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E D I TO R IAL
bjectif Doctrine N° 40
Comme le numéro précédent, ce numéro 40 d’Objectif Doctrine est consacré à la doctrine actuelle des forces
terrestres, élaborée à la fin des années 90 et toujours en vigueur en cette année 2003.
Après l’aperçu général sur l’emploi des forces donné dans le numéro 39, sont abordés maintenant des aspects
particuliers de cet emploi, avec notamment des points rapides sur la façon dont les fonctions opérationnelles
terrestres sont assurées sur le terrain. A ces articles de la rubrique Doctrine, s’ajoutent la présentation d’autres
doctrines alliées dans la rubrique Etranger, d’autres Libres réflexions intéressantes sur la tactique, mais aussi
l’opératique et la stratégie, ainsi que, bien sûr, les Cahiers du RETEX, avec en particulier un article historique
du général de division BAILEY, directeur du DGD&D 1, qui a bien voulu s’exprimer dans nos colonnes, comme
l’avait fait le général ALCAZAR, adjoint doctrine du MADOC 2, dans le numéro précédent.
Avec ces deux numéros consacrés à la doctrine actuelle des forces terrestres, les lecteurs d’Objectif Doctrine
devraient mieux connaître les règles d’emploi de ces forces, aux différents niveaux de commandement, qui vont
du Land Component Command au groupe de combat ou à la cellule de base, en passant par les différentes grandes
unités et formations, et leurs structures de commandement en engagement opérationnel.
Ces règles, ces structures, sont décrites dans les nombreux documents qui constituent désormais la doctrine des
forces terrestres, élaborée pour et avec les forces, qui vont l’appliquer avec l’intelligence de situation, le sens du
terrain et l’initiative nécessaires. Commandants de grande unité, de groupement, d’unité, officiers d’état-major
doivent trouver dans ces manuels, notices, mémentos, les modes d’action et organisations du commandement possibles qu’ils pourront adapter à leurs situation et mission, sans pour autant les noyer dans des détails inutiles ou,
au contraire, les laisser livrés à eux-mêmes, sans règles pratiques d’action, éprouvées sur le terrain, mais non figées.
Une doctrine ne peut pas être figée puisque, par définition, elle évolue avec le contexte politico-militaire, les
concepts et doctrines interalliés et interarmées, et surtout les moyens dont les forces disposent. Le récent conflit
en Irak, dont les enseignements doivent maintenant être tirés, nous a déjà montré qu’il y avait à la fois des
constantes et des aspects nouveaux dans chaque opération. Les principes fondamentaux de la manœuvre
demeurent, même si les équipements actuels (futurs, parfois pour nous) permettent davantage d’actions dans la
profondeur et une meilleure maîtrise de l’information.
Encore faut-il connaître parfaitement à tous les niveaux de commandement les savoir-faire que nécessite
l’ô combien difficile combat de haute intensité et donc se consacrer encore et toujours à l’instruction, à l’entraînement et à la mise en condition opérationnelle des unités et P.C. qui vont ou peuvent être engagés. L’armée
du Second empire, formée (ou déformée) par les opérations dans les colonies, n’a pas résisté à l’armée allemande,
bien préparée à ce qu’on n’appelait pas encore un conflit majeur en Europe. Cette dernière avait tiré les leçons de
la dure défaite prussienne de 1806 et s’était préparée aux « engagements futurs ».
Les forces terrestres françaises professionnalisées forment un outil affûté pour toutes les actions prévues dans les
missions des forces armées. La doctrine en donne le « mode d’emploi », de plus en plus pratique, le plus clair
possible, écrit en français, mais lisible en anglais par tous, conforme aux normes OTAN, adapté aux opérations
interarmées. Il convient donc de l’appliquer, de le faire évoluer avec l’outil qui l’accompagne et, c’est sans doute le
plus important, de préparer dès maintenant de nouveaux modes d’action, rendus possibles par de nouveaux
systèmes d’armes, et aussi de nouvelles structures de commandement, grâce aux systèmes d’information et de communications en progrès constant.
Cependant, tous ces systèmes et équipements performants ont besoin, pour avoir toute leur efficacité, de chefs et
d’exécutants instruits, entraînés aux missions les plus difficiles et, avant toute opération, préparés à celle-ci. Aussi,
pour la formation des futurs chefs, qui sont l’avenir de notre armée, la synergie doctrine- enseignement militaire
supérieur est-elle fondamentale. Un prochain numéro d’Objectif Doctrine lui sera d’ailleurs consacré au deuxième
semestre 2003, après celui qui présentera les réflexions en cours sur l’Action terrestre future (ATF.
La Rédaction
1 Directorate General of Development and Doctrine- commandement responsable de la préparation de l’avenir et de l’élaboration du concept et de la doctrine des forces
terrestres britanniques.
2 Mando Adiestramiento y Doctrina- Commandement responsable de la doctrine et de la formation pour l’armée de terre espagnole.
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