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2012
Le Maître des Illusions
Pascal Charpentier
Livret
Création
Production
C
n
o
i
t
réa
Thierry DEBROUX
Théâtre Royal du Parc, Bruxelles, le 22 novembre 2012
Théâtre Royal du Parc
Direction musicale : Pascal CHARPENTIER
Mise en scène : Sybille WILSON
Décors et lumières : Jim CLAYBURGH
Costumes : Lionel LESIRE
Conception sonore : Daniel LEON
Conduite des tours et sélection des illusions : Pierre DHERTE
Création des illusions et coach en magie : Luc POPPE
Coach apnée : Gilles DEPREZ
Chanteurs
Le Maître - Orphéo Trimégi : José VAN DAM
Fantin Trimégi : Pierre DHERTE
Marguerite : Pascale VYVÈRE
Alice : Anouchka VINGTIER
Docteur Munch : Benoît VAN DORSLAER
Musiciens
Pianiste : Julie DELBART
Percussionniste : Louison RENAULT
Quatuor Tana :
Premier violon : Antoine MAISONHAUTE
Deuxième violon : Chikako HOSODA
Violon Alto : Maxime DESERT
Violoncelle : Jeanne MAISONHAUTE
A v o i r. . .
Au Théâtre Royal du Parc - Bruxelles
22 novembre au 22 décembre + 31 décembre
De 5 à 25 € - Réservations : + 32 2-505.30.30
Comme annoncé dans l’éditorial, voici une création totalement hybride. Bien que nous utilisions d’ habitude pour les œuvres atypiques une présentation moins formelle, nous avons
pour plusieurs raisons fait le choix de conserver la présentation que nous réservons usuellement aux pièces du Répertoire.
Déjà pour saluer avec toute la solennité qui s’impose la présence de José van Dam dont le
nom à lui seul équivaut à apposer sur l’affiche de cette pièce l’estampille « Valeur Sûre »…
Lionel Pauly
Pages suivantes, Entretiens avec :
José van Dam , Thierr y Debroux, Pascal Charpentier, Sybille Wilson et Pierre Dherte
Toutes les photos, sauf mention contraire, sont signées Isabelle de Beir.
16
Anouchka Vingtier - José van Dam
Pour nous inscrire aussi dans la continuité de la démarche de Thierry Debroux qui, avec
son Maître des Illusions, fait « sauter les barrières » entre théâtre et opéra, Grandes
Maisons et institutions plus modestes. Et puisque nous en sommes à bouleverser usages et
convenances, allons y franchement ! Nous avons pulvérisé la traditionnelle hiérarchie tacite qui consiste à présenter le Chef, puis le Metteur en scène, puis les Artistes participants…
Comment définir la pièce maîtresse d’un édifice quand nous avons le plaisir d’accueillir
dans nos colonnes l’Instigateur, le Compositeur, le Librettiste, le Metteur en scène, le Rôletitre… nous ouvrirons donc ce dossier avec le Baron aux Yeux Verts, sans qui, nous l’avons
tous compris, ce projet n’aurait probablement jamais vu le jour.
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M
Le
Le
Programmation, production et Livret
Le Maître des Illusions
Thierry Debroux
Photo : Alice Piemme / AML
«
JOSÉ
VAN DAM :
THIERRY
DEBROUX :
Du pur plaisir
Plus de tabous !
Voici à peu près deux ans Thierry Debroux m’a demandé si cela me tentait de jouer au Théâtre Royal du Parc
dans un spectacle signé de lui… et j’ai dit oui ! Le spectacle est inhabituel et riche de multiples facettes :
chant, parole, magie, émotion…
Œuvre hybride et séduisante
On
Onpourrait
pourraitpenser
penserque
queLeLeMaître
Maîtredes
desIlluIllusions
sionsest
estun
unspectacle
spectaclede
dethéâtre,
théâtre,mais
maislala
musique
musiquene
nemanque
manquepas,
pas,composée
composéepar
par
Pascal
PascalCharpentier
Charpentierqui
quiaadéjà
déjàécrit
écritde
denomnombreuses
breusesetetbelles
bellespartitions.
partitions.Ici
Iciun
unorchestre
orchestre
de
desix
sixmusiciens
musiciens: :quatuor
quatuorààcordes
cordesavec
avec
un
unpiano
pianoetetdes
despercussions.
percussions.Dans
Danslalaprepremière
mièrepartie,
partie,jejechante,
chante,tout
toutvavabien
bien! !Dans
Dans
laladeuxième
deuxièmeles
lesprotagonistes
protagonistesparlent,
parlent,
mais
maispour
pourmoi
moicela
celane
nechange
changepas
pasgrand
grand
chose
chose: j’ai
: j’aitoujours
toujoursestimé
estiméqu’un
qu’unchanteur
chanteur
devait
devaitêtre
êtrebon
boncomédien,
comédien,simplement
simplement
nous
nouschantons
chantonsalors
alorsque
queles
lesautres
autresparlent.
parlent.
LeLeMaître
Maîtredes
desIllusions
Illusionsreste
restedans
dansun
unenvienvironnement
ronnementmusical,
musical,cela
celame
meplait
plait: :penpendant
dantcinquante
cinquanteans
ansj’ai
j’aiexercé
exercélelemétier
métierde
de
l’opéra,
l’opéra,cette
cettepassion
passionne
nem’a
m’ajamais
jamaisquitquitté,
té,etetma
macuriosité
curiositéaatoujours
toujoursété
étéassez
assezgrangrande
dedans
danstous
tousles
lesdomaines
domainesmusicaux
musicauxetet
théâtral,
théâtral,lalatransition
transitions’est
s’estdonc
doncpassée
passée
naturellement.
naturellement.J’ai
J’aichangé
changéde
decamp
camp: main: maintenant
tenantjejeparle
parleetetcela
celam’amuse
m’amusebeaucoup.
beaucoup.
EtEtpuis
puisj’ai
j’aitoujours
toujoursaimé
aimévarier
varierun
unpeu
peumes
mes
plaisirs,
plaisirs,par
parexemple
exemplej’ai
j’aidéjà
déjàdirigé
dirigédeux
deux
ou
outrois
troisfois
foisun
unorchestre
orchestresymphonique…
symphonique…
Dans
Dansnotre
notrevie
vieililyyaadeux
deuxmots
motsessentiels
essentiels: :
amour
amouretethumour,
humour,les
lesdeux
deuxsont
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pièce.
pièce.J’y
J’ytrouve
trouvelalafinesse
finesseque
quej’aime
j’aime: :
Thierry
ThierryDebroux
Debrouxn’en
n’enest
estpas
pasààses
sesdébuts,
débuts,
ililest
estcomédien
comédienetettrès
trèsbon
bonécrivain,
écrivain,leletextexteteest
estémouvant
émouvantetetplein
pleinde
debeauté.
beauté.LaLapièpièceceest
estfine,
fine,agrémentée
agrémentéede
dejeux
jeuxde
demots
mots
drôles,
drôles,c’est
c’estbien
bienfait
faitd’un
d’unbout
boutààl’autre.
l’autre.
Finie la magie blanche !
Pierre Dherte et José van Dam
débutnous
noussommes
sommestrois
trois: :mon
monfils,
fils,sasa
Audébut
Au
femmeetetmoi.
moi.Nous
Nouschantons
chantonstous,
tous,car
carj’ai
j’ai
femme
voulufuir
fuirlelemonde
mondedans
danslequel
lequelj’ai
j’aiperdu
perdu
voulu
celleque
quej’aimais,
j’aimais,tout
toutoublier,
oublier,ààtel
telpoint
point
celle
quejejene
neme
mesouviens
souviensmême
mêmeplus
plusavoir
avoirparparque
lé.En
Eneffet,
effet,ililyyaabien
bienlongtemps,
longtemps,ma
mafemfemlé.
meest
estmorte
mortedans
dansun
untour
tourde
demagie
magiedont
dont
me
refusede
dedévoiler
dévoilerlelesecret
secretààmon
monfils
fils: :
jejerefuse
toutel’intrigue
l’intriguetourne
tourneautour
autourde
dececesecret.
secret.
toute
Unejeune
jeunefille
fillesurgit
surgitsoudain
soudainde
del’autre
l’autre
Une
monde,celui
celuioù
oùl’on
l’onparle.
parle.Nous
Nousqui
quiavons
avons
monde,
oubliéceceque
queparler
parlerveut
veutdire
diresomme
sommetrès
très
oublié
étonnés,mais
maispetit
petitààpetit
petitelle
ellenous
nousentraîentraîétonnés,
nedans
dansson
sonunivers
universààelle.
elle.
ne
Monfils
filsest
estamoureux
amoureuxde
decette
cettearrivante,
arrivante,etet
Mon
moiaussi,
aussi,persuadé
persuadéque
quec’est
c’estlalaréincarnaréincarnamoi
tionde
dema
mafemme,
femme,avec
aveclaquelle
laquellej’essaie
j’essaie
tion
toujoursavec
avecun
unpeu
peude
despiritisme
spiritismede
de
toujours
reprendrecontact
contact: :««pour
pourmoi,
moi,finie
finielala
reprendre
magieblanche,
blanche,j’ai
j’aibien
bienmieux
mieuxentre
entreles
les
magie
mains,
mains,j’ai
j’aitraversé
traverséleleStyx
Styxen
enchantant,
chantant,car
car
leleStyx
Styxest
estlalaseule
seulefaçon
façond’amadouer
d’amadouerlala
mort
mort».».On
Onsesedispute
disputeun
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cettenounouvelle
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venue: :leleglissement
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J’ai dans cette production la double casquette de directeur du théâtre qui accueille le spectacle, et de librettiste.
Librettiste ou une autre appellation d’ailleurs, car je n’ai pas écrit un livret d’opéra, ni une pièce de théâtre, mais
un peu de chaque…
Pourquoi et comment ce Maître des Illusions ?
Une
Unevraie
vraiedémarche
démarcheculturelle
culturelle
L’opéra
L’opérapeut
peutdonner
donnerl’impression
l’impressionparfois
parfois
d’un
d’unmonde
mondeun
unpeu
peuinaccessible,
inaccessible,etet
même
mêmesisiune
unecertaine
certaineproportion
proportionde
denos
nos
spectateurs
spectateursdu
duThéâtre
ThéâtreRoyal
Royaldu
duParc
Parcvava
ààl’opéra,
l’opéra,c’est
c’estloin
loind’être
d’êtrelalamajorité
majorité: :ce
ce
sont
sontavant
avanttout
toutdes
despassionnés
passionnésde
dethéâtre
théâtre
etetpas
pasforcément
forcémentd’opéra.
d’opéra.AAce
cetitre,
titre,jeje
pense
penseque
quece
cespectacle,
spectacle,outre
outrel’intérêt
l’intérêt
qu’il
qu’ilpeut
peutprésenter
présenterintrinsèquement,
intrinsèquement,
constitue
constitueaussi
aussiune
unebonne
bonneinitiation
initiationàà
l’opéra.
l’opéra.Dans
Danslelemême
mêmeesprit,
esprit,nous
nousavons
avons
beaucoup
beaucoupd’écoles
d’écolesaussi
aussiqui
quiviennent
viennent
chez
cheznous,
nous,etetleur
leurlaisser
laisserentrevoir
entrevoirààtratravers
versune
unepièce
piècede
dethéâtre
théâtreles
lesrichesses
richessesde
de
l’opéra
l’opéraetetde
delalavoix
voixest
estune
uneexcellente
excellente
chose.
chose.Ainsi
Ainsiqu’en
qu’enatteste
attestenotre
notreproprogrammation,
grammation,ouvrir
ouvrirce
cethéâtre
théâtrehistorihistoriquement
quementtrès
trèsclassique
classiqueààd’autres
d’autresarts
artsest
est
aussi
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démarchedélibérée,
délibérée,etetce
ce
Maître
Maîtredes
desIllusions
Illusionsen
enest
estune
unedes
desplus
plus
belles
bellesdémonstrations.
démonstrations.
etetmoi
moinous
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beaucoupaidés
aidésetetrégurégulièrement
lièrementililrevenait
revenaitvers
versmoi,
moi,mais
maisau
au
fond
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pourévoquer
évoquerdes
despoints
pointschirurgichirurgicaux
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s’esttrès
trèsvite
viteapproprié
appropriéleleproprojet.
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plusililétait
étaittrès
trèsheureux
heureuxetettrès
trèsfier
fier
d’écrire
d’écrireen
ensachant
sachantque
queJosé
Josévan
vanDam
Dam
allait
allaitdire
direetetchanter
chantercela.
cela.IlIlétait
était««super
super
motivé
motivé»»etetaatravaillé
travaillérapidement,
rapidement,mais
mais
La
Laconfiance
confianceau
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départ
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AApartir
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canevasde
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l’histoire««en
en pas
gros
gros»»est
estvenu
venuassez
assezvite
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ence
cequi
quime
me
« José van Dam, le déclencheur »
concerne.
concerne.Puis
Puisnous
nousavons
avonschoisi
choisiune
unedisdistribution.
tribution.Tous
Tousont
ontaccepté
acceptéavec
avecenthouenthousiasme,
siasme,sans
sansavoir
avoirrien
rienlulude
delalapièce,
pièce,etet
jejesuis
suistrès
trèsreconnaissant
reconnaissantààtoutes
toutesces
cesperpersonnes
sonnesde
delalaconfiance
confiancequ’ils
qu’ilsont
ontaccoraccordée
déeau
auprojet,
projet,c’est
c’esttrès
trèsémouvant.
émouvant.PréPrécisons
cisonsque
quePascal
PascalCharpentier
Charpentieretetmoi
moi
avons
avonsbeaucoup
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travailléensemble,
ensemble,etetilil
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estcertain
certainque
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notrecomplicité
complicitéaafacilifacilitétéles
leschoses.
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suite,
suite,sans
sansavoir
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quejejen’avais
n’avaispas
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encoreécrite,
écrite,nini
entendu
entenduune
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puisquePascal
PascalCharCharpentier
pentiern’avait
n’avaitrien
riencomposé.
composé.Avec
Aveclele
recul,
recul,jejeme
medis
disqu’il
qu’ilaaaccepté
acceptéd’emblée
d’emblée
parce
parcequ’il
qu’ilaaprobablement
probablementsenti
sentiqu’il
qu’il
allait
allaitbien
biens’amuser.
s’amuser.
José
Josévan
vanDam,
Dam,leledéclencheur
déclencheur
Texte
Texteetetmusique
musique: :vite
viteetetbien
bienp! l!et
Sans
Sanss’étendre
s’étendresur
surl’historique
l’historiquedes
des
choses,
choses,disons
disonsque
quej’avais
j’avaisdepuis
depuislonglongtemps
tempsààl’esprit
l’espritl’écriture
l’écritured’une
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piècede
de
théâtre,
théâtre,etetquand
quandj’ai
j’aiappris
apprisque
queJosé
Josévan
van
Dam
Damqui
quisouhaitait
souhaitaitseseretirer
retirerdes
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scènes
lyriques
lyriquesaprès
aprèslalacarrière
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saitétait
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s’essayerau
authéâtre,
théâtre,cela
celaaaété
été
leledéclencheur.
déclencheur.JeJelui
luiaiaiimmédiatement
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proposé
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deseseproduire
produirecomme
commecomécomédien
diensur
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cela
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théâtreetetpas
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mises
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l’écriture
de
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pièceetetdu
dulivret
livret
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naturellement.
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Pascal
Pascal
Charpentieraamis
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environ
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six
six
mois
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19
Composer un
opéra et
presque une
musique de film
M
aî
tre
Le
Pascal Charpentier - D. R.
«
Dans la cas « usuel » de la composition d’une musique d’opéra, le compositeur travaillant en partant du livret
qu’il a reçu. C’est la situation que j’ai connue par exemple dans L’Homme qui s’efface donné à Rouen. Mais
le cas du Maître des Illusions est tout autre : au départ il y a un texte de théâtre, divisé en deux parties séparées par un entracte. Or ces parties sont organisées tout à fait différemment l’une de l’autre : dans la première partie tout est chanté, alors que dans la deuxième on trouve un mélange de scènes parlées, de scènes chantées et un
épilogue totalement chanté… ce qui modifie sensiblement l’approche globale de la composition de l’œuvre.
Quand j’ai commencé à composer, avant d’écrire une note, je me suis posé la question de savoir quels compositeurs
auraient été éventuellement sollicités pour faire ce genre de chose. J’ai pensé à Danny Elfman qui a composé pour
les films de Tim Burton et fait des musiques en animation. J’ai pensé aussi au film L'Imaginarium du Docteur
Parnassus, et quelques autres. Je n’ai pas du tout fait ce qu’eux ont fait, mais y penser m’a donné des voies de
réflexion pour trouver un univers un peu particulier.
L’agencement de la pièce
La
Lapremière
premièrepartie
partie
La
Lapremière
premièrepartie
partiedans
danslaquelle
laquelletout
toutest
est
chanté
chantépeut
peutsesetraiter
traiterde
demanière
manièreclassique,
classique,
exactement
exactement comme
comme d’habitude.
d’habitude. En
En
revanche
revancheelle
elleprésente
présentelalaparticularité
particularitéde
de
laladistribution,
distribution,etetquand
quandThierry
ThierryDebroux
Debroux
m’a
m’aprésenté
présentécela
celajejesuis
suisdemandé
demandécomcomment
mentj’allais
j’allaism’en
m’ensortir
sortir: :j’ai
j’ailelegrand
grandJosé
José
van
vanDam,
Dam,chanteur
chanteurd’opéra,
d’opéra,une
unechanteuchanteusesetype
type««chanson
chansonfrançaise
française»,»,donc
doncpas
pas
une
unevoix
voixlyrique,
lyrique,etetun
uncomédien
comédienqui
quichanchante.
te.Mon
Monavantage
avantagelà-dessus
là-dessusétait
étaitd’avoir
d’avoir
déjà
déjàtravaillé
travailléavec
avecles
lesprotagonistes
protagonisteshormis
hormis
José
Josévan
vanDam,
Dam,etetde
deconnaître
connaîtreexactement
exactement
les
lescompétences
compétencesvocales
vocalesde
dechacun.
chacun.C’est
C’est
toujours
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beaucoupplus
plusconfortable
confortablede
de
savoir
savoirpour
pourqui
quion
onécrit.
écrit.
Sur
Surleleplan
planvocal
vocalcela
celadonne
donneschématischématiquement
quementceci
ceci: :lele««comédien
comédienqui
quichanchantete »» aa une
une voix
voix du
du type
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Opéra de
de
quat’sous
quat’sous»,»,lalachanteuse
chanteusepourrait
pourraitseseraprapprocher
procher d’une
d’une voix
voix de
de bonne
bonne comédie
comédie
musicale
musicale(de
(delalabonne,
bonne,j’insiste),
j’insiste),etetJosé
José
van
vanDam
Damreste
resteJosé
Josévan
vanDam,
Dam,mais
maisavec
avec
une
unevoix
voixlyrique
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simple».».L’objectif
L’objectifétait
était
de
defabriquer
fabriqueravec
avecces
cescomposants
composantsassez
assez
disparates
disparatesun
uncocktail
cocktailqui
quiait
aitbon
bongoût.
goût.
J’ai
J’aicommencé
commencépar
parune
unehésitation
hésitation: :allaiallaijejedemander
demanderààJosé
Josévan
vanDam
Damde
dene
nepas
pas
chanter
chanter««lyrique
lyrique»»etetde
deprendre
prendreune
unevoix
voix
««normale
normale»»??JeJeconfesse
confesseavoir
avoirhésité,
hésité,etet
au
audernier
derniermoment
momentjejeme
mesuis
suisabstenu.
abstenu.
Comment
Commentoser
oserdemander
demanderààJosé
Josévan
vanDam
Dam
de
dene
nepas
pasêtre
êtreJosé
Josévan
vanDam
Dam??Dans
Danslalaprapratique,
tique,ililaaimmédiatement
immédiatementcompris
comprisque
quelele
plateau
plateaune
neressemblait
ressemblaiten
enrien
rienààceux
ceuxdont
dont
ililaal’habitude,
l’habitude,etetaalégèrement
légèrementmodulé
modulésasa
voix
voixpour
pourfournir
fournirààl’ensemble
l’ensembleune
unecohécohérence
renceharmonieuse.
harmonieuse.
Mais
Maisililest
estimportant
importantde
depréciser
préciserque
queces
ces
différences
différencesvocales
vocalesentre
entreles
lesprotagonistes
protagonistes
sont
sont nécessaires
nécessaires sur
sur lele plan
plan dramaturdramaturgique.
gique.Thierry
ThierryDebroux
Debrouxavait
avaitparfaitement
parfaitement
intégré
intégréce
ceparamètre
paramètredans
dansson
sonlivret,
livret,etetdu
du
coup
coup ces
ces voix
voix d’horizons
d’horizons différents
différents
conviennent
conviennentparfaitement,
parfaitement,cela
celafait
faitaussi
aussi
partie
partiede
del’histoire.
l’histoire.Plutôt
Plutôtque
qued’unifier
d’unifierles
les
voix,
voix,leurs
leursdifférences
différencesapportent
apportentquelque
quelque
chose
choseau
auspectacle.
spectacle.
moments
momentsdu
dudialogue
dialoguechoisis
choisispar
parlelemetmetteur
teuren
enscène,
scène,de
delalamusique
musiqueààl’arrière
l’arrière
plan
plansous-tend
sous-tendlelepropos.
propos.
Une
Unefois
foisque
queSybille
SybilleWilson
Wilsonaaeu
eutravaillé
travaillé
sur
surlalapartition
partitionde
delalapremière
premièrepartie,
partie,nous
nous
nous
noussommes
sommesrencontrés
rencontrésetetelle
ellem’a
m’aalors
alors
indiqué
indiquéces
cesmoments
momentssur
surlesquels
lesquelselle
ellesousouhaitait
haitaitmettre
mettrede
delalamusique.
musique.Pour
Pourguider
guider
lalacomposition
compositionelle
ellem’a
m’afourni
fournisurtout
surtoutdes
des
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intentionsd’humeur
d’humeur: :««Tristesse
Tristesse»,»,««gaîgaîtété»,»,««amusement
amusement»…
»…
Pour
Pourcomposer
composercette
cetteseconde
secondepartie,
partie,leletextextete- -on
onne
nepeut
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plusparler
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livretpusique
pusique
c’est
c’estun
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textede
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théâtre- -m’a
m’adonné
donnéune
une
ambiance,
ambiance,etetaussi
aussilalavision
visiondu
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metteuren
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scène
scène: :comme
commechacun
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sait,une
unemême
même
scène
scènepeut
peutêtre
êtreselon
selonlelemetteur
metteuren
enscène
scène
perçue
perçuedifféremment.
différemment.L’exercice
L’exerciceest
estassez
assez
compliqué,
compliqué,etetles
lesrépétitions
répétitionsaffinent
affinentleletir.
tir.
IlIlfallait
fallaitaussi
aussiune
unemusique
musiquesur
surles
lesgrands
grands
tours
toursde
demagie,
magie,etetlàlàjejetraduis
traduisdans
danslala
musique
musiquelaladramaturgie
dramaturgiedu
dutour.
tour.JeJepense
pense
par
parexemple
exempleau
autour
tourmajeur
majeurdu
duWater
WaterTorTorture
tureCell
Cell: :c’est
c’estvraiment
vraimentimpressionnant
impressionnant
La
Ladeuxième
deuxièmepartie
partie
etetmême
mêmesisijejesais
saisque
quetout
toutest
estsécurisé,
sécurisé,on
on
La
Ladeuxième
deuxièmepartie
partieest
estconstituée
constituéemajorimajori- n’est
n’estjamais
jamaisààl’abri
l’abrid’un
d’unratage
ratageetetj’ai
j’aisinsintairement
tairementde
descènes
scènesparlées.
parlées.AAcertains
certains cèrement
cèrementpeur
peurparfois.
parfois.
et :
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17
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R
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20
L’orchestre
L’orchestre
Nous
Nousavons
avonsopté
optépour
pourune
uneforme
formeréduite,
réduite,
qui
quipuisse
puisseentrer
entrerdans
danslalapetite
petitefosse
fossedu
du
Théâtre
ThéâtreRoyal
Royaldu
duParc,
Parc,que
quenous
nousavons
avons
rouverte
rouvertepour
pourl’occasion
l’occasionaprès
aprèscinquante
cinquante
années
annéesd’inactivité.
d’inactivité.On
Onyytrouvera
trouveradonc
donclele
quatuor
quatuorààcordes
cordesclassique,
classique,un
unpiano
pianomais
mais
plus
plusgenre
genrecelesta
celestapour
pourlalacouleur
couleurde
delala
magie,
magie, etet un
un percussionniste
percussionniste classique
classique
avec
avectimbales,
timbales,vibraphone,
vibraphone,glockenspiel,
glockenspiel,
tamtam,
tamtam,tubulaires…
tubulaires…beaucoup
beaucoupd’instrud’instruments,
ments,mais
maispercussions
percussionsclassiques.
classiques.
Soutenir
Soutenirlaladramaturgie
dramaturgie
Le
Letexte
texteétait
étaitbien
bienécrit
écritpour
pourlelechant,
chant,mais
mais
parfois
parfoisles
lesmots
motsm’ont
m’ontparu
paruun
unpeu
peutrop
trop
fleuris,
fleuris,un
unlivret
livretefficace
efficacene
nedoit
doitpas
pasààmon
mon
sens
sens être
être trop
trop fleuri.
fleuri. Contrairement
Contrairement au
au
théâtre
théâtreoù
oùleletexte
texteporte
porteseul
seullaladramadramaturgie,
turgie, àà l’opéra
l’opéra lala musique
musique aussi
aussi doit
doit
avoir
avoirune
uneplace
place! !
Nous
Nousavons
avonséchangé
échangélà-dessus
là-dessusavec
avecThierThierryryDebroux,
Debroux,mais
maissur
surdes
despoints
pointsmineurs
mineurs: :
sachant
sachantque
quesasapièce
pièceallait
allaitêtre
êtrechantée
chantéeetet
pas
passeulement
seulementjouée,
jouée,ililavait
avaitintégré
intégréces
ces
paramètres,
paramètres,ce
cequi
quin’est
n’estpas
pastoujours
toujourslala
cas.
cas.Certains
Certainsauteurs
auteursde
dethéâtre,
théâtre,etetmême
même
de
debons
bonsparfois,
parfois,auxquels
auxquelsililest
estdifficile
difficilede
de
faire
fairecomprendre
comprendreque
quelalamusique
musiqueparticiparticipe
peààlaladramaturgie,
dramaturgie,seserévèlent
révèlentde
depiètres
piètres
librettistes
librettistes: :ce
cesont
sontvraiment
vraimentdeux
deuxmétiers
métiers
différents.
différents.C’est
C’estmême
mêmevrai
vraiaussi
aussiparfois
parfois
avec
avecles
lesmetteurs
metteursen
enscène,
scène,mais
maisici
icilele
nôtre
nôtre aa l’habitude
l’habitude du
du travail
travail àà l’opéra,
l’opéra,
alors
alorspas
pasde
desouci
soucide
dece
cecôté.
côté.
J’ai
J’aitravaillé
travaillélelelivret
livretchronologiquement,
chronologiquement,
etetquand
quandjejerencontrais
rencontraisune
unephrase
phrasediffidifficile
cileààchanter,
chanter,j’appelais
j’appelaisThierry
ThierryDebroux
Debroux
pour
pourchercher
chercherensemble
ensembleune
unesolution.
solution.JeJe
dois
doisbien
bienreconnaître
reconnaîtreque
quepour
pourun
unauteur
auteur
dont
dontc’est
c’estlelepremier
premierouvrage
ouvrageopératique,
opératique,
ilils’en
s’enest
estsuperbement
superbementsorti…
sorti…mais
maisnous
nous
avons
avonsaffaire
affaireààun
unauteur
auteurfort
fortréputé
réputéqui
quiaa
écrit
écritdes
despièces
piècessuperbes,
superbes,des
destéléfilms,
téléfilms,etet
beaucoup
beaucoupde
dechoses
chosestrès
trèsintéressantes.
intéressantes.
IlIl aa une
une vision
vision cinématographique,
cinématographique,
lyrique,
lyrique,bref
breflelespectre
spectrecomplet
completetetleletratravail
vailaaété
étévraiment
vraimentcombiné.
combiné.Lui
Luiaussi
aussifaifaisait
saitses
sescommentaires
commentairesetetme
medemandait
demandait
parfois
parfois de
de rajouter
rajouter ou
ou d’ôter
d’ôter quelques
quelques
secondes
secondesici
iciou
oulàlàpour
pourque
queson
sontexte
textesoit
soit
plus
plusfluide
fluidepar
parexemple.
exemple.Notre
Notretravail
travailaa
finalement
finalement consisté
consisté àà affiner
affiner ensemble
ensemble
pour
pour fournir
fournir au
au metteur
metteur en
en scène
scène une
une
œuvre
œuvrequi
quiait
aitdéjà
déjàune
unestructure
structureforte
forteau
au
point
pointde
devue
vuedramaturgique.
dramaturgique.C’est
C’esttoutoujours
joursbien
bienquand
quandon
onpeut
peuttravailler
travaillerdans
dans
un
untel
telesprit
espritde
decollaboration,
collaboration,j’avais
j’avaiseu
eulala
chance
chancede
depouvoir
pouvoirlelefaire
faireaussi
aussiavec
avecFréFrédéric
déricRoels
Roelsqui
quiavait
avaitécrit
écritlelelivret
livretde
demon
mon
précédent
précédentopéra.
opéra.
Compositeur, mode d’emploit :
lesortes
JeJecompose
composeààlalatable,
table,jejecontrôle
contrôleparfois
parfois est
estinscrit
inscritdans
dansune
uneroutine
routinequotidienne,
quotidienne, sisides
des
sortesponts
pontsentre
entre
toutesles
lesparties.
parties.
17toutes
certains
certainspassages
passagesau
aupiano,
piano,mais
maissans
sansplus.
plus.
Finalement
Finalementmon
montravail
travailest
estorganisé
organiséde
de
manière
manièreassez
assezbanale,
banale,comme
commeun
untravail
travail
de
debureau,
bureau,un
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travailquotidien
quotidiencomme
commeun
un
écrivain.
écrivain.Très
Trèsassidu,
assidu,jejen’ai
n’aipas
pasde
de««proproblème
blème d’inspiration
d’inspiration »,», àà laquelle
laquelle jeje ne
ne
crois
croisd’ailleurs
d’ailleursque
quepeu
peu: :jejecrois
croisau
autratravail.
vail.Objectivement
Objectivementcertains
certainsjours
jourson
onécrit
écrit
mieux
mieuxque
qued’autres.
d’autres.Mais
Maisl’acte
l’actechez
chezmoi
moi
pMaîtredes
N° estestununspectacle
m
Le
LeMaître
des
Illusions
Illusions
spectaclequi
qui
o
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s’adresse
s’adresse
àà un
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large public
public : : nous
nous ne
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sommes
sommes
pas
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dans
dans
une
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démonstration
démonstration
de
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musique
contemporaine,
contemporaine,
mais
mais
voulons
voulons
V
raconterune
unehistoire.
histoire.J’ai
J’aifait
faitlelechoix
choixde
de
ez- raconter
d
n
petits
petitsaria
ariaen
enmusique
musiquetout
toutààfait
faittonale,
tonale,qui
qui
e
R
voisineront
voisineront
d’autres
d’autres
petits
petits
passages
pasVoir
modaux,
sages modaux,
un peu un
comme
peu comme
on peut on
en
etetaprès,
après,plus
plustard,
tard,quand
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relistout,
tout,jeje
change
changeéventuellement
éventuellementcertaines
certaineschoses
choses
pour
pourde
demeilleures.
meilleures.
IlIlyyaadans
dansune
unecomposition
compositiondes
des««effets
effets
miroir
miroir ».».Au
Au début
début on
on développe
développe des
des
thèmes,
thèmes,presque
presquedes
desLeitmotive,
Leitmotive,que
quel’on
l’on
retrouvera
retrouveraplus
plustard
tardetetqui
quivont
vontrenvoyer
renvoyer
alors
alorsen
enamont,
amont,nous
nouspoussant
poussantààcorriger
corriger
des
deschoses
chosesantérieures
antérieuresetetconstituant
constituantainain-
trouver
peut endans
trouver
Debussy
dans par
Debussy
exemple.
par
«
CHARPENTIER :
Musique… et paroles
« … traduire musicalement la dramaturgie du tour »
Pierre Dherte et Anouchka Vingtier
tre
aî
M
PASCAL
« Pas de problème d’inspiration : je crois au travail »
Le
Composition & Direction musicale
Le Maître des Illusions
M
aî
tre
tre
aî
M
Le
Le
Le Maître des Illusions
Le Maître des Illusions
Thierry Debroux
Photo : Alice Piemme / AML
SYBILLE
WILSON :
PIERRE
DHERTE :
Vers la
transversalité
Mêler magie
et théâtre
Photo : Emilie Lauwers
Pierre Dherte - Photo : D. R.
Travail préliminaire
Dramaturgie
Dramaturgieadaptée
adaptée
Benoît van Dorslaer
Dans
Dans l’histoire
l’histoire qu’a
qu’a écrite
écrite Thierry
Thierry
Debroux,
Debroux,lalanarration
narrationaide
aideààl’intégration
l’intégration
de
dechaque
chaquemode
modeartistique
artistique: :lelesynopsis
synopsis
porte
porteen
enlui
luiune
uneraison
raisond’être
d’êtreààcette
cetterenrencontre
contrechant-parole-magie
chant-parole-magiequi
quifait
faitpartie
partie
de
delaladramaturgie
dramaturgiede
delalapièce.
pièce.La
Lasituasituation
tionest
estbien
bienloin
loinde
dece
cequ’on
qu’onaurait
auraitsision
on
essayait
essayait de
de simplement
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superposer ces
ces
trois
troisformes
formesbrutes.
brutes.
Confirmer
Confirmerles
lesintentions
intentions
Le
Lepremier
premiertravail
travailque
quej’estimais
j’estimaisimporimportant
tant aa été
été justement
justement de
de bien
bien confirmer
confirmer
dans
dansles
lesintentions
intentionsde
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miseen
enscène
scènecetcettetenécessité
nécessitéààavoir
avoirces
cestrois
troisformes,
formes,en
en
validant
validant les
les relations
relations entre
entre les
les personpersonnages
nages: :pourquoi
pourquoiililyyavait
avaitdu
duchant,
chant,ce
ce
qu’apportait
qu’apportaitlalaparole
paroleààl’un
l’unetetlelechant
chantàà
l’autre,
l’autre,etetquel
quelétait
étaitfinalement
finalementl’effet
l’effetdu
du
chant.
chant.Nous
Noussommes
sommesici
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dansune
unesorte
sorte
de
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huisclos,
clos,imposé
imposépar
parun
ungrand
grandmaître
maître
magicien
magicienpour
pourdes
desraisons
raisonsliées
liéesààlaladisdisparition
paritionde
desasafemme
femmedont
dontililn’a
n’apas
pasfait
fait
leledeuil.
deuil.Or
Orcette
cettefemme
femmeavait
avaitce
cepouvoir
pouvoir
sublime
sublime du
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chant, etet lele vieil
vieil homme
homme
impose
impose lele chant
chant àà son
son environnement.
environnement.
Puis
Puislelemaître
maîtreest
estchamboulé
chambouléetetsesevoit
voit
imposer
imposer de
de faire
faire lele deuil
deuil du
du chant,
chant, en
en
revenant
revenantààlalaparole,
parole,mode
moded’expression
d’expression
qui
quiétait
étaitlelesien
sienààl’origine,
l’origine,ililyyaabien
bienlonglongtemps.
temps.On
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Vo
«
Il y a fort longtemps que je pratique la magie, j’ai suivi ensuite des cours de théâtre, et j’ai assez rapidement
après abandonné la prestidigitation pour me consacrer au théâtre et au cinéma. Dès ma sortie de l’école de
théâtre, j’avais déjà imaginé intégrer la magie dans un environnement théâtral, et pas simplement présenter
aux spectateurs de la magie pure. Du coup j’ai monté avec des comédiens et une pianiste un spectacle qui a plutôt
bien marché et nous avons constaté que finalement ce spectacle convenait à tous les publics, aux spectateurs
friands de culture comme à un public plus large à la recherche de simple divertissement.
Dans ce contexte le Maître des Illusions est très intéressant, surtout parce qu’il y a une « vraie histoire », alors que
ce que j’avais fait avant était plus dans un esprit « cinéma muet ».
Tout corps plongé dans un liquide…
La
Lamagie
magiedans
danslelespectacle
spectacle
Pour
Pourcommencer,
commencer,Thierry
ThierryDebroux
Debrouxm’a
m’a
demandé
demandéune
unesorte
sortede
deliste
listede
detours
toursassez
assez
spectaculaires
spectaculairessusceptibles
susceptiblesde
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conveniràà
son
sonidée,
idée,puis
puisililaaconstruit
construitson
sonhistoire
histoire
autour
autourde
deces
cestours.
tours.Nous
Nousnous
noussommes
sommes
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retrouvésensuite
ensuitepour
pourtout
toutmettre
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enplaplace.
ce.Le
Letour
tourmajeur
majeurqui
quiest
estaussi
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nœud
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l’histoireest
estleleWater
WaterTorture
TortureCell.
Cell.
Le
Leprincipe
principeest
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d’enfermerààclé
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dansune
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enceinte
verticale
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l’objectif
étant
étantbien
biensûr
sûrqu’il
qu’ilpuisse
puisseseselibérer
libérerde
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ses
entraves
entravesetetdéverrouiller
déverrouillerles
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serruresààune
une
rapidité
rapidité suffisante
suffisante pour
pour échapper
échapper àà lala
noyade.
noyade.Vu
Vucomme
commecela
celac’est
c’estsimple,
simple,mais
mais
ililfaut
fautgarder
garderààl’esprit
l’espritque
quece
cetour
tourest
esttout
tout
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mêmedangereux
dangereuxetetque
quec’est
c’estun
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vrai
challenge
challenge: :lelepartenaire
partenaireaadû
dûsuivre
suivredes
des
cours
cours d’apnée
d’apnée etet tout
tout est
est très
très sécurisé
sécurisé
certes,
certes,mais
maisc’est
c’estsérieux.
sérieux.Ce
Cetour
tourest
estpréprésenté
sentéau
aufinal
finaldu
duspectacle.
spectacle.
La
Labase
basede
delalapièce
pièce
La
Labase
basede
delalapièce
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estsimple
simple: :elle
ellepréprésente
senteun
unvieux
vieuxmagicien
magicienincarné
incarnépar
parJosé
José
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rêvede
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secretde
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connaît
son
sonpère.
père.Mais
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difficilecar
carlalafemme
femmedu
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vieil
vieilhomme
hommeest
estmorte
mortedans
dansce
cetour.
tour.
Vient
Vientsesegreffer
grefferune
unejeune
jeunefemme
femmeéchapéchappée
péed’un
d’unasile,
asile,qui
quiarrive
arrivedans
dansce
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monde
clos
closààlalaTim
TimBurton
Burtonoù
oùsesecôtoient
côtoientlelevieux
vieux
magicien,
magicien,son
sonfils
filsetetson
sonassistante,
assistante,lalafemfemme
medu
dufils.
fils.Quand
Quandcette
cettejeune
jeunefemme
femmearriarrive,
ve,José
Josévan
vanDam
Damest
estpersuadé
persuadéde
desesetroutrouver
verdevant
devantlalaréincarnation
réincarnationde
desasafemme,
femme,
faisant
faisantsesecôtoyer
côtoyerlalamagie
magieblanche
blancheetetlala
magie
magiede
del’esprit
l’espritetetdu
duspiritisme.
spiritisme.
Un
Unpilier
piliernommé
nommévan
vanDam
Dam
J’ai
J’aileleplaisir
plaisirde
deconnaître
connaîtreJosé
Josévan
vanDam
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depuis
depuis
longtemps,
longtemps,etetnous
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voulait
voulait
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consacrer
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théâtre
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l’opéra.Du
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cette
cette
œuvre
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mêlant
mêlant
magie,
magie,
chant
chant
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théâtre
théâtreétait
étaitvraiment
vraimentl’occasion
l’occasionrêvée,
rêvée,àà
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lalafois
foispour
pourJosé
Joséde
defaire
faireses
sespremiers
premierspas
pas
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pournous
nousd’avoir
d’avoirun
unparteparten
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naire
nairehors
horsdu
ducommun.
commun. Et
Et puis cet
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univers
universmêlant
mêlantchant
chantet
et jeu devient
V
sasaréalité
réalitéààlui…
lui…
«
«
Au départ je suis musicienne et mon activité de metteur en scène a commencé dans le monde lyrique. Depuis
quelques années, j’élargis mon approche pour tenter des créations plus transversales, des genres mixtes, avec
toutes les difficultés et tous les enrichissements que cela peut apporter. Difficultés aussi parce que les
mélanges confrontent à différents styles artistiques portant chacun leurs spécificités qu’il est parfois difficile de
faire se rencontrer.
Pierre Dherte
et
Benoît van Dorslaer