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N° 70 - MARS AVRIL MAI 2011 - REVUE TRIMESTRIELLE - ISSN 2109-036X
0,76 Euro (5 F)
EDITORIAL
SOMMAIRE
2
3
3
4
6
Vous pouvez
vraiment sauver
des vies !
L’eau insalubre tue plus que la guerre ou le
SIDA, mais les moyens réunis par les Etats et
les organisations internationales pour lutter
contre ce fléau restent dramatiquement
insuffisants. C’est honteux, dangereux et
inacceptable !
Il y a d’innombrables vies à sauver, en particulier des enfants qui meurent de diarrhée.
C’est pourquoi votre soutien à notre action
humanitaire est si vital.
Mais il faut faire plus aujourd’hui. Nous vous
invitons à signer et faire signer notre pétition (ci-jointe) pour l’accès de tous
à l’eau potable et à l’assainissement.
Nous remettrons cette pétition en votre
nom au Président de la République et aux
représentants du Forum Mondial de l’Eau,
en mars 2012, pour que les responsables
politiques mobilisent enfin toutes les ressources indispensables.
Aujourd’hui même, votre don et votre pétition vont sauver des vies. Un immense merci.
Alain Boinet
2
Directeur général, fondateur
de SOLIDARITES INTERNATIONAL
8
10
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13
14
15
EDITORIAL
DOSSIER SPÉCIAL :
JOURNEE MONDIALE DE L’EAU
LES CHIFFRES DE L’EAU INSALUBRE
« SIGNEZ NOTRE PETITION »
CHOLERA : LUTTE CONTRE
UN FLEAU INVISIBLE
LA TECHNIQUE SEULE NE SUFFIT PAS
REPORTAGE
Les naufragés du Sindh
TCHAD
Renforcer les moyens de subsistance
SUD SOUDAN
Fièvre noire
INITIATIVES
Vos actions de soutien
PRATIQUE
Votre déclaration d’impôt
Couverture extraite du film publicitaire réalisé
gracieusement par l’Agence BDDP Unlimited et
par la société de production Hush
Association humanitaire
selon la loi de 1901.
50 rue Klock 92110 Clichy-la-Garenne.
Téléphone : 01 80 21 05 05
Site Internet : www.solidarites.org
Directeur de la publication : Alain Boinet
Directrice de la communication :
Patricia de Venevelles
Coordinateur : Renaud Douci
Rédaction : Eugénie Brière,
Constance Decorde, Renaud Douci
Conception graphique : Belenos
Imprimeur : Print Ouest
Tirage : 32 000 exemplaires.
N° commission paritaire : 0910 H 87781
DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU
L’eau insalubre,
première cause mondiale de mortalité
EN CHIFFRES Depuis plus de 30 ans, SOLIDARITES INTERNATIONAL se
bat pour l’éradication d’un fléau silencieux qui tue chaque année plus
que le cancer, le sida, les guerres ou les catastrophes naturelles. Cette
arme de destruction massive, c’est l’eau insalubre.
884
millions d’êtres humains sont privés
d’eau potable. Ils sont même 3 milliards à ne pas disposer de robinet.
2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à
l’assainissement et à l’hygiène.
1,5
ESTHER HAVENS
3,6
millions de personnes succombent
chaque année des suites de maladies
hydriques (choléra, malaria, typhoïde)
ou liées à une eau insalubre (paludisme, fièvre
noire…). Trois millions d’entre elles sont âgées de
moins de 15 ans.
L’eau insalubre, vecteur de maladies
million d’enfants de moins de cinq ans
meurent de maladies diarrhéiques.
3,5
millions de personnes ont été secourues par
SOLIDARITES INTERNATIONAL en 2010 dans 15 pays grâce
à 100 programmes, dont plus de la moitié sont des programmes d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
3,9
milliards de personnes vivront, à l’horizon 2030, dans des
régions soumises à des stress hydriques intenses. La ressource en eau sera beaucoup trop insuffisante pour
répondre à leurs besoins. Agissons.
Source OMS
3
Une pétition contre la premi
DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU
4
Où en sommes-nous aujourd’hui de l’accès
à l’eau potable et à l’assainissement dans
le monde ?
L’eau insalubre est toujours la première
cause de mortalité dans le monde ! La diarrhée tue plus que la tuberculose, le paludisme et cinq fois plus que le VIH/Sida, soit
1,5 million d’enfants de moins de 5 ans
chaque année sur un total d’environ 3,6 millions de victimes ! A la diarrhée, il faut ajouter la typhoïde, les hépatites ou encore le
choléra qui fait des ravages en Haïti actuellement.
La mobilisation internationale est-elle suffisante ?
La réponse est non, malgré des progrès réels
ici et là. Il faudrait deux fois plus
d’investissement au niveau international !
Qu’attendent les décideurs ? L’Afrique est
tout particulièrement victime de ce fléau
ainsi que l’Asie du sud est.
SOLIDARITES INTERNATIONAL
BDDP UNLIMITED
MOBILISATION A l’occasion de
la Journée Mondiale de l’Eau du
22 mars et à un an du Forum
Mondial de l’Eau organisé à
Marseille, SOLIDARITES INTERNATIONAL interpelle l’opinion
publique, les médias et les décideurs politiques sur le manque
d’accès à l’eau potable, première cause mondiale de mortalité. Une réalité d’autant plus
tragique que des solutions très
concrètes existent pour éradiquer ce fléau.
Il faudrait deux fois plus d’investissements
au niveau international pour assurer un accès à l’eau
potable à ceux qui en sont privés.
ère cause de mortalité
Pourtant, les Nations Unies ont voté le
28 juillet dernier une résolution faisant de
l’eau potable et de l’assainissement un
droit humain…
C’est très bien. Mais il s’agit de passer d’un droit
théorique à une réalité pratique. Et c’est cela qui
manque toujours et encore pour 885 millions
d’êtres humains qui n’ont pas d’eau potable
et 2,5 milliards qui n’ont pas d’assainissement,
ce qui cause des millions de morts chaque
année. C’est pour cela que c’est urgent.
Que fait SOLIDARITES INTERNATIONAL pour
que ça change?
D’abord, nous apportons eau potable et assainissement à d’innombrables personnes et
familles dans nos missions. Ensuite, nous lançons aujourd’hui une nouvelle campagne
d’information avec un spot télévision et cinéma,
ainsi qu’une pétition que nous voulons remettre
au Président de la République, lors du Forum
Mondial de l’Eau qui aura lieu en France à
Marseille en mars 2012.
Que peuvent faire les lecteurs de ce journal
pour y contribuer?
Leur soutien est vraiment vital, tant la générosité de leur don pour financer cette urgence
humanitaire que leur signature pour notre pétition qui vise à faire bouger les décideurs politiques afin qu’ils fassent de l’eau et de
2012
6e Forum Mondial de l’Eau
Acteurs de l’eau, chefs
d’Etat, ministres, parlementaires, représentants de
collectivités locales et
d’organisations intergouvernementales, journalistes,
ONG… Plus de 30 000 participants issus de près de 200
pays sont attendus en mars 2012, en France
à Marseille, pour la prochaine édition du
Forum Mondial de l’Eau. SOLIDARITES
INTERNATIONAL participe activement,
comme membre du Partenariat Français sur
l’Eau (PFE) et du Comité National Français, à
la préparation de ce « forum des solutions »
en vue duquel nous allons agir fortement
pour promouvoir et faire avancer la cause
de celles et ceux qui n’ont pas accès à l’eau
potable et à l’assainissement.
www.worldwaterforum6.org
www.partenariat-francais-eau.fr
l’assainissement une réelle priorité mondiale
pour sauver le plus grand nombre possible de
vies. Nous pensons que 100000 signatures peuvent faire bouger les responsables politiques.
Alors, merci de signer cette pétition. RD
VOTRE GOUTTE D’EAU POUR AGIR
Un film, une pétition
D’ici la Journée Mondiale de l’Eau, le 22 mars prochain, vous verrez certainement sur vos écrans de
télévision et de cinéma le film publicitaire réalisé gracieusement par l’agence BDDP Unlimited et par
la société de production Hush pour SOLIDARITES INTERNATIONAL. Son but : sensibiliser l’opinion
publique et inciter le plus grand nombre à signer notre pétition en faveur de l’accès à l’eau potable et
à l’assainissement pour tous. Nous remettrons officiellement, au nom des signataires, cette pétition
au Président de la République et aux organisateurs du Forum Mondial de l’Eau, en mars 2012 à
Marseille. Chaque goutte d’eau compte. Si vous voulez vous engager à nos côtés, merci de nous
retourner le bulletin fourni avec ce journal dans l’enveloppe retour destinée au don, ou de signer
notre pétition en ligne sur www.votregouttedeau.org
5
DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU
Lutte contre un fléau invisible
SOLIDARITES INTERNATIONAL
HAITI Depuis octobre 2010, SOLIDARITES INTERNATIONAL combat la
propagation d’une maladie hautement contagieuse qui a déjà
emporté plus de 4 000 Haïtiens*, le choléra.
ACTIONS Pour contrer la propagation du choléra, SOLIDARITES INTERNATIONAL focalise ses efforts
sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi que sur la promotion
de pratiques d’hygiène adaptées à ce contexte d’urgence sanitaire. Ici, un réservoir d’eau souple.
M
6
oins d’un an après le séisme qui a
ravagé le pays et causé la mort de plus
de 250 000 personnes, le choléra s’est brusquement déclaré en octobre dernier, favorisé par des conditions sanitaires toujours
désastreuses. Selon les autorités, entre 600
et 800 nouveaux cas apparaissent chaque
jour. Le dernier bilan fait état de près de
216 000 personnes infectées. 4 131 sont
décédées*.
Présente dans les sites de déplacés de Portau-Prince, où vivent encore plus 800 000
personnes, SOLIDARITES INTERNATIONAL
coordonne ses actions avec les ONG médicales Alima, Merlin et Médecins du Monde
pour contrôler l’épidémie. « Nos équipes
distribuent des kits choléra, composés de
savons et de comprimés de purification
d’eau, détaille Géraldine Bernard, coordinatrice eau et assainissement. Nous construisons des latrines et assurons leur entretien.
Nous vidangeons les puits, ainsi que les
réservoirs d’eau potable, et gérons la collecte des déchets. En cas de choléra avéré,
les équipes désinfectent les habitations par
la pulvérisation de solution chlorée. »
Docteur Pierre Gazin
Médecin tropicaliste, chercheur
de l’Institut de Recherche pour
le Développement (IRD)
• Depuis plusieurs siècles, le choléra s'est propagé
à de nombreuses reprises depuis son réservoir
d'origine dans le delta du Gange et du
Brahmapoutre, au Bengale, vers le reste du
monde. Très contagieuse et fréquemment mortelle si elle n’est pas traitée, cette maladie se
transmet par voie orale : par l’eau, par la nourriture et par les mains souillées. Elle est le résultat
d’une absence d’hygiène et d’une méconnaissance de cette infection.
• En Haïti, tout a débuté entre le 14 et le 16 octobre
2010 quand les excrétas de soldats népalais des
forces des Nations unies, dont certains étaient porteurs de la bactérie, ont été déversés directement
dans le fleuve Artibonite. En aval, l’apparition sur
un temps très court d’une maladie inconnue dans
ce pays et la mort de plusieurs dizaines de
malades ont entraîné une grande peur et la fuite
de beaucoup. L’épidémie s’est alors propagée.
• Le choléra provoque une perte d’eau et
d’électrolytes (ions contenus dans le sel par
exemple) par la diarrhée et par les vomissements
qui peut dépasser 10 % du poids du corps en
24 h. Il faut donc apporter autant d’eau et
d’électrolytes que la personne en a perdus. Un
traitement par voie orale suffit tant que le
malade est conscient. Il dure de quelques heures
à quatre jours. Quand le traitement est bien
effectué, le risque de décès est très faible.
• Le traitement des malades n’empêche pas la propagation de l’épidémie car les porteurs sains du
germe sont bien plus nombreux que les malades.
La prévention est plus difficile à mettre en place.
Il faut empêcher les nouvelles contaminations par
les mesures d’hygiène personnelle (lavage des
mains, traitement de l’eau de boisson, défécation
dans des latrines) et collectives (fourniture d’eau
potable, gestion des excréta). L’efficacité repose
sur des actions de long terme portant sur
l’éducation générale et sur les infrastructures.
Encore plus de 800 000 déplacés
Un temps freinée par une hausse de
l’insécurité suite aux élections présidentielle et législatives qui ont occasionné des
violences urbaines, cette action d’urgence
continue. « Le choléra peut être endigué si
on laisse travailler les ONG, précise
Grégory Bulit, référent eau, hygiène et
assainissement chez SOLIDARITES INTERNATIONAL. Une fois que le malade est pris
en charge et qu'une prévention est mise en
place, on a toutes les chances d'enrayer la
progression de la maladie. Mais il faudra
continuer ce travail de prévention au moins
sur toute l'année 2011. Parallèlement, nous
soutenons la reconstruction des quartiers
et la réinstallation des habitants.
Déblaiement, reconnexion des réseaux,
réhabilitation de réservoirs… Les gens
reviendront plus vite s’ils ont accès à des
services de base. » RD
*
Source gouvernementale au 28 janvier 2011
SOLIDARITES INTERNATIONAL
« Tout a débuté
le 14 octobre »
PORT-AU-PRINCE Robinets d’eau potable installés
par SOLIDARITES INTERNATIONAL dans un des
nombreux camps de déplacés autour de la capitale.
VU A LA TELE
ARTE a diffusé le 22 janvier dernier un
reportage de Michel Dumont sur notre
action à Petit-Goâve.
A voir et à revoir sur notre site :
www.solidarites.org
7
DOSSIER SPECIAL JOURNEE MONDIALE DE L’EAU
La technique seule ne suffit pas
SOLIDARITES INTERNATIONAL
EXPERTISE En situation d’urgence ou de reconstruction, nos équipes
terrain fournissent aux populations les plus vulnérables aux maladies
hydriques un accès adapté et digne à l’eau potable, à l’hygiène et à
l’assainissement.
8
BANGLADESH Campagne de sensibilisation à l’hygiène. Améliorer les conditions sanitaires et d’hygiène
est crucial pour réduire le risque de maladie diarrhéique.
Actions d’urgence
Approvisionnement par camions ou par
bateaux-citernes, distribution de purifiants, de
kits hygiène, installation de réservoirs souples
et de stations de potabilisation, construction
et réhabilitation de réseaux d’eau et de
latrines, gestion des déchets… Tel est le panel
de solutions mises en œuvre par les équipes
de SOLIDARITES INTERNATIONAL pour améliorer en urgence les conditions sanitaires et
d’hygiène de populations affectées par une
catastrophe naturelle ou un conflit.
« Dans les camps de déplacés haïtiens et
de réfugiés soudanais, dans les villes
afghanes et les villages pakistanais,
explique Grégory Bulit de SOLIDARITES
INTERNATIONAL, référent eau, hygiène et
assainissement de l’ONG, nous intervenons
là où le manque d’eau potable et les conditions sanitaires précaires, parfois aggravés
par la surpopulation, génèrent des risques
importants pour la santé et pour la survie
des populations. »
Des solutions dignes, adaptées et durables
Au fil des années, SOLIDARITES INTERNATIONAL
a développé un savoir-faire efficace dans la
conception et la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques. Adaptées aux réalités locales, puits, forages, sources aménagées
et autres réseaux d’eau potable peuvent
répondre aux besoins essentiels de plusieurs
centaines de milliers de personnes. « La technique n’est que la partie visible de l’iceberg,
précise Jean-Marc Leblanc, référent eau,
hygiène et assainissement. Le procédé choisi
est le fruit d’une approche sociale globale qui
va assurer à nos actions efficacité et pérennité. Cette démarche est la condition sine qua
non pour que les populations s’approprient
nos réalisations et soient en capacité de les
gérer et de les entretenir.
RDC A Béni, dans le Nord Kivu, six ans de travaux et
5,19 millions d’euros ont permis à SOLIDARITES
INTERNATIONAL d’élaborer, en étroit partenariat
avec la population et les acteurs locaux, un service
de distribution d’eau continu, rapide (10 minutes
au lieu de 3 heures), à la portée de tous (0,35 €/m3)
et desservant sept jours sur sept 240 000 personnes,
contre moins de 8 000 auparavant, par le biais
de 150 bornes fontaines.
SOLIDARITES INTERNATIONAL
CONSTANCE DECORDE/SOLIDARITES INTERNATIONAL
POTABILISATION Simple, innovant et peu coûteux
(40 €), le filtre à sable permet d’approvisionner une
famille de cinq personnes en eau potable. Un procédé
qui est le fruit d’une approche sociale globale.
S’attaquer aux causes mêmes des épidémies
A l’image de nos actions en République
Démocratique du Congo, où le choléra s'est
installé depuis plusieurs décennies, nos
équipes sont aujourd’hui capables de mettre
en œuvre des programmes d’envergure dont le
principe est de s’attaquer aux causes mêmes
des crises épidémiques. Du Nord Kivu au
Katanga, SOLIDARITES INTERNATIONAL a
construit et réhabilité des réseaux d’eau dans
plusieurs villes, sans oublier d’élaborer des systèmes de gestion citoyenne, donnant un accès
durable à l’eau potable et à l’assainissement à
près de 500 000 personnes. RD
9
REPORTAGE
CONSTANCE DECORDE /SOLIDARITES INTERNATIONAL
Les naufragés du Sindh
ISOLES A l’image des habitants de ce village en pleine séance de promotion à l’hygiène, plusieurs millions
de Pakistanais restent dépendants de l’aide humanitaire.
PAKISTAN Présente depuis début septembre dans une des régions
les plus touchées par les inondations, SOLIDARITES INTERNATIONAL
intervient dans une multitude de sites de déplacés et de villages
transformés en îles. Un reportage de Constance Decorde.
S
10
ur l'embarcadère improvisé, Ghayoor et
Rabia, deux de nos promoteurs à l'hygiène, attendent le bateau. C’est le seul
moyen d’atteindre le village de Kormiani,
encore complètement encerclé par les eaux.
Coupés du reste du monde, ses 150 habitants
restent, depuis la catastrophe, entièrement
dépendants de l'aide humanitaire.
L’embarcation longe les rives de cette terre
devenue lac, faisant défiler les très sommaires abris de fortune fabriqués par des villageois dont les maisons ont été détruites ou
englouties. Après 30 minutes de traversée au
milieu de décombres de bâtiments en ruines,
nous arrivons à destination. Dans le village,
qui regroupe une vingtaine de maisons, nous
sommes attendus avec impatience par les
habitants. SOLIDARITES INTERNATIONAL
vient jusqu'ici leur apporter de l'eau potable
et délivrer des séances de promotion à l'hygiène. Nos équipes leur ont installé le seul
point d’eau.
Une situation sanitaire très précaire
Après les salutations d'usage, le thé et les biscuits chaleureusement offerts par ces
hommes et ces femmes qui n’ont pourtant
rien, des groupes se forment. Les sessions de
promotion à l’hygiène commencent.
L'ambiance est studieuse, les visages graves.
Tout le monde écoute avec attention les messages délivrés : faire bouillir l'eau de cuisson,
CONSTANCE DECORDE /SOLIDARITES INTERNATIONAL
se laver les mains, utiliser les latrines. Dans
une situation sanitaire aussi critique
qu’exceptionnelle, tout le monde a pris
conscience de l'importance de respecter de
bons comportements d'hygiène et d'assainissement.
Entre deux démonstrations, je suis emmenée
par des femmes qui tiennent à me faire visiter
leurs maisons. Leur village est extrêmement
pauvre. L'isolement forcé causé par les inondations n'a rien arrangé. Malgré leur dénuement,
les sourires et les rires tendent à faire oublier
que nous nous trouvons loin de tout et
qu’elles ont perdu le peu qu’elles possédaient.
Lorsque les sessions de promotion à l’hygiène
se terminent et que nous reprenons le bateau,
c’est avec la sensation unanime que nous
sommes ceux qui ont le plus reçu. CD
SINISTRES 300 000 personnes bénéficient
de notre action humanitaire.
INONDATIONS 20 millions
de personnes affectées
Dix ans de pluviométrie en une semaine.
Le Pakistan a connu l’été dernier les pires
inondations de son histoire. Près de
20 millions de personnes ont été affectées
par cette catastrophe sans précédent.
L’eau a recouvert des villages entiers, isolé
et expulsé leurs habitants. Polluée par les
déchets humains, animaux et chimiques,
mélangée aux eaux usées, elle a contaminé les réseaux d’eau potable, les puits,
les réservoirs et les nappes phréatiques,
exposant les survivants aux maladies. Dès
septembre, SOLIDARITES INTERNATIONAL
est intervenu en urgence dans le Sindh, au
sud du pays, pour répondre aux besoins
vitaux des populations sinistrées en
termes d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène. Approvisionnement
en eau, installation de latrines, mise en
place de stations de potabilisation, promotion à l’hygiène… 300 000 personnes bénéficient de notre action humanitaire.
La Fondation d’entreprise Solucom, qui soutient habituellement des projets liés
à l’enfance défavorisée, a répondu positivement à notre appel pour participer
au financement de notre mission au Pakistan. Tout comme Schneider Electric,
spécialiste de la gestion d’énergie.
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TCHAD
« Renforcer les moyens de subsistance »
INTERVIEW Responsable de la cellule technique, Peggy Pascal
revient du sud-est du Tchad. Elle fait le point sur les programmes mis en place dans des conditions logistiques et
sécuritaires difficiles auprès des réfugiés centrafricains et des
populations hôtes.
Où travaillons-nous au Tchad et pourquoi ?
Nos équipes travaillent dans la région frontalière du Salamat, où de nombreux
Centrafricains ont trouvé refuge, poussés par la
crise politique qui fait rage dans leur pays. Face
à cette forte poussée démographique, il s’agit
de répondre aux besoins humanitaires essentiels des populations les plus vulnérables,
qu’elles soient hôtes ou réfugiées.
A quelles difficultés sommes-nous confrontés dans cette zone ?
Lors de la saison des pluies, il est impossible
d’accéder à certaines zones et donc d’en sortir
pendant plusieurs semaines, voire plusieurs
mois. Dans cette région enclavée, les inondations (2010) succèdent aux sécheresses (2008,
2009), détruisant les récoltes. Enfin, la situation
sécuritaire est fragile. Des rebelles centrafricains passent régulièrement la frontière pour
attaquer commerçants et convois humanitaires.
SOLIDARITES INTERNATIONAL
En quoi consistent nos programmes ?
12
SALAMAT Pour faire face aux déplacements
forcés de nombreuses populations fuyant
le conflit en République de Centre-Afrique,
SOLIDARITES INTERNATIONAL mène des
programmes d’accès à l’eau potable, d’aide
alimentaire et d’appui à l’autosuffisance.
Nous travaillons à améliorer les conditions
d’accès à l’eau potable, à l’assainissement
et à l’hygiène en construisant ou en réhabilitant des ouvrages d’eau (puits, forages,
latrines). En plus des distributions alimentaires, nous aidons les populations à améliorer le rendement de leurs productions agricoles et à diversifier leurs moyens de
subsistance : formation des agents de promotion agricole, distribution de semences et
d’outils, ateliers de fabrication de jarres traditionnelles de stockage des semences…
Parce que nous sommes la seule ONG à travailler dans cette zone sur ces problématiques, nous allons rester pour continuer
à mettre en place ces actions. RD
SOUDAN
Intervention d’urgence
contre la fièvre noire
L
soigner, mais aussi leurs accompagnants,
puisque le traitement nécessite une hospitalisation allant de 17 à 30 jours. Nous leur
avons prodigué des sessions de promotion à
l’hygiène afin d’améliorer leurs pratiques de
base comme le lavage de mains, l’utilisation
des latrines et la gestion de l’eau, et ainsi éviter la propagation de cette maladie mortelle.
L’épidémie est retombée en février dernier.
Nous avons alors équipé quatre cliniques
pour leur fournir un accès à l’eau potable et à
l’assainissement. » RD
e Soudan vient de connaître sa pire épidémie de leishmaniose viscérale depuis huit
ans. Egalement connu sous les noms de
Kala’azar ou de fièvre noire,
c’est le parasite le plus meurtrier après le paludisme. Il se
transmet par la piqûre d’une
mouche des sables à l’origine
de symptômes comme la fièvre,
la diarrhée ou l’anémie. Si la
maladie n’est pas traitée rapidement, elle entraîne la mort.
En novembre, 8 324 personnes
étaient touchées. Plus de
300 millions y ont succombé.
« Une ONG médicale nous a
demandé une assistance
d’urgence en eau, hygiène et
assainissement dans ses quatre
centres de santé situés dans
l’état de l’Upper Nile, explique
Mickaël Touzinaud, responsable du programme. Nous
avons amélioré l’accès à l’eau
potable et à l’assainissement
de près de 6 000 personnes : INSALUBRE Mickaël Touzinaud, responsable du programme,
les malades venant se faire à côté d’un seau d’eau puisée dans le Nil, foyer de la maladie.
Smart Pharma Consulting, qui nous fait confiance pour la quatrième année consécutive, soutient notre intervention au Sud Soudan.
DR
EPIDEMIE Nos équipes ont fourni
un accès à l’eau potable et à
l’assainissement à près de 6 000
malades venus se faire soigner
dans des centres de santé du sud
du pays.
13
SOLIDARITES INTERNATIONAL
INITIATIVES
Nos programmes au Bangladesh sont mis en place en
partenariat avec l’Union Européenne et le Centre de Crise
MARATHON DE BARCELONE
THOMAS LOISEL
ILS ONT COURU POUR NOUS
14
Le 6 mars, les 16
coureurs du Groupe
Athlétique de Noisyle-Grand (GANG) ont
participé au marathon de Barcelone au
profit de notre association, grâce au site
jecollectepoursolidarites.org. « Nous avons créé notre
page de collecte et décidé que notre objectif, en plus
de finir le marathon, serait de récolter 4 220 €, soit 1 €
par tranche de 10 mètres parcourus, expliquait
Laurent avant le départ. » Si comme ces amoureux de
la course à pieds, l’idée de vous investir pour SOLIDARITES INTERNATIONAL vous séduit, rendez-vous sur :
www.jecollectepoursolidarites.org
EXPOSITION
SOLIDARITES
INTERNATIONAL
INTEGRE SIENCES PO
Dans le cadre de la semaine
de l’adaptation au changement climatique, l’Institut
d’Etudes Politiques de Paris
accueille, du 4 au 8 avril,
une exposition sur notre
action au Bangladesh
auprès des populations touchées par le cyclone Aila en
2009. 30 clichés réalisés par
des photographes bengalis,
qui mettent en avant les
besoins criants des personnes affectées, mais aussi
les défis qui restent à relever près de deux ans après
le passage du cyclone, le 25
mai 2009. Un événement
organisé par l’Institut du
développement durable et
des relations internationales
(Iddri) et par l’association
Sciences Po Environnement.
Du 4 au 8 avril
Hall du bâtiment
René Rémond
13 rue de l’Université
Paris VII
Informations et inscriptions sur www.iddri.org
MERCI au groupe
Service danse événement qui a organisé le
concert Dance for Haïti,
le 2 novembre à
Sarcelles, au profit de
nos programmes en
Haïti.
Votre guide pratique
DECLARATION D’IMPÔTS
VOS DONS 2010 Chers donateurs, vous allez recevoir votre déclaration d’impôts sur le revenu. N’oubliez pas de déduire une partie
des dons que vous avez souhaité adresser à SOLIDARITES
INTERNATIONAL.
T
rois semaines après l’enregistrement de
chacun de vos dons, un reçu fiscal vous a
été automatiquement envoyé par la poste.
Si vous avez opté pour le prélèvement automatique, vous recevrez un reçu fiscal unique
en avril, cumulant tous vos dons prélevés en
2010.
Ces reçus fiscaux vous permettront de justifier
vos dons auprès des impôts. Ils sont à envoyer
avec votre déclaration d’impôts en version
papier. Gardez-les précieusement si vous
effectuez votre déclaration par internet.
CONTACT
Chargée des Relations
Donateurs et Testateurs,
Eugénie Brière se tient
à disposition pour toute
information.
01 80 21 05 93
[email protected]
S. LE CLEZIO
Vous n’avez pas votre reçu fiscal ?
Perte, changement de coordonnées postales, problème informatique… Il est possible qu’il vous manque un ou plusieurs
reçus fiscaux. Pensez à nous demander les
duplicatas le plus rapidement possible afin
que nous ayons le temps de les éditer et de
vous les envoyer. Privilégiez l’appel téléphonique et les e-mails aux courriers postaux.
Lors de votre demande :
• indiquez vos nom, prénom et adresse postale, ainsi qu’un numéro de téléphone pour
vous joindre rapidement si besoin,
• précisez le montant et la date du don pour
lequel vous souhaitez un duplicata.
DR
DEDUCTION Mode d’emploi
Vos dons sont déductibles des impôts à hauteur de
75 %, dans la limite de 513 € de dons annuels. Audelà, la déduction passe à 66 % sur le montant restant. Enfin, si vos dons dépassent 20 % de votre
revenu net imposable, l’excédent pourra être reporté
sur les cinq années suivantes. Vos dons sont à inscrire
dans la case UD de votre déclaration. Si vous avez
versé plus de 513 €, inscrivez 513 € dans la case UD
et portez le supplément dans la case UF.
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