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Dossier La violence conjugale post-séparation, une réalité bien présente. La violence conjugale post-séparation, son exposition aux enfants Par Mme Kathleen ADELAIRE, Panel de Démographie familiale, ULg. Un des projets de l’Axe Violence du Service Egalité des Chances de la Province de Luxembourg pour 2013 était d’approcher la notion de « violence conjugale postséparation sur le territoire provincial ». Les objectifs étaient d’informer sur le concept de violence conjugale post-séparation, de sensibiliser aux spécificités de ce type de violence conjugale et de promouvoir la réflexion sur l’enfant exposé à la violence conjugale post-séparation auprès des professionnels et du grand public. Pour ce faire, le Service s’est adressé au Panel de Démographie familiale pour mener une étude exploratoire de type qualitative. 1. Quelques chiffres a) En Belgique Les statistiques de la Police1 divisent les Violences Intrafamiliales (VIF) en quatre catégories : VIF physiques, VIF sexuelles, VIF psychiques et VIF économiques. Parmi celles-ci, nous retrouvons celles perpétrées dans le couple (en addition avec celles envers des descendants et celles envers d’autres membres). De 2005 à 2011, en Belgique, les VIF perpétrées dans le couple ont augmenté : de 77,39% pour les VIF physiques, de 157,45% pour les VIF sexuelles, de 8,68% pour les VIF psychiques et de 206,99% pour les VIF économiques2. De 2005 à 2011, les coups et blessures volontaires entre partenaires ou ex-partenaires ont augmenté de 80,80 % pour les accusations et ont diminué de 41,66% pour les tentatives. Vu le faible nombre de VIF sexuelles, il est difficile de se rendre compte d’une quelconque évolution. En ce qui concerne l’accusation de coups et blessures volontaires entre partenaires ou ex-partenaires, les chiffres augmentent de 253,69% de 2005 à 2009 et diminuent ensuite de 2009 à 2011. Les tentatives rapportées restent, quant à elles, peu nombreuses. 2. Fréquence de la violence post-conjugale 16,70% des femmes ayant été en contact avec leur exconjoint au cours des 12 derniers mois ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de celui-ci (JASPARD et al., 2003). Dans le sous-groupe des femmes ayant eu des enfants avec leur ex-conjoint, neuf sur dix avaient subi des agressions verbales ou physiques (JASPARD et al., 2003). Pour 61% des femmes vivant des violences conjugales après la séparation, il s’agit d’une continuation (37%) ou d’une aggravation (24%) des violences précédentes ; dans 39% des cas, ces violences ont débuté après la séparation (HOTTON, 2001). En Grande-Bretagne, 37% des femmes victimes de violences conjugales rapportent que ce phénomène continue après la rupture et d’après quelques-unes, les faits les plus graves surgissent précisément après la séparation. « Comparée à une femme mariée, une femme séparée a une probabilité de subir des violences conjugales 30 fois plus élevée et une femme divorcée 9 fois plus élevée » (BROWNRIDGE, 2006, cité par ROMITO, 2011, p. 90). b) Dans la province du Luxembourg Les VIF physiques et psychiques ont évolué en deux phases. De 2005 à 2008, les VIF physiques ont augmenté de 41% puis diminué de 19,35% de 2008 à 2011. Les VIF psychiques, quant à elles, ont augmenté de 161% de 2005 à 2009 pour ensuite décroître de 11,07% de 2009 à 2011. Les VIF économiques ont également évolué en deux phases : elles ont connu une forte croissance (151,72) de 2005 à 2009 puis ont diminué. Les VIF économiques ont davantage fluctué au cours de ces 7 années. 1 Statistiques policières de criminalité (Police Fédérale - CGOP / Données de Gestion), Rapport semestre 1 de 2012. 2 Notons toutefois que ces statistiques peuvent autant indiquer une augmentation du phénomène décrit qu’un accroissement du nombre de faits actés dans les pv, accroissement lui-même dû à une augmentation du nombre de plaintes (suite à des campagnes médiatiques, par exemple) ou à des changements de politique (tolérance zéro envers ce type de faits). 30 3. Caractéristiques de la violence post-conjugale Il ne semble pas y avoir de lien direct entre la violence conjugale post-séparation et l’existence de violences conjugales avant la séparation mais la plupart des professionnels s’accordent pour dire qu’un climat relationnel particulier devait déjà être présent dans le couple. Il semblerait qu’on parle de « violence conjugale postséparation » lorsque la violence préexistait dans le couple et de « séparation conflictuelle » lorsqu’il y a conflit suite à un deuil douloureux (garde des enfants, maison, etc.).