orleans Diptychs (2008)
Dessins, encre sur papier.
B.Fontanel © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Née en 1953 à Ljubjana, Slovénie.
http://www.potrc.org/
L’œuvre
Cette œuvre est un croisement entre
architecture et sculpture, un exemple
de renouveau de l’architecture locale.
Après le passage de l’ouragan
Katrina en 2005, les habitants de la
Nouvelle-Orléans ont cherché des
solutions aux problèmes qui affligeaient
leurs territoires en crise, et ont tenté
de faire renaître leur ville dans un
environnement social et écologique
plus durable. C’est la déconstruction
de l’architecture moderniste et la
recherche d’un nouvel environnement,
une réponse avec un habitat précaire et
la fabrication de solutions alternatives
à l’urbanisme d’urgence. Ici, l’eau
est la source du travail et l’artiste
souligne la dépendance de l’eau et
de la communauté. Cette installation
est accompagnée de photographies
topographiques et de dessins.
Savoir
- La plupart des experts s’accordent
à penser que Katrina sera la plus
coûteuse catastrophe naturelle de
l’histoire des États-Unis. Outre un
impact économique significatif, au
moins 141 500 sinistrés restent
hébergés dans des centres et
foyers d’accueil ; plus d’un million
de Louisianais pourraient avoir été
déplacés par la catastrophe ; plus de
200 050 foyers pourraient être relogés
par les pouvoirs publics durant près
de cinq ans.
- Maison shotgun : deux explications pour
ce qualificatif. Les pièces et les portes de
ces maisons sont en enfilade ; aussi, si
l’on tirait un coup de feu (shotgun = fusil
de chasse) dans la porte d’entrée, la
balle traverserait d’une traite cette porte
et la maison, pour ressortir par la porte
de derrière. Le terme shotgun pourrait
correspondre à l’adaptation d’un terme
yoruba (langue nigéro-congolaise)
anglicisé, le mot togun signifiant maison.
- Le DIY (Do It Yourself, bricolage ou
système D), désigne des activités
visant à créer des objets de la vie
courante, des objets technologiques
ou des objets artistiques. Sont
encouragées les recyclages,
consumériste, technologique
ou culturel, la participation et
l’échange des connaissances et des
informations, les activités créatrices.
Wilhelm Sasnal
Sans titre (Wroblewski), (2005)
Huile sur toile.
Thomas Schütte
Collector’s complex (1990)
Maquette en bois en deux parties.
P.Cox © Eindhoven
P.Cox © Eindhoven
L’artiste
Né en 1972 à Tarnaw, Pologne.
http://www.hauserwirth.com/artists/27/
wilhelm-sasnal/images-clips/
L’œuvre
« Un homme attend sur un quai de
gare. Il porte ce qui ressemble à
un rouleau de plans. L’atmosphère,
tout comme l’habillement de ce
personnage, sont démodés ; ils datent
peut-être des années cinquante,
quand le peintre Wroblewski était
actif à Varsovie. C‘était probablement
l’époque où les Polonais pouvaient
encore rêver d’optimistes lendemains
communistes. Mais que contiennent
ces plans énigmatiques et qu’estil advenu de ces idéaux ? Qu’est-il
survenu aux rêves ? » Charles Esche,
commissaire de l’exposition.
Savoir
Andrzej Wróblewski, peintre polonais
(1927-1957) se rebella contre
l’esthétisme, le style coloriste et les
techniques populaires en cours dans
les cercles académiques polonais
après la seconde guerre mondiale.
Son œuvre est inextricablement
entrelacée avec les événements de
son temps et témoigne de sa croyance
que « chaque participation dans la vie,
même estropiée, était meilleure que
l’observation, meilleure que l’occupation
de la position de spectateur ».
L’artiste
Né en 1954 à Oldenburg, Allemagne.
http://www.skarstedt.com/artists/thomasschutte/
L’œuvre
Une maquette en bois scindée en
deux structures architecturales
posées sur des tables. Le visiteur
peut pénétrer au sein de la
construction. Cette maquette est
visitable de l’extérieur, le public
pouvant évoluer autour de cette
construction fractionnée, se retrouver
en son centre, épier par les fenêtres.
Une cheminée d’usine corrompt la
cohérence de ce bâtiment dédié à
la collection. Est-ce la maison du
collectionneur ou une maison de
collection ?
Voir
- Didier Marcel (artiste français né en
1961) : sa pratique part d’une mise
en abîme, du constat que le naturel
est lui-même mis en scène, au point
qu’il est devenu presque impossible
de démêler le vrai du faux. L’artiste
prélève des fragments de paysages
façonnés par l’homme, puis les
reproduit artificiellement avant de les
replacer dans l’architecture du musée.
- Dans la collection du CAPC
http://www.capc-bordeaux.fr/la-collection
Sans titre, 1989-1991, plâtre, métal et
verre, 74 x 50,2 x 32,1 cm
Sans titre, 1990, plâtre et encre, 20 x
27 x 7 cm
- Dans la collection du Frac
Bourgogne : Sans titre (SEITA), 2004,
ciment, matériaux divers, moteur
électrique, 132 x 150 x 80 cm
- Johannes Van Der Beek (artiste
américain né en 1982), Newspapers
ruins, 2005, installation : journaux,
feuille d’aluminium, 70 x 488 x 244 cm,
collection CAPC : une maquette de
ville délabrée et fragile.
- Bodys Isek Kingelez (artiste
congolais né en 1948) crée des
maquettes de villes utopiques,
technologiquement complexes
et fantastiques, inspirées de
l’architecture à la fois africaine et
coloniale, Projet pour le Kinshasa du
IIIème millénaire, 1997.
- Anne Poirier et Patrick Poirier
(artistes français nés en 1942) :
à la fois sculpteurs, architectes et
archéologues, ces artistes explorent
des sites et des vestiges issus de
civilisations anciennes afin de les
faire revivre par des reconstitutions
miniaturisées. Ils réinventent le passé
et confondent lieux réels et paysages
oniriques, ruines imaginaires et
fragments archéologiques.
Erzen Shkololli
Pejë, Kosovo, 1998 : Patchwork I - V
(1998) Patchwork Triptych (1998)
Installation composée de huit
banderoles de tissu.
F.Deval © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Né en 1976 à Pejë, Kosovo.
L’œuvre
Figures humaines aux mains
implorantes, fleurs cachées, cercueils
sanguinolents : des patchworks
géométriques, vifs et inquiétants,
réalisés alors que l’artiste retranché
dans la maison familiale, entendait
au dehors les éclats de la guerre
du Kosovo. À l’issue des conflits,
des organisations humanitaires
proposèrent des ateliers de dessin
pour les enfants accueillis dans les
camps de réfugiés. Ainsi, chacun
pouvait exorciser les traumatismes
de la guerre par la pratique artistique.
Shkololli soutint cette action, et la
série des cartes postales réalisées
par ces enfants et présentées sur de
longues tables, en est le témoignage.
Savoir
La guerre du Kosovo a eu lieu en 1999
sur le territoire de la République fédérale
de Yougoslavie, opposant l’armée
yougoslave à l’armée de libération du
Kosovo et l’OTAN. Les conflits entre
les deux principales communautés du
Kosovo, Serbes et Albanais, sont liés à
leur conviction mutuelle d’être les seuls
occupants légitimes de cette région.
L’ancien président yougoslave Slobodan
Milošević fut accusé auprès du Tribunal
pénal international pour l’ex-Yougoslavie
de La Haye pour crimes de guerre,
crimes contre l’humanité et génocide.
Voir
- Les gouaches découpées d’Henri
Matisse (1869-1954) :
- Musée Henri Matisse, Nice
http://www.musee-matisse-nice.org/
collect_gouache.html
- Dossier pédagogique Centre
Pompidou
http://www.centrepompidou.fr/education/
ressources/ENS-matisse/ENS-matisse.htm
- CoBrA (acronyme de Copenhague,
Bruxelles, Amsterdam, du nom des
villes de résidence de la plupart des
membres fondateurs) : mouvement
artistique créé à Paris en 1948 en
réaction à la querelle entre l’abstraction
et la figuration ; dissout en 1951.
CoBrA portait un vif intérêt aux arts
primitifs, naïfs et populaires (créations
d’enfants ou d’handicapés mentaux) et
militait pour un art anti-élitiste (qui doit
être pratiqué par tout le monde) ainsi
que pour une régression consciente,
un retour aux images archétypiques
enfouies dans le subconscient (cf.
l’enseignement du psychologue suisse
Carl Gustav Jung).
Nedko Solakov
Negotiations (2003)
Texte mural accompagné de deux
films : 10 minutes 11 secondes pour
le représentant d’Israël, 7 minutes 23
secondes pour la représentante de
l’Autorité Palestinienne.
L’artiste
Né en 1957 à Cherven Briag, Bulgarie.
http://nedkosolakov.net/content/index_
eng.html
L’œuvre
L’artiste, invité à exposer à Tel-Aviv,
expose ses craintes d’un attentat
et interpelle le représentant d’Israël
et la représentante de l’Autorité
Palestinienne en Bulgarie, pour qu’ils
puissent lui assurer sa sécurité.
Démonstration moqueuse voire
cynique de la vacuité des discours
officiels, de tous bords.
Mladen Stilinovic
An artist who cannot speak English is
no artist (1992)
Peinture acrylique sur soie artificielle.
L’artiste
Né en 1947 à Belgrade, Serbie.
http://www.kontakt-collection.net/artists/
Stilinovic+Mladen/
L’œuvre
Une simple phrase assertive pour
signifier que la Culture dominante est
irrémédiablement devenue occidentale et
que le filtre de l’anglicisme la corrompt.
Akram Zaatari
Untold (2008) ; Writing for a posterior
Time ; Nabih Awada : Documents from
Prison. Letter to Samir, (2008)
Vidéo accompagnée de 48
impressions jet d’encre.
L’artiste
Né en 1966 à Saïda, Liban.
L’œuvre
En 1993, après une série de grèves,
les prisonniers politiques libanais
retenus en Israël, ont obtenu de
la part des autorités israéliennes
le droit d’être photographiés et de
correspondre avec leurs familles
mais aussi d’autres captifs, par
l’intermédiaire de la Croix Rouge.
Le contenu de ces échanges est
cependant surveillé par le pouvoir
en place et les prisonniers se voient
dans l’obligation de recourir à d’autres
méthodes pour contourner cette
censure et raconter la réalité de leur
quotidien. Cette pratique, l’écriture
msamsameh, consiste à composer
une lettre qui, une fois pliée, est
emballée et scellée dans du plastique
pour former une capsule hermétique
transmise discrètement à travers la
grille du parloir.
Savoir
Le conflit israélo-libanais est un
épisode du conflit israélo-arabe qui
commença dans les années 1920
quand le nationalisme sioniste et le
nationalisme palestinien s’affrontèrent
pour le contrôle de la Palestine, à
l’époque sous contrôle britannique.
Andrea Zittel
Prototypes for A-Z Platforms Beds,
(1995)
Matériaux divers.
B.Fontanel © Mairie de Bordeaux
L’artiste
Née en 1965 à Escondido, États-Unis.
www.zittel.org
L’œuvre
Des meubles/espaces de vie
mobiles et géométriques et au statut
indéterminé, rythment l’espace par
leurs formes et leurs couleurs. Mais en
tant qu’éléments mouvants, ils n’ont
pas de place précise et transforment
le lieu du musée en un lieu plus
intime, plus personnel, supposant
l’intervention du visiteur.
Comment inventer de nouveaux
espaces conviviaux dans des lieux
insolites ?
Savoir
Ce travail interroge sur l’esthétique
relationnelle telle que la conçoit
Nicolas Bourriaud (commissaire
d’exposition, critique d’art et écrivain)
qui la résume par cette phrase de son
essai : « L’art est un état de rencontre. »
Faire
Même proposition que pour l’œuvre
de Dan Peterman.
Artur Žmijewski
Repetition, (2005)
Installation et vidéo-projection,
75 minutes 30 secondes.
P.Cox©Eindhoven
L’artiste
Né en 1966 à Varsovie, Pologne.
L’œuvre
Repetition est la reconstitution de
l’expérience de la prison de Stanford.
L’artiste reprend ce concept et filme
avec des caméras cachées de jeunes
chômeurs polonais, rétribués 40 US$
par jour et enfermés durant deux
semaines dans la prison. Il « joue »
au directeur de la prison et recadre
les gardiens si nécessaire. A la
différence de la première expérience,
les prisonniers peuvent quitter le
« jeu » à n’importe quel moment.
Après une semaine d’enfermement,
les gardiens décident d’interrompre
l’expérience plus tôt que prévu. Le
plateau de tournage a été reconstruit
à l’identique dans le musée ; tous
les vrais accessoires utilisés y sont
entreposés. Le visiteur doit se faire
voyeur pour pénétrer dans le souvenir
de l’intimité quotidienne des détenus.
Une vidéo donne à voir des moments
de l’expérience.
Žmijewski essaie de rendre compte
de la complexité du monde à l’aide
d’images réelles.
Savoir
- L’expérience de la prison de Stanford
(dite Expérience de Stanford ou Effet
Lucifer) est une étude de psychologie
expérimentale menée en 1971 par
le psychologue américain Philip
Zimbardo sur les effets de la situation
carcérale. Pour cette expérience,
dix-huit étudiants avaient été choisis
et assignés au rôle de prisonnier ou
de gardien. Les sujets s’identifièrent
tellement à leur rôle que la situation
devint dangereuse et dommageable.
L’action fut arrêtée au bout de six
jours, après qu’une intervenante en
psychologie venue interroger les
prisonniers, s’insurge contre leurs
conditions de vie.
Voir :
- Site de Philip Zimbardo
http://www.lucifereffect.com/
- Interview de Philip Zimbardo,
Comment des gens ordinaires
deviennent des monstres... ou des
héros.
http://www.ted.com/talks/lang/fre_fr/
philip_zimbardo_on_the_psychology_
of_evil.html
- Acide sulfurique, un livre d’Amélie
Nothomb, 2005, relate une histoire
semblable à l’expérience de Stanford.
- The Experiment, 2010, un film de
Paul Scheuring avec Adrien Brody,
reprend l’expérience de Stanford.
- L’expérience de Milgram : une
expérience de psychologie réalisée
entre 1960 et 1963 par le psychologue
américain Stanley Milgram, cherchait
à évaluer le degré d’obéissance d’un
individu devant une autorité qu’il juge
légitime et à analyser le processus de
soumission à l’autorité, notamment
quand elle induit des actions qui
posent des problèmes de conscience
au sujet.
Voir :
- I... comme Icare, 1979, un film
d’Henri Verneuil avec Yves Montand,
inspiré de l’assassinat de John F.
Kennedy et évoquant l’expérience de
Milgram.
- La Zone Xtrême, faux jeu télévisé
présenté en 2009 par France
Télévisions dans le cadre du
documentaire Le Jeu de la Mort,
reproduisant l’expérience de Milgram
et critiquant la télé réalité.
- Pourquoi obéit-on ? L’expérience de
Milgram et le Panoptique de Bentham,
Jacques Lecomte
http://www.caute.lautre.net/article.
php3?id_article=1427
Voir
La Maison aux Personnages, d’Ilya et
Emilia Kabakov, commande publique
située Place Amélie Raba-Léon à
Bordeaux : ce bâtiment est un écrin
ordinaire et sa spécificité réside
à l’intérieur, dans la présentation
d’intimités reconstituées. Depuis
l’extérieur, on peut observer à travers
les fenêtres les sept pièces, les sept
installations oniriques et poétiques des
« locataires » du lieu. Le spectateur
doit devenir voyeur, voleur de moments
d’intimité, pour découvrir leurs étranges
occupations, leurs modes de vie.
Propositions d’ateliers
Ces ateliers aborderont la
problématique principale de
l’exposition : les notions de voisinage
et de territoire. Un territoire, en rapport
avec une collectivité humaine, est une
étendue de la surface terrestre où est
établie une collectivité humaine ou
un espace borné par des frontières,
soumis à une autorité politique qui lui
est propre, considéré en droit comme
un élément constitutif de l’État et
comme limite de compétence des
gouvernants.
Des allégories de territoires
On s’appuiera sur différentes œuvres
de l’exposition pour faire émerger les
axes suivants :
- le territoire représenté : regard posé
sur un lieu, à un instant précis, fixé par
la photographie (Aydan Murtezaoglu)
ou la peinture (Wilhelm Sasnal) ;
recueil de traces de moments vécus,
dans divers lieux (Harun Farocki, Yaël
Bartana).
- le territoire interprété : cartographie
redessinée (Marjetica Potrč) ;
coexistence du lointain et de
l’intime (Michelangelo Pistoletto) ;
sentiment de l’artiste d’appartenance
à un monde qui le contient (Laurent
Mareschal), à partager avec le
spectateur (Andrea Zittel,
Dan Peterman).
- le territoire imaginé : frontières
vacillantes entre connu et inconnu,
intimité et extériorité (Thomas
Schütte) ; représentation d’espaces
isolés à caractère onirique (Absalon) ;
voyage immobile, remise en question
des notions d’ici et d’ailleurs (Artur
Žmijewski) ; territoire personnel
familier (Joseph Grigely).
Les territoires de l’école
Après une réflexion collective
autour des « territoires » de l’école,
on désignera ces territoires (la
classe, la cour, la cantine, la salle
d’informatique, la salle de sports, la
salle d’arts visuels, la bibliothèque,
les couloirs, les sanitaires, le jardin…)
et on évoquera les sentiments induits
par les voisinages (intimité, complicité,
coopération, communication, partage,
bien-être, plaisir, peur, agressivité,
lutte…)
Dix couleurs de feuilles A4 seront
disponibles, ainsi qu’une cinquantaine
de liasses de papier blanc quadrillé
4,5 cm x 4,5 cm, imprimé d’icônes e
bv  é{  ...
En découpant et en collant des
icônes sur une feuille de couleur,
chaque élève devra représenter
symboliquement le réseau de relations
de voisinage au sein d’un territoire.
Les différents travaux seront ensuite
accrochés au mur, afin de faire le
point sur toutes les émotions décrites,
les problèmes soulevés, les solutions
à apporter.
Matériel : feuilles de couleur ; feuilles
blanches imprimées ; ciseaux ; bâtons
de colle ; feutres noirs.
À lire
Dès 3 ans
- Les voisins font un cirque le
dimanche, Natali Fortier, Gérard.
Moncomble / Thierry Magnier Éditions
- Les voisins musiciens, Junko Shibuya /
Autrement jeunesse
Dès 6 ans
- Silence les voisins, Collectif / Rouge
et Or
- Petite histoire de voisinage,
François Desnuelles / Éditions
Soceval
- Drôles de voisins, Bernadette Aubin,
Claire Le Grand / Milan Éditions
Dès 9 ans
- Ne mordez jamais vos voisins, Paul
Van Loon / Hachette Jeunesse
- Mes chers voisins, Frédéric Rébéna,
Gérard Moncomble / Nathan
- Mes chers voisins, Marie-Ange
Guillaume / Seuil Jeunesse
Dès 12 ans
Sois proche de tes amies et encore
plus de tes ennemies - Meilleures
ennemies, T1, Alexa Young / Michel
Lafon
Se documenter
Des livres
- Une histoire de l’art de la préhistoire
à nos jours, Claudio Merlo / Éditions
de La Martinière
- L’art : une histoire, Catherine
Lobstein / Autrement Jeunesse
- L’art par quatre chemins, Sophie
Curtil & Milos Cvach / Milan Éditions
- L’art à travers les âges, Stani Chaine /
Flammarion-Père Castor
- L’art pour comprendre le monde,
Véronique Andersen / Actes Sud
Junior
- Comment parler d’art aux enfants ?,
Françoise Barbe Gall / Le Baron
Perché
- Comment parler de l’art du XXème
siècle aux enfants, Françoise BarbeGall / Le Baron Perché
- Comprendre l’art moderne,
Françoise Barbe-Gall / Chêne
- Histoire de l’art, Paul Cox / Seuil
Rencontres avec l’art contemporain,
collectif / PEMF
- Art contemporain, Cécile Delavaux,
Christian Demilly / Palette
- L’art contemporain, Véronique
Bouruet-Aubertot / Autrement
jeunesse
- L’art contemporain, Jean-Marc
Provost / Les Essentiels - Milan
Éditions
- L’art contemporain mode d’emploi,
Élisabeth Couturier / Éditions
Filipacchi
- La photographie, DADA n°122 /
Éditions Mango
- L’art contemporain, DADA n°150 /
Éditions Mango
- Qu’est-ce qu’un chef d’œuvre ?
DADA n°156 / Éditions Mango
- Qu’est-ce que l’art aujourd’hui ?
Beaux-Arts éditions, n° spécial 1999
- Qu’est-ce que la sculpture
aujourd’hui ?, Beaux-Arts éditions,
n° spécial 2008
Des ressources pédagogiques
- Trois temps, trois mouvements, art
moderne et contemporain à l’école
maternelle, Rolande Guimbertière &
Vincent Rousseau / CRDP des
Pays-de-la-Loire
- 10 clefs pour s’ouvrir à l’art
contemporain, Isabelle de Maison
Rouge / Éditions ArchibooksSautereau
- L’art contemporain pour tous ?, revue
TDC n°864 / CNDP
- L’art et l’objet au XXème siècle : un
dialogue fécond, revue TDC n°767 /
CNDP
- L’art vivant au collège, (rencontres
avec des œuvres et des artistes
contemporains), Jean-Pierre Fouquet /
CRDP Champagne-Ardenne
- Itinéraire bis vers l’art d’aujourd’hui,
cédérom / SCEREN-CRDP de
Champagne-Ardenne / Le Collège
éditions / FRAC Champagne-Ardenne
- Actualité des arts plastiques,
collection consacrée à la découverte
du patrimoine culturel et aux
démarches des arts contemporains /
CNDP
Des sites
www.capc-bordeaux.fr CAPC musée
d’art contemporain de Bordeaux
www.cnac-gp.fr Centre national d’art et
de culture Georges-Pompidou
www.cnap.fr Centre national des arts
plastiques
www.sceren.fr ressources
pédagogiques
www.histoiredesarts.culture.fr/
enseignement de l’histoire des arts
www.education.arts.culture.fr/ portail
interministériel de l’éducation
artistique et culturelle
Des Boîtes/exposition à emprunter
au CAPC musée d’art contemporain :
le terme Boîtes/exposition désigne
l’ensemble du matériel éducatif
produit par le CAPC. Ce matériel est
un outil original de communication et
d’exploitation des diverses formes de
la création contemporaine.
Les Boîtes/couleurs, les Boîtes/
matériaux de l’art, les Boîtes/histoire
de l’art, les Dossiers/artistes, les
Dossiers/diaporamas, les Vidéos
composent les diverses rubriques de
ce service de prêt unique.
Chaque Boîte comporte un classeur
réunissant diverses propositions
d’exploitation pour permettre à ses
utilisateurs de l’adapter à l’âge et à la
sensibilité de leurs élèves.
Les Boîtes/exposition sont prêtées
gratuitement (sur réservation) aux
enseignants, tous les mercredis, sauf
pendant les vacances scolaires, de 13
heures à 17 heures.
[email protected]
Véronique Darmanté
Je reste à votre disposition pour toute
information complémentaire ou préparation
de visite.
[email protected]
LD : 05 56 00 64 19.
Autres expositions
Le Château
jusqu’au 04.12.2011
Sur l’eau, Shimabuku
09.11.2011 au 05.02.2012
Sociétés Secrètes
09.11.2011 au 26.02.2012
Partenaire
Exposition Etrange et Proche
Ambassade du Royaume des PaysBasw
Partenaires du CAPC
Air France / Seg Fayat /
Lacoste Traiteur / Lyonnaise des Eaux /
20 minutes / Château Chasse-Spleen /
La Nature des choses /
Les paniers primeurs / Ikéa / Volcom
CAPC
musée d’art contemporain
Entrepôt Lainé. 7, rue Ferrère
F-33000 Bordeaux
Tél. +33 (0)5 56 00 81 50
Fax. +33(0)5 56 44 12 07
[email protected]
www.capc-bordeaux.fr
Accès Tram
Ligne B, arrêt CAPC
Ligne C, arrê­­­t Jardin Public
Horaires
11:00 -18:00/ 20:00 les mercredis
Fermé les lundis et jours fériés
Visites guidées
16:00 h les samedis et dimanches, sur
rdv pour les groupes
Tél. +33 (0)5 56 00 81 78
Le Salon
11:00 -18:00 / 20:00 les mercredis
La Bibliothèque
14:00 -18:00 du mardi au vendredi
Tél. +33 (0)5 56 00 81 59
arc en rêve centre d’architecture
Tél. +33 (0)5 56 56 78 36
[email protected]
Le Café Andrée Putman
11:00 -18:00
du mardi au dimanche
Tél. +33 (0)5 56 44 71 61
www.capc-bordeaux.fr