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N° 70 - MARS AVRIL MAI 2011 - REVUE TRIMESTRIELLE - ISSN 2109-036X 0,76 Euro (5 F) EDITORIAL SOMMAIRE 2 3 3 4 6 Vous pouvez vraiment sauver des vies ! L’eau insalubre tue plus que la guerre ou le SIDA, mais les moyens réunis par les Etats et les organisations internationales pour lutter contre ce fléau restent dramatiquement insuffisants. C’est honteux, dangereux et inacceptable ! Il y a d’innombrables vies à sauver, en particulier des enfants qui meurent de diarrhée. C’est pourquoi votre soutien à notre action humanitaire est si vital. Mais il faut faire plus aujourd’hui. Nous vous invitons à signer et faire signer notre pétition (ci-jointe) pour l’accès de tous à l’eau potable et à l’assainissement. Nous remettrons cette pétition en votre nom au Président de la République et aux représentants du Forum Mondial de l’Eau, en mars 2012, pour que les responsables politiques mobilisent enfin toutes les ressources indispensables. Aujourd’hui même, votre don et votre pétition vont sauver des vies. Un immense merci. Alain Boinet 2 Directeur général, fondateur de SOLIDARITES INTERNATIONAL 8 10 12 13 14 15 EDITORIAL DOSSIER SPÉCIAL : JOURNEE MONDIALE DE L’EAU LES CHIFFRES DE L’EAU INSALUBRE « SIGNEZ NOTRE PETITION » CHOLERA : LUTTE CONTRE UN FLEAU INVISIBLE LA TECHNIQUE SEULE NE SUFFIT PAS REPORTAGE Les naufragés du Sindh TCHAD Renforcer les moyens de subsistance SUD SOUDAN Fièvre noire INITIATIVES Vos actions de soutien PRATIQUE Votre déclaration d’impôt Couverture extraite du film publicitaire réalisé gracieusement par l’Agence BDDP Unlimited et par la société de production Hush Association humanitaire selon la loi de 1901. 50 rue Klock 92110 Clichy-la-Garenne. Téléphone : 01 80 21 05 05 Site Internet : www.solidarites.org Directeur de la publication : Alain Boinet Directrice de la communication : Patricia de Venevelles Coordinateur : Renaud Douci Rédaction : Eugénie Brière, Constance Decorde, Renaud Douci Conception graphique : Belenos Imprimeur : Print Ouest Tirage : 32 000 exemplaires. N° commission paritaire : 0910 H 87781 DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU L’eau insalubre, première cause mondiale de mortalité EN CHIFFRES Depuis plus de 30 ans, SOLIDARITES INTERNATIONAL se bat pour l’éradication d’un fléau silencieux qui tue chaque année plus que le cancer, le sida, les guerres ou les catastrophes naturelles. Cette arme de destruction massive, c’est l’eau insalubre. 884 millions d’êtres humains sont privés d’eau potable. Ils sont même 3 milliards à ne pas disposer de robinet. 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’assainissement et à l’hygiène. 1,5 ESTHER HAVENS 3,6 millions de personnes succombent chaque année des suites de maladies hydriques (choléra, malaria, typhoïde) ou liées à une eau insalubre (paludisme, fièvre noire…). Trois millions d’entre elles sont âgées de moins de 15 ans. L’eau insalubre, vecteur de maladies million d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies diarrhéiques. 3,5 millions de personnes ont été secourues par SOLIDARITES INTERNATIONAL en 2010 dans 15 pays grâce à 100 programmes, dont plus de la moitié sont des programmes d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. 3,9 milliards de personnes vivront, à l’horizon 2030, dans des régions soumises à des stress hydriques intenses. La ressource en eau sera beaucoup trop insuffisante pour répondre à leurs besoins. Agissons. Source OMS 3 Une pétition contre la premi DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU 4 Où en sommes-nous aujourd’hui de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans le monde ? L’eau insalubre est toujours la première cause de mortalité dans le monde ! La diarrhée tue plus que la tuberculose, le paludisme et cinq fois plus que le VIH/Sida, soit 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans chaque année sur un total d’environ 3,6 millions de victimes ! A la diarrhée, il faut ajouter la typhoïde, les hépatites ou encore le choléra qui fait des ravages en Haïti actuellement. La mobilisation internationale est-elle suffisante ? La réponse est non, malgré des progrès réels ici et là. Il faudrait deux fois plus d’investissement au niveau international ! Qu’attendent les décideurs ? L’Afrique est tout particulièrement victime de ce fléau ainsi que l’Asie du sud est. SOLIDARITES INTERNATIONAL BDDP UNLIMITED MOBILISATION A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau du 22 mars et à un an du Forum Mondial de l’Eau organisé à Marseille, SOLIDARITES INTERNATIONAL interpelle l’opinion publique, les médias et les décideurs politiques sur le manque d’accès à l’eau potable, première cause mondiale de mortalité. Une réalité d’autant plus tragique que des solutions très concrètes existent pour éradiquer ce fléau. Il faudrait deux fois plus d’investissements au niveau international pour assurer un accès à l’eau potable à ceux qui en sont privés. ère cause de mortalité Pourtant, les Nations Unies ont voté le 28 juillet dernier une résolution faisant de l’eau potable et de l’assainissement un droit humain… C’est très bien. Mais il s’agit de passer d’un droit théorique à une réalité pratique. Et c’est cela qui manque toujours et encore pour 885 millions d’êtres humains qui n’ont pas d’eau potable et 2,5 milliards qui n’ont pas d’assainissement, ce qui cause des millions de morts chaque année. C’est pour cela que c’est urgent. Que fait SOLIDARITES INTERNATIONAL pour que ça change? D’abord, nous apportons eau potable et assainissement à d’innombrables personnes et familles dans nos missions. Ensuite, nous lançons aujourd’hui une nouvelle campagne d’information avec un spot télévision et cinéma, ainsi qu’une pétition que nous voulons remettre au Président de la République, lors du Forum Mondial de l’Eau qui aura lieu en France à Marseille en mars 2012. Que peuvent faire les lecteurs de ce journal pour y contribuer? Leur soutien est vraiment vital, tant la générosité de leur don pour financer cette urgence humanitaire que leur signature pour notre pétition qui vise à faire bouger les décideurs politiques afin qu’ils fassent de l’eau et de 2012 6e Forum Mondial de l’Eau Acteurs de l’eau, chefs d’Etat, ministres, parlementaires, représentants de collectivités locales et d’organisations intergouvernementales, journalistes, ONG… Plus de 30 000 participants issus de près de 200 pays sont attendus en mars 2012, en France à Marseille, pour la prochaine édition du Forum Mondial de l’Eau. SOLIDARITES INTERNATIONAL participe activement, comme membre du Partenariat Français sur l’Eau (PFE) et du Comité National Français, à la préparation de ce « forum des solutions » en vue duquel nous allons agir fortement pour promouvoir et faire avancer la cause de celles et ceux qui n’ont pas accès à l’eau potable et à l’assainissement. www.worldwaterforum6.org www.partenariat-francais-eau.fr l’assainissement une réelle priorité mondiale pour sauver le plus grand nombre possible de vies. Nous pensons que 100000 signatures peuvent faire bouger les responsables politiques. Alors, merci de signer cette pétition. RD VOTRE GOUTTE D’EAU POUR AGIR Un film, une pétition D’ici la Journée Mondiale de l’Eau, le 22 mars prochain, vous verrez certainement sur vos écrans de télévision et de cinéma le film publicitaire réalisé gracieusement par l’agence BDDP Unlimited et par la société de production Hush pour SOLIDARITES INTERNATIONAL. Son but : sensibiliser l’opinion publique et inciter le plus grand nombre à signer notre pétition en faveur de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous. Nous remettrons officiellement, au nom des signataires, cette pétition au Président de la République et aux organisateurs du Forum Mondial de l’Eau, en mars 2012 à Marseille. Chaque goutte d’eau compte. Si vous voulez vous engager à nos côtés, merci de nous retourner le bulletin fourni avec ce journal dans l’enveloppe retour destinée au don, ou de signer notre pétition en ligne sur www.votregouttedeau.org 5 DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU Lutte contre un fléau invisible SOLIDARITES INTERNATIONAL HAITI Depuis octobre 2010, SOLIDARITES INTERNATIONAL combat la propagation d’une maladie hautement contagieuse qui a déjà emporté plus de 4 000 Haïtiens*, le choléra. ACTIONS Pour contrer la propagation du choléra, SOLIDARITES INTERNATIONAL focalise ses efforts sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi que sur la promotion de pratiques d’hygiène adaptées à ce contexte d’urgence sanitaire. Ici, un réservoir d’eau souple. M 6 oins d’un an après le séisme qui a ravagé le pays et causé la mort de plus de 250 000 personnes, le choléra s’est brusquement déclaré en octobre dernier, favorisé par des conditions sanitaires toujours désastreuses. Selon les autorités, entre 600 et 800 nouveaux cas apparaissent chaque jour. Le dernier bilan fait état de près de 216 000 personnes infectées. 4 131 sont décédées*. Présente dans les sites de déplacés de Portau-Prince, où vivent encore plus 800 000 personnes, SOLIDARITES INTERNATIONAL coordonne ses actions avec les ONG médicales Alima, Merlin et Médecins du Monde pour contrôler l’épidémie. « Nos équipes distribuent des kits choléra, composés de savons et de comprimés de purification d’eau, détaille Géraldine Bernard, coordinatrice eau et assainissement. Nous construisons des latrines et assurons leur entretien. Nous vidangeons les puits, ainsi que les réservoirs d’eau potable, et gérons la collecte des déchets. En cas de choléra avéré, les équipes désinfectent les habitations par la pulvérisation de solution chlorée. » Docteur Pierre Gazin Médecin tropicaliste, chercheur de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) • Depuis plusieurs siècles, le choléra s'est propagé à de nombreuses reprises depuis son réservoir d'origine dans le delta du Gange et du Brahmapoutre, au Bengale, vers le reste du monde. Très contagieuse et fréquemment mortelle si elle n’est pas traitée, cette maladie se transmet par voie orale : par l’eau, par la nourriture et par les mains souillées. Elle est le résultat d’une absence d’hygiène et d’une méconnaissance de cette infection. • En Haïti, tout a débuté entre le 14 et le 16 octobre 2010 quand les excrétas de soldats népalais des forces des Nations unies, dont certains étaient porteurs de la bactérie, ont été déversés directement dans le fleuve Artibonite. En aval, l’apparition sur un temps très court d’une maladie inconnue dans ce pays et la mort de plusieurs dizaines de malades ont entraîné une grande peur et la fuite de beaucoup. L’épidémie s’est alors propagée. • Le choléra provoque une perte d’eau et d’électrolytes (ions contenus dans le sel par exemple) par la diarrhée et par les vomissements qui peut dépasser 10 % du poids du corps en 24 h. Il faut donc apporter autant d’eau et d’électrolytes que la personne en a perdus. Un traitement par voie orale suffit tant que le malade est conscient. Il dure de quelques heures à quatre jours. Quand le traitement est bien effectué, le risque de décès est très faible. • Le traitement des malades n’empêche pas la propagation de l’épidémie car les porteurs sains du germe sont bien plus nombreux que les malades. La prévention est plus difficile à mettre en place. Il faut empêcher les nouvelles contaminations par les mesures d’hygiène personnelle (lavage des mains, traitement de l’eau de boisson, défécation dans des latrines) et collectives (fourniture d’eau potable, gestion des excréta). L’efficacité repose sur des actions de long terme portant sur l’éducation générale et sur les infrastructures. Encore plus de 800 000 déplacés Un temps freinée par une hausse de l’insécurité suite aux élections présidentielle et législatives qui ont occasionné des violences urbaines, cette action d’urgence continue. « Le choléra peut être endigué si on laisse travailler les ONG, précise Grégory Bulit, référent eau, hygiène et assainissement chez SOLIDARITES INTERNATIONAL. Une fois que le malade est pris en charge et qu'une prévention est mise en place, on a toutes les chances d'enrayer la progression de la maladie. Mais il faudra continuer ce travail de prévention au moins sur toute l'année 2011. Parallèlement, nous soutenons la reconstruction des quartiers et la réinstallation des habitants. Déblaiement, reconnexion des réseaux, réhabilitation de réservoirs… Les gens reviendront plus vite s’ils ont accès à des services de base. » RD * Source gouvernementale au 28 janvier 2011 SOLIDARITES INTERNATIONAL « Tout a débuté le 14 octobre » PORT-AU-PRINCE Robinets d’eau potable installés par SOLIDARITES INTERNATIONAL dans un des nombreux camps de déplacés autour de la capitale. VU A LA TELE ARTE a diffusé le 22 janvier dernier un reportage de Michel Dumont sur notre action à Petit-Goâve. A voir et à revoir sur notre site : www.solidarites.org 7 DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU La technique seule ne suffit pas SOLIDARITES INTERNATIONAL EXPERTISE En situation d’urgence ou de reconstruction, nos équipes terrain fournissent aux populations les plus vulnérables aux maladies hydriques un accès adapté et digne à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. 8 BANGLADESH Campagne de sensibilisation à l’hygiène. Améliorer les conditions sanitaires et d’hygiène est crucial pour réduire le risque de maladie diarrhéique. Actions d’urgence Approvisionnement par camions ou par bateaux-citernes, distribution de purifiants, de kits hygiène, installation de réservoirs souples et de stations de potabilisation, construction et réhabilitation de réseaux d’eau et de latrines, gestion des déchets… Tel est le panel de solutions mises en œuvre par les équipes de SOLIDARITES INTERNATIONAL pour améliorer en urgence les conditions sanitaires et d’hygiène de populations affectées par une catastrophe naturelle ou un conflit. « Dans les camps de déplacés haïtiens et de réfugiés soudanais, dans les villes afghanes et les villages pakistanais, explique Grégory Bulit de SOLIDARITES INTERNATIONAL, référent eau, hygiène et assainissement de l’ONG, nous intervenons là où le manque d’eau potable et les conditions sanitaires précaires, parfois aggravés par la surpopulation, génèrent des risques importants pour la santé et pour la survie des populations. » Des solutions dignes, adaptées et durables Au fil des années, SOLIDARITES INTERNATIONAL a développé un savoir-faire efficace dans la conception et la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques. Adaptées aux réalités locales, puits, forages, sources aménagées et autres réseaux d’eau potable peuvent répondre aux besoins essentiels de plusieurs centaines de milliers de personnes. « La technique n’est que la partie visible de l’iceberg, précise Jean-Marc Leblanc, référent eau, hygiène et assainissement. Le procédé choisi est le fruit d’une approche sociale globale qui va assurer à nos actions efficacité et pérennité. Cette démarche est la condition sine qua non pour que les populations s’approprient nos réalisations et soient en capacité de les gérer et de les entretenir. RDC A Béni, dans le Nord Kivu, six ans de travaux et 5,19 millions d’euros ont permis à SOLIDARITES INTERNATIONAL d’élaborer, en étroit partenariat avec la population et les acteurs locaux, un service de distribution d’eau continu, rapide (10 minutes au lieu de 3 heures), à la portée de tous (0,35 €/m3) et desservant sept jours sur sept 240 000 personnes, contre moins de 8 000 auparavant, par le biais de 150 bornes fontaines. SOLIDARITES INTERNATIONAL CONSTANCE DECORDE/SOLIDARITES INTERNATIONAL POTABILISATION Simple, innovant et peu coûteux (40 €), le filtre à sable permet d’approvisionner une famille de cinq personnes en eau potable. Un procédé qui est le fruit d’une approche sociale globale. S’attaquer aux causes mêmes des épidémies A l’image de nos actions en République Démocratique du Congo, où le choléra s'est installé depuis plusieurs décennies, nos équipes sont aujourd’hui capables de mettre en œuvre des programmes d’envergure dont le principe est de s’attaquer aux causes mêmes des crises épidémiques. Du Nord Kivu au Katanga, SOLIDARITES INTERNATIONAL a construit et réhabilité des réseaux d’eau dans plusieurs villes, sans oublier d’élaborer des systèmes de gestion citoyenne, donnant un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement à près de 500 000 personnes. RD 9 REPORTAGE CONSTANCE DECORDE /SOLIDARITES INTERNATIONAL Les naufragés du Sindh ISOLES A l’image des habitants de ce village en pleine séance de promotion à l’hygiène, plusieurs millions de Pakistanais restent dépendants de l’aide humanitaire. PAKISTAN Présente depuis début septembre dans une des régions les plus touchées par les inondations, SOLIDARITES INTERNATIONAL intervient dans une multitude de sites de déplacés et de villages transformés en îles. Un reportage de Constance Decorde. S 10 ur l'embarcadère improvisé, Ghayoor et Rabia, deux de nos promoteurs à l'hygiène, attendent le bateau. C’est le seul moyen d’atteindre le village de Kormiani, encore complètement encerclé par les eaux. Coupés du reste du monde, ses 150 habitants restent, depuis la catastrophe, entièrement dépendants de l'aide humanitaire. L’embarcation longe les rives de cette terre devenue lac, faisant défiler les très sommaires abris de fortune fabriqués par des villageois dont les maisons ont été détruites ou englouties. Après 30 minutes de traversée au milieu de décombres de bâtiments en ruines, nous arrivons à destination. Dans le village, qui regroupe une vingtaine de maisons, nous sommes attendus avec impatience par les habitants. SOLIDARITES INTERNATIONAL vient jusqu'ici leur apporter de l'eau potable et délivrer des séances de promotion à l'hygiène. Nos équipes leur ont installé le seul point d’eau. Une situation sanitaire très précaire Après les salutations d'usage, le thé et les biscuits chaleureusement offerts par ces hommes et ces femmes qui n’ont pourtant rien, des groupes se forment. Les sessions de promotion à l’hygiène commencent. L'ambiance est studieuse, les visages graves. Tout le monde écoute avec attention les messages délivrés : faire bouillir l'eau de cuisson, CONSTANCE DECORDE /SOLIDARITES INTERNATIONAL se laver les mains, utiliser les latrines. Dans une situation sanitaire aussi critique qu’exceptionnelle, tout le monde a pris conscience de l'importance de respecter de bons comportements d'hygiène et d'assainissement. Entre deux démonstrations, je suis emmenée par des femmes qui tiennent à me faire visiter leurs maisons. Leur village est extrêmement pauvre. L'isolement forcé causé par les inondations n'a rien arrangé. Malgré leur dénuement, les sourires et les rires tendent à faire oublier que nous nous trouvons loin de tout et qu’elles ont perdu le peu qu’elles possédaient. Lorsque les sessions de promotion à l’hygiène se terminent et que nous reprenons le bateau, c’est avec la sensation unanime que nous sommes ceux qui ont le plus reçu. CD SINISTRES 300 000 personnes bénéficient de notre action humanitaire. INONDATIONS 20 millions de personnes affectées Dix ans de pluviométrie en une semaine. Le Pakistan a connu l’été dernier les pires inondations de son histoire. Près de 20 millions de personnes ont été affectées par cette catastrophe sans précédent. L’eau a recouvert des villages entiers, isolé et expulsé leurs habitants. Polluée par les déchets humains, animaux et chimiques, mélangée aux eaux usées, elle a contaminé les réseaux d’eau potable, les puits, les réservoirs et les nappes phréatiques, exposant les survivants aux maladies. Dès septembre, SOLIDARITES INTERNATIONAL est intervenu en urgence dans le Sindh, au sud du pays, pour répondre aux besoins vitaux des populations sinistrées en termes d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène. Approvisionnement en eau, installation de latrines, mise en place de stations de potabilisation, promotion à l’hygiène… 300 000 personnes bénéficient de notre action humanitaire. La Fondation d’entreprise Solucom, qui soutient habituellement des projets liés à l’enfance défavorisée, a répondu positivement à notre appel pour participer au financement de notre mission au Pakistan. Tout comme Schneider Electric, spécialiste de la gestion d’énergie. 11 TCHAD « Renforcer les moyens de subsistance » INTERVIEW Responsable de la cellule technique, Peggy Pascal revient du sud-est du Tchad. Elle fait le point sur les programmes mis en place dans des conditions logistiques et sécuritaires difficiles auprès des réfugiés centrafricains et des populations hôtes. Où travaillons-nous au Tchad et pourquoi ? Nos équipes travaillent dans la région frontalière du Salamat, où de nombreux Centrafricains ont trouvé refuge, poussés par la crise politique qui fait rage dans leur pays. Face à cette forte poussée démographique, il s’agit de répondre aux besoins humanitaires essentiels des populations les plus vulnérables, qu’elles soient hôtes ou réfugiées. A quelles difficultés sommes-nous confrontés dans cette zone ? Lors de la saison des pluies, il est impossible d’accéder à certaines zones et donc d’en sortir pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Dans cette région enclavée, les inondations (2010) succèdent aux sécheresses (2008, 2009), détruisant les récoltes. Enfin, la situation sécuritaire est fragile. Des rebelles centrafricains passent régulièrement la frontière pour attaquer commerçants et convois humanitaires. SOLIDARITES INTERNATIONAL En quoi consistent nos programmes ? 12 SALAMAT Pour faire face aux déplacements forcés de nombreuses populations fuyant le conflit en République de Centre-Afrique, SOLIDARITES INTERNATIONAL mène des programmes d’accès à l’eau potable, d’aide alimentaire et d’appui à l’autosuffisance. Nous travaillons à améliorer les conditions d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène en construisant ou en réhabilitant des ouvrages d’eau (puits, forages, latrines). En plus des distributions alimentaires, nous aidons les populations à améliorer le rendement de leurs productions agricoles et à diversifier leurs moyens de subsistance : formation des agents de promotion agricole, distribution de semences et d’outils, ateliers de fabrication de jarres traditionnelles de stockage des semences… Parce que nous sommes la seule ONG à travailler dans cette zone sur ces problématiques, nous allons rester pour continuer à mettre en place ces actions. RD SOUDAN Intervention d’urgence contre la fièvre noire L soigner, mais aussi leurs accompagnants, puisque le traitement nécessite une hospitalisation allant de 17 à 30 jours. Nous leur avons prodigué des sessions de promotion à l’hygiène afin d’améliorer leurs pratiques de base comme le lavage de mains, l’utilisation des latrines et la gestion de l’eau, et ainsi éviter la propagation de cette maladie mortelle. L’épidémie est retombée en février dernier. Nous avons alors équipé quatre cliniques pour leur fournir un accès à l’eau potable et à l’assainissement. » RD e Soudan vient de connaître sa pire épidémie de leishmaniose viscérale depuis huit ans. Egalement connu sous les noms de Kala’azar ou de fièvre noire, c’est le parasite le plus meurtrier après le paludisme. Il se transmet par la piqûre d’une mouche des sables à l’origine de symptômes comme la fièvre, la diarrhée ou l’anémie. Si la maladie n’est pas traitée rapidement, elle entraîne la mort. En novembre, 8 324 personnes étaient touchées. Plus de 300 millions y ont succombé. « Une ONG médicale nous a demandé une assistance d’urgence en eau, hygiène et assainissement dans ses quatre centres de santé situés dans l’état de l’Upper Nile, explique Mickaël Touzinaud, responsable du programme. Nous avons amélioré l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de près de 6 000 personnes : INSALUBRE Mickaël Touzinaud, responsable du programme, les malades venant se faire à côté d’un seau d’eau puisée dans le Nil, foyer de la maladie. Smart Pharma Consulting, qui nous fait confiance pour la quatrième année consécutive, soutient notre intervention au Sud Soudan. DR EPIDEMIE Nos équipes ont fourni un accès à l’eau potable et à l’assainissement à près de 6 000 malades venus se faire soigner dans des centres de santé du sud du pays. 13 SOLIDARITES INTERNATIONAL INITIATIVES Nos programmes au Bangladesh sont mis en place en partenariat avec l’Union Européenne et le Centre de Crise MARATHON DE BARCELONE THOMAS LOISEL ILS ONT COURU POUR NOUS 14 Le 6 mars, les 16 coureurs du Groupe Athlétique de Noisyle-Grand (GANG) ont participé au marathon de Barcelone au profit de notre association, grâce au site jecollectepoursolidarites.org. « Nous avons créé notre page de collecte et décidé que notre objectif, en plus de finir le marathon, serait de récolter 4 220 €, soit 1 € par tranche de 10 mètres parcourus, expliquait Laurent avant le départ. » Si comme ces amoureux de la course à pieds, l’idée de vous investir pour SOLIDARITES INTERNATIONAL vous séduit, rendez-vous sur : www.jecollectepoursolidarites.org EXPOSITION SOLIDARITES INTERNATIONAL INTEGRE SIENCES PO Dans le cadre de la semaine de l’adaptation au changement climatique, l’Institut d’Etudes Politiques de Paris accueille, du 4 au 8 avril, une exposition sur notre action au Bangladesh auprès des populations touchées par le cyclone Aila en 2009. 30 clichés réalisés par des photographes bengalis, qui mettent en avant les besoins criants des personnes affectées, mais aussi les défis qui restent à relever près de deux ans après le passage du cyclone, le 25 mai 2009. Un événement organisé par l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et par l’association Sciences Po Environnement. Du 4 au 8 avril Hall du bâtiment René Rémond 13 rue de l’Université Paris VII Informations et inscriptions sur www.iddri.org MERCI au groupe Service danse événement qui a organisé le concert Dance for Haïti, le 2 novembre à Sarcelles, au profit de nos programmes en Haïti. Votre guide pratique DECLARATION D’IMPÔTS VOS DONS 2010 Chers donateurs, vous allez recevoir votre déclaration d’impôts sur le revenu. N’oubliez pas de déduire une partie des dons que vous avez souhaité adresser à SOLIDARITES INTERNATIONAL. T rois semaines après l’enregistrement de chacun de vos dons, un reçu fiscal vous a été automatiquement envoyé par la poste. Si vous avez opté pour le prélèvement automatique, vous recevrez un reçu fiscal unique en avril, cumulant tous vos dons prélevés en 2010. Ces reçus fiscaux vous permettront de justifier vos dons auprès des impôts. Ils sont à envoyer avec votre déclaration d’impôts en version papier. Gardez-les précieusement si vous effectuez votre déclaration par internet. CONTACT Chargée des Relations Donateurs et Testateurs, Eugénie Brière se tient à disposition pour toute information. 01 80 21 05 93 [email protected] S. LE CLEZIO Vous n’avez pas votre reçu fiscal ? Perte, changement de coordonnées postales, problème informatique… Il est possible qu’il vous manque un ou plusieurs reçus fiscaux. Pensez à nous demander les duplicatas le plus rapidement possible afin que nous ayons le temps de les éditer et de vous les envoyer. Privilégiez l’appel téléphonique et les e-mails aux courriers postaux. Lors de votre demande : • indiquez vos nom, prénom et adresse postale, ainsi qu’un numéro de téléphone pour vous joindre rapidement si besoin, • précisez le montant et la date du don pour lequel vous souhaitez un duplicata. DR DEDUCTION Mode d’emploi Vos dons sont déductibles des impôts à hauteur de 75 %, dans la limite de 513 € de dons annuels. Audelà, la déduction passe à 66 % sur le montant restant. Enfin, si vos dons dépassent 20 % de votre revenu net imposable, l’excédent pourra être reporté sur les cinq années suivantes. Vos dons sont à inscrire dans la case UD de votre déclaration. Si vous avez versé plus de 513 €, inscrivez 513 € dans la case UD et portez le supplément dans la case UF. 15