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considère la tranche jusqu'à 3 ans d'ancienneté cette valeur s'élève à 49,3 pour cent pour les hommes et à 41,6 pour cent pour les femmes. La tranche supérieure à 10 ans d'ancienneté ne laisse pas non plus entrevoir une différence significative, car les valeurs dans ce cas se montent à 24,7 et 29 pour cent respectivement. Les différences quant à la distribution de la population masculine et féminine dans le spectre des activités économiques urbaines sont donc fort prononcées. La présence deux fois plus importante des femmes par rapport aux hommes dans la composition des chefs d'établissement économiques recensés est une donnée inhabituelle. Une interprétation préliminaire du phénomène - en attendant que les données du recensement de la population soient disponibles - ferait appel à deux facteurs démographiques: l'émigration masculine et le taux de participation féminine dans la population active. En effet, étant donné la proximité de la capitale, celle-ci exercerait une forte attraction sur la main-d'oeuvre masculine, les femmes restant à Ouidah pour y exercer des activités économiques étroitement associées au foyer, soit le petit commerce et la restauration. Par ailleurs, les données du tableau T6 font apparaître une proportion non négligeable (16,4 pour cent) d'enfants et déjeunes de moins de 15 ans exerçant des activités qui, dans leur totalité, relèvent du commerce de détail et de la restauration, activités par excellence féminines. Cette remarque est d'ailleurs valable, à quelque nuance près, pour les tranches d'âge allant jusqu'à 20 ans. Une dernière raison qui peut également expliquer la fréquence relative élevée des femmes tient aux instructions données aux enquêteurs quant aux méthodes de dénombrement des activités qui se voulaient exhaustives. De ce fait, les agents recenseurs devaient sillonner un quartier ilôt par ilôt, entrer dans les immeubles, monter à l'étage et rentrer dans les cours intérieures. Ils devaient se signaler à chaque local d'habitation et demander si une activité économique s'y exerçait. L'activité de tout ménage a donc été prise en compte dans la mesure où des biens et services sont destinés au marché. En l'espèce, ce sont surtout les métiers féminins qui ont été comptabilisés. 5. PERMANENCE DES ÉTABLISSEMENTS SUR LE MARCHÉ Si l'on examine les établissements recensés du point de vue de leur ancienneté (tableau T4), on remarquera que, dans l'ensemble, ils sont relativement jeunes: près de la moitié (47,7 pour cent) ont 3 ans d'existence ou moins; environ un sur cinq (22,1 pour cent) a été crée l'année du recensement. Comme il fallait s'y attendre, les unités itinérantes et ambulantes comptent, dans les tranches précédemment indiquées, avec les fréquences les plus élevées, toujours au-dessus des moyennes observées. Le commerce et la petite restauration sont en effet perçus comme des activités rémunérant immédiatement leur propriétaire, bien adaptées aux femmes et ne mobilisant pas des investissements importants. En revanche, les établissements sédentaires font preuve d'une plus grande stabilité, vu la proportion non négligeable (62,7 pour cent) d'activités qui se sont maintenues sur le marché pour plus de 5 ans. En particulier, les activités relevant des branches du bois, du textile et des services ont fait preuve de mieux résister à la crise économique des années 80, signe d'une plus grande capacité d'adaptation de ces micro-entreprises aux fluctuations du marché. On reconnaîtra enfin une situation intermédiaire chez les établissements semi-sédentaires dont les valeurs relatives à l'ancienneté sont très proches des tendances centrales moyennes. 13