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5. CONFORTEMENT DES FONDATIONS
OU PONT MARIE (PARIS)
5.1. MODE DE FONDATION
Le pont Marie est
cle dont les piles
reposent sur des
d'un platelage en
de l'étiage.
un ouvrage du début du XVII'' sièen maçonnerie de pierre de taille
pieux en bois par l'intermédiaire
bois situé légèrement au-dessus
5.2. RECONNAISSANCE ET DESORDRES
OBSERVES
Jusqu'en 1946 des «chômages» annuels permettaient de «voir» les platelages insuffisamment protégés par les enrochements, de les rebloquer et de
les regarnir. Les impératifs de la navigation et surtout les désordres importants causés aux ouvrages
annexes : perrés, murs de quai, fondations des
ouvrages ont conduit à supprimer ces rabais d'eau.
Dans le cadre des visites des fondations par plongeurs autonomes, le pont Marie était « vu » régulièrement sans qu'il attire particulièrement l'attention.
Les désordres cachés ont été décelés lors d'une
visite approfondie décidée par suite de la découverte de désordres sur un autre ouvrage : le pont
de Nemours.
Extrait du dossier du pont de Nemours de 1967.
« Bien que cet ouvrage ait fait l'objet de visites
en 1959, 1962, 1964 et 1965, aucune dégradation
n'avait été relevée sur la pile rive gauche, la base
des fondations de cette pile étant en grande
partie masquée par les dépôts d'alluvions. Les
visites avaient eu lieu dans les périodes allant de
juillet à septembre.
« Exceptionnellement en 1967, la visite a été
effectuée au mois d'avril. Au cours de l'hiver 19661967, il n'y a pas eu de fortes crues du Loing
mais un débit fort et constant... C'est ce qui a
permis de découvrir, le 24 avril 1967, les fondations de la pile rive gauche en grande partie
dégarnies et de constater que ces fondations, et
notamment les pieux, étaient en très mauvais état
et avaient subi une érosion importante...
« Une visité télévisée fut organisée en mai 1967.
On constata alors que les fondations de la pile
étaient entièrement dissimulées par les alluvions,
soit dans une situation semblable à celle des
précédentes visites. On effectua alors un dégagement des dépôts à l'aide de la lance Galeazzi de
façon à faire apparaître une dizaine de pieux, les
longrines, les traversines et le platelage.
« ... Lors de cette visite par télévision, on
constata que plusieurs pieux dégagés ne portaient
plus sous le massif de fondation. »
Le phénomène observé au pont de Nemours existait
également au pont Marie : des désordres au niveau
du platelage, de nombreux pieux n'étaient plus au
contact du platelage, les têtes des autres étaient en
très mauvais état. Les désordres existaient sur
toutes les piles en rivière.
5.3. REPARATION
Pour ne pas mettre l'ouvrage en péril, il fut décidé
d'exécuter la réparation à l'avancement par huitième
de pile.
Le travail consistait dans chaque zone en un nettoyage des bois à l'eau sous pression afin de les
dégager sur une hauteur suffisante pour permettre
le travail des hommes-grenouilles, soit 60 à 80 cm
environ.
Les pieux les plus abîmés ne portant plus (dans
la proportion d'environ 1 sur 3) étaient recépés dès
leur dégagement et on leur reconstituait une tête
porteuse. Pour cela, entre la partie recépée et le
dessous de la fondation, un coffrage télescopique
fut mis en place et injecté au mortier de ciment
sous pression. La liaison pieu-fondation étant de
nouveau assurée, le nettoyage pouvait être poursuivi (fig. E.20).
Lorsqu'une zone était nettoyée et les pieux réparés,
on la coffrait à l'aide de plaques de fibrociment
maintenues par des ancrages dans la maçonnerie
de la pile et un massif important composé de
gabions remplis de pavés de 20 x 20 x 20. Le
dessous de la fondation était ensuite bétonné pour
combler les vides laissés par le dégagement des
alluvions. Une armature reliait les têtes de tous
les pieux pour assurer une certaine solidarisation.
Toutes les piles furent traitées de la même façon.
Lorsqu'une pile était terminée, on injectait sous
pression modérée l'ensemble du massif par des
cannes d'injection qui avaient été laissées en place.
l-ig. E.20.
Confortement du
pont Marie (Paris)
Réfection des têtes
de pieux en bois.
Coffrage
Evenl de refoulement
'aune d'injection
Les photographies prises sur l'écran de télévision
montrèrent sans ambiguïté ces constatations : têtes
de pieux usées, longrines et traversines désorganisées. Une réparation urgente s'imposait.
Parallèlement, on commençait à connaître l'action
des détergents sur les bois immergés et leur plus
grande vulnérabilité à l'action abrasive des eaux.
Considérations et critiques de la réparation
Une visite approfondie
fut donc décidée. Elle
des dépôts d'alluvions
pour voir le platelage
L'état des pieux permet d'espérer qu'il existe une
bonne solidarisation bois-béton et que ce système
fonctionnera en cas de mise en suspension des terrains sous la réparation. On ne peut en être sûr.
des fondations du pont Marie
consista en un dégagement
à la lance à pression d'eau
et les pieux.
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