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membres qui le constituent en corps. Quoique Cordemoy n’emploie pas le
terme de constitution, on peut dire qu’il y une constitution physique des
sujets de l’Etat réformé qui doit être excellente, et une constitution tout aussi
excellente, les institutions politiques de ce même Etat184.
La circulation des esprits est un enjeu essentiel pour la conservation du
corps, ces esprits sont à distinguer de l’âme, le corps pourrait très bien
subsister, connaître les mécanismes de la faim, de la douleur sans avoir
d’âme. Ce qu’apporte l’âme dans son association au corps c’est la
conscience, ainsi le corps pourrait avoir faim, soif ou mal, mais sans en avoir
la conscience et la connaissance : « Il est certain en second lieu, qu’à ne
considérer que le coprs, il n’y a que deux choses, qui puissent causer les
différents mouvements du cerveau : savoir la différence des esprits, qui y
montent incessamment du cœur, ou celle des objets, qui en agitant les nerfs
des extrémités, transmettent leur action dans le cerveau. » (Six Discours sur
la Distinction et l’Union du Corps et de l’Ame, VI,op. cit., p.108)
Le corps relève des seules lois de la mécanique : « (…) Je considérerai
qu’en observant les divers changements qui arrivent dans mon corps, j’ai
reconnu qu’il n’a besoin que de son étendu, de la figure de ses parties, de leur
arrangement, et de la disposition de ses organes, pour être nourri, et pour être
mû. » « (…) et selon les lois de la Mécanique, qu’il ne demeure en chacun que
les particules qui sont propres. » (pp.98-99) « (...) De même j’ai trouvé que le
mouvement ne se fait que par les délicates parties de ce même sang, qui étant
plus échauffées que les autres, montent au cerveau, où forçant des passages
étroits, et se démêlant de toutes celles qui sont plus grossières, elles composent
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« Comme j’étais en cette peine, j’ai cru que l’Ambassadeur ayant remarqué que Monsieur
Conrart avait marché avec assez de difficulté pour l’aborder a incontinent ajouté. Cela,
Monsieur, n’est pas dit pour vous blâmer, car vous n’avez pas été élevé dans les exercices que
nous sommes obligés de faire dans les premières années de notre vie : et tout modéré que vous
êtes, vous pouvez être sujet à des maux que ceux de notre pays ne sauraient avoir, que par un
défaut de leur conduite. Comme l’on songe fort à leur rendre la santé parfaite, on les accoutume
dès la jeunesse à un grand exercice ; et on leur fait considérer comme de grands excés mille
choses, qui sont si ordinaires parmi nous, que la plupart même des plus honnêtes gens, qui ne
veulent pas manquer à ce qu’ils doivent à la société, ne s’en peuvent dispenser. » (De la
Réformation d’un Etat, opus citatus, p.158)