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l’Agenda de Paris, votée par l’Unesco, et reprise par la division « Société de
l’information » dans la communication de la Commission européenne (décembre
2007). L’éducation aux médias doit s’adresser à toutes les générations : enfants dès leur
plus jeune âge, adolescents, aussi bien que parents et grands-parents. Elle concerne
tous les supports, tous les médias, depuis les médias traditionnels presse, radio
télévision, jusqu’aux nouvelles formes de communication qui se sont développées sur
internet, tous les formats (fonctionnement de la téléréalité, publicité,… ). Elle
s’intéresse au financement des médias (publicité, redevance, placement de produit,
enjeux économiques,,…), aux règles juridiques (droit à l’image, diffamation, données
personnelles), aux processus de création (fiction), aux processus de construction de
l’information, du document et des données. Elle concerne tous les enjeux des relations
des médias aux jeunes : enjeux d’expression, de citoyenneté (consumérisme,
sexisme…), et risques (protection des mineurs, rencontres avec des personnes
malveillantes, exposition de la vie privée….). Dans ce cadre, il faut associer étroitement
éducation aux médias, droits de l’homme et droits de l’enfant, et ne plus opposer les
droits de l’homme en termes de liberté de communication aux autres droits de
l’homme (dignité, vie privée, droit à l’image) et à la protection des mineurs.
Cette vision large de l’éducation aux médias doit permettre d’éviter plusieurs écueils :
se focaliser uniquement sur les risques, et oublier les enjeux de compréhension et de
meilleure maîtrise positive ; se focaliser uniquement sur la dimension technique et
oublier les enjeux de citoyenneté ; mobiliser le seul lieu d’éducation formelle qu’est
l’école, en oubliant la mobilisation des associations pédagogiques agissant dans
l’éducation non formelle,….
Une fois posée cette définition, quels sont les leviers pour développer une telle
politique ?
3. La définition d’une nouvelle politique publique d’éducation aux médias, associant
tous les acteurs, s’impose.
Il ressort des différentes auditions de professionnels des médias menées par la
Commission un volontarisme affiché en matière d’éducation aux médias. Mais leur
conception se limite souvent à la protection de l’enfance, et, à l’intérieur de celle-ci, à
la mise en place d’outils de protection de l’enfance. Pourtant, le respect de la
signalétique et l’installation d’un double verrouillage dans le domaine de l’audiovisuel
ne constituent qu’un aspect minime de ce que représente l’éducation aux médias, de la
même façon que la mise en place des outils techniques de filtrage, de signalement,…,
sur internet ne suffit pas à assurer un rapport conscient et éclairé des enfants et des
jeunes avec ces nouveaux médias. Il manque en effet plusieurs dimensions, la première
étant celle de la pédagogie de l’usage - comment se servir de ces outils ? pourquoi
faire ? comment responsabiliser les enfants dans une langue accessible ? -, la deuxième
étant la mise en avant non des risques des médias, mais de leur absence de neutralité,
ce que l’on a désigné comme l’enjeu civique de leur compréhension. Ce sont ces
dimensions qu’il faut désormais construire. Mais si les professionnels sont d’accord
avec les associations,… pour dire qu’un changement d’échelle est nécessaire, ils
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