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170 membres qui le constituent en corps. Quoique Cordemoy n’emploie pas le terme de constitution, on peut dire qu’il y une constitution physique des sujets de l’Etat réformé qui doit être excellente, et une constitution tout aussi excellente, les institutions politiques de ce même Etat184. La circulation des esprits est un enjeu essentiel pour la conservation du corps, ces esprits sont à distinguer de l’âme, le corps pourrait très bien subsister, connaître les mécanismes de la faim, de la douleur sans avoir d’âme. Ce qu’apporte l’âme dans son association au corps c’est la conscience, ainsi le corps pourrait avoir faim, soif ou mal, mais sans en avoir la conscience et la connaissance : « Il est certain en second lieu, qu’à ne considérer que le coprs, il n’y a que deux choses, qui puissent causer les différents mouvements du cerveau : savoir la différence des esprits, qui y montent incessamment du cœur, ou celle des objets, qui en agitant les nerfs des extrémités, transmettent leur action dans le cerveau. » (Six Discours sur la Distinction et l’Union du Corps et de l’Ame, VI,op. cit., p.108) Le corps relève des seules lois de la mécanique : « (…) Je considérerai qu’en observant les divers changements qui arrivent dans mon corps, j’ai reconnu qu’il n’a besoin que de son étendu, de la figure de ses parties, de leur arrangement, et de la disposition de ses organes, pour être nourri, et pour être mû. » « (…) et selon les lois de la Mécanique, qu’il ne demeure en chacun que les particules qui sont propres. » (pp.98-99) « (...) De même j’ai trouvé que le mouvement ne se fait que par les délicates parties de ce même sang, qui étant plus échauffées que les autres, montent au cerveau, où forçant des passages étroits, et se démêlant de toutes celles qui sont plus grossières, elles composent 184 « Comme j’étais en cette peine, j’ai cru que l’Ambassadeur ayant remarqué que Monsieur Conrart avait marché avec assez de difficulté pour l’aborder a incontinent ajouté. Cela, Monsieur, n’est pas dit pour vous blâmer, car vous n’avez pas été élevé dans les exercices que nous sommes obligés de faire dans les premières années de notre vie : et tout modéré que vous êtes, vous pouvez être sujet à des maux que ceux de notre pays ne sauraient avoir, que par un défaut de leur conduite. Comme l’on songe fort à leur rendre la santé parfaite, on les accoutume dès la jeunesse à un grand exercice ; et on leur fait considérer comme de grands excés mille choses, qui sont si ordinaires parmi nous, que la plupart même des plus honnêtes gens, qui ne veulent pas manquer à ce qu’ils doivent à la société, ne s’en peuvent dispenser. » (De la Réformation d’un Etat, opus citatus, p.158)