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Le dossier documentaire accompagnant l’exposition est téléchargeable sur le site Internet du Jeu de Paume, rubrique « Educatif /ressources ». – S’interroger avec les élèves sur le thème ou le sujet que l’on retrouve dans ces images. Pour chacune, étudier le cadrage et le point de vue. Imaginer les conditions de la prise de vue ainsi que le rapport entretenu entre le photographe et son modèle. – Entamer ensuite une réflexion sur l’intention que pouvait avoir chacun de ces photographes en réalisant ce type d’image. Auprès de quel public et sur quel support ces photographies peuventelles être diffusées (livres, expositions, conférences, journaux…) ? Pourrait-on déterminer un usage ou une « fonction » pour ces images ? – Prolonger le débat sur la question du document photographique. Peut-on dire que ces images sont strictement documentaires ? Peut-on imaginer que certaines d’entre elles intègrent une part de fiction ou de mise en scène ? Si oui, cela remet-il complètement en cause leur valeur de témoignage ? – Quels points communs et quelles différences entre ces images et celles produites par Taryn Simon pour la série The Innocents ? ❙ « Brian De Palma : Mais The Innocents [2002] ne traitait-il pas précisément de la photographie comme agissante, pas simplement comme un document, mais comme un objet ayant un effet ? Taryn Simon : Dans ce travail, j’ai abordé l’ambiguïté de la photographie, et ses dangers. Les hommes que j’ai photographiés étaient victimes d’une erreur d’identification. On les avait condamnés pour des crimes qu’ils n’avaient pas commis, sur la foi d’un matériel visuel, de portraits robots dessinés, de séances d’identification, mais surtout de photographies. Des victimes et des témoins oculaires ont identifié ces hommes d’après des photographies que la police leur avait présentées. Leur identification reposait sur des souvenirs visuels précis. Mais avec la répétition des confrontations et des manipulations, sciemment ou inconsciemment, les photographies ont remplacé le souvenir du véritable 50 · Pistes de tr avail auteur du crime, pour autant qu’il y en ait eu un. BDP : Mais alors ensuite vous introduisez comme un rebondissement dans l’intrigue, en amenant l’“auteur” du crime désigné par une erreur d’identification sur le lieu du crime qu’il n’avait jamais vu. TS : La scène du crime représente cet endroit où ils n’avaient jamais mis les pieds mais qui avait changé leur vie pour toujours. Les hommes photographiés avaient imaginé ce lieu, durant le procès, en prison, en rêves, mais il était dépourvu de point d’ancrage visuel réel. » [« Blow‑up, discussion entre Brian De Palma et Taryn Simon », in Vues arrière, nébuleuse stellaire et le bureau de la propagande extérieure. Œuvres de Taryn Simon, Paris, Jeu de Paume / Cherbourg, Le Point du Jour Éditeur / Londres, Tate, 2015, p. 133.] – Étudier des cas d’erreurs judiciaires et leurs mises à jour. Analyser le contexte, la constitution des jurys, les rôles du procureur et des avocats, la présentation des chefs d’accusation de la condamnation, la peine, les raisons de la révision du procès, le rôle des nouvelles connaissances scientifiques (tests ADN par exemple). Vous pouvez vous appuyer sur l’article (en anglais) « Life After Death Row » de Sara Rimer, publié le 10 décembre 2000 dans le New York Times Magazine et dans lequel Taryn Simon présente des portraits de personnes innocentées suite à une erreur judicaire (accessible en ligne sur : http:// partners.nytimes.com/library/magazine/ home/20001210mag-deathrow.html). – Le thème de l’erreur judiciaire est très fréquent dans le cinéma américain. Retrouver des films dans lesquels ce thème est un élément principal de l’intrigue et qui traitent du rôle complexe joué par les jurys (Fury de Fritz Lang, Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger, Le Faux coupable d’Alfred Hitchcock, 12 hommes en colère de Sidney Lumet, Présumé innocent de Alan Pekula…). En quoi la composition des jurys peut-elle poser problème ? Quels types d’arguments utilisent les jurys lors des débats qui les animent ? À quoi servent les reconstitutions des crimes ? Quels types de suspects sont mis en scène dans ces films ? Quelle image de la justice ces films donnent-ils ? ❙ Poursuivre les recherches autour des usages de la photographie en étudiant les procédures d’identification, les photographies d’identité et les portraits robots. « A Living Man Declared Dead réunit 922 portraits, se trouvant dans la première section de chacun des chapitres. Réalisés à l’aide d’un appareil numérique de haute résolution, tous ces portraits photographiques de format moyen répondent à des critères clairement définis et similaires qui résultent d’un contrôle des paramètres de la prise de vue. […] La réalisation de ces conditions au moment de la prise de vue entraîne une standardisation des portraits tant sur le plan du contenu que de la composition esthétique. Assis sur un tabouret (de hauteur identique) devant un arrière-plan de couleur ivoire, les personnages aux visages impassibles fixent l’objectif. Les photos présentent un fond neutre, un éclairage uniforme, une clarté descriptive, un cadrage moyen et une vue frontale. […]. De cette utilisation de la photo découle un vocabulaire formel, lequel tend à rappeler les portraits photographiques à vocation scientifique ou documentaire (portrait d’identité, photographie criminelle et anthropologique, etc.) qui devaient et, dans le cas du portrait d’identité, doivent encore respecter des protocoles bien établis lors de la prise de vue. Sans s’étendre sur ce sujet, il n’est pas vain de mentionner que la mise en place de protocoles photographiques à la fin du xıxe siècle visait avant tout à atteindre l’objectivité, celle-ci source de vérité. En limitant l’intervention du photographe, on croyait alors garantir l’authenticité du portrait. » [Mirna Boyadjian, « A living Man Declared Dead and Other Chapters (2008-2011), p. 4-5 : archives de la disparition », téléchargeable en ligne : https://independent.academia.edu/ MirnaBoyadjian] – Faire des recherches sur Alphonse Bertillon, la « photographie anthropométrique » et la mise en place du « service de l’identité judiciaire » en 1893 à la préfecture de police de Paris. Pourquoi paraît-il nécessaire d’imposer un protocole de prise de vue dans le cadre des usages judiciaires du portrait photographique ? Peut-on résumer l’application de ce protocole ?