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en retour, la méditation apparaît grâce à la lecture qu’ils en font, comme une manière simple et
concrète d’aider chacun à aller mieux.
L’apport principal de la méditation, dans cette perspective, est de découvrir que le tumulte mental qui
joue un rôle pénible pour les patients prisonniers de leurs émotions ou qui sont déprimés, n’est
qu’une succession d’événements mentaux. Au lieu de vouloir les supprimer, les dominer, il faut entrer
en rapport avec eux.
L’un des apports les plus remarqués est la MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy) qui vise à
éviter la rechute de la dépression. Les cognitivistes qui ont élaboré ce programme (Zindel Segal,
John Teasdale et Mark Williams) ont montré comment la dépression était perpétuée par des
ruminations incessantes, reposant sur la non-acceptation d’états émotionnels douloureux et par la
mise en place de stratégies de lutte pour quitter ces états. Or ces stratégies sont inefficaces et
conduisent à l’épuisement et au sentiment d’échec. Ils se sont donc intéressés à la méditation comme
moyen de mettre un terme au processus des ruminations. C’est là une analyse classique et
traditionnelle de la pratique de la méditation que l’on trouve décrite dans les textes bouddhiques.
Cette perspective a été développée en France par Christophe André, Frédéric Rosenfeld,
Yasmine Lienard et par le travail de l’Association pour le développement de la mindfulness [10].
Parallèlement à ce développement autour de la méditation qui est souvent – et bien maladroitement –
désignée dans les textes français par l’anglicisme Mindfulness, s’est développée la Thérapie
d’acceptation et d’engagement (ACT). L’ACT – puisque l’usage est ici de « parler » par
acronyme – reprend l’observation neutre, sans aucun jugement, des pensées afin de permettre au
patient d’accepter ce qu’il traverse. L’ACT s’appuie sur le constat que les efforts effectués pour
éviter la souffrance inhérente à toute existence, favorisent le développement et le maintien d’un large
spectre de psychopathologies plutôt que de nous en protéger. Autrement dit, lutter contre ses pensées
et ses émotions, loin de nous en délivrer, les renforce. Ces thérapeutiques retrouvent ainsi le sens de
l’attention nue que la méditation permet de découvrir et de cultiver. À la différence des autres formes
de thérapeutique, il s’agit ici de véritables méditations guidées présentées au sein de protocoles, qui
sont encadrées par des médecins.
II. – Se tourner vers la poésie et l’art moderne
1. L’éveil ou le dérèglement des sens
Dans L’Éveil des sens, John Kabat-Zinn souligne que : « Nos plus grands poètes s’engagent dans de
pro- fondes explorations de l’esprit, des mots et de la relation intime entre les paysages intérieur et
extérieur, tout comme les plus grands yogis et enseignants des traditions méditatives [11]. » En effet,
les principaux échos de l’expérience méditative se trouvent dans la poésie et plus largement dans
l’art. La chose surprend, parce que nous avons tendance à placer la méditation du côté de la
psychologie ou de la religion.
Le phénomène est pourtant décisif. Notre rapport à ce que nous nommons « la réalité » est le plus