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La première tentative de changement de stratégie échoua avec fracas et n’atteignit pas ses objectifs finaux. Le Plan Chontalpa eut un certain succès au niveau de l’installation d’infrastructures dans l’état de Tabasco, accordant des crédits et une assistance technique aux paysans, mais ce fut un fiasco en terme de participation communautaire. Il s’agissait d’une intervention verticale, sans consultation préalable des bénéficiaires potentiels. Les paysans ne s’identifièrent pas au projet et ils ne surent pas non plus utiliser et maintenir l’infrastructure correctement. Étant donnée l’importance de la zone tropicale humide (23 % de la superficie totale) pour l’avenir de l’agriculture mexicaine, le gouvernement décida de continuer sa nouvelle politique malgré l’échec du Plan Chontalpa. Cette fois, la stratégie inclut une composante de communication pour s’assurer de la participation active des communautés, et de cette façon, garantir que les communautés acceptent et s’approprient les propositions. Durant la période de recherche, qui eut lieu en 1977, une caméra vidéo fut utilisée pour aider les paysans à analyser leur situation et leur problèmes, pour enregistrer les réunions et montrer les images aux communautés durant le processus d’élaboration des plans futurs. La vidéo se révéla un outil excellent pour la motivation des paysans et leur rapprochement du processus de planification. Cela conduisit à l’élaboration d’un projet spécifique avec une composante importante de communication, où la vidéo jouait un rôle central. C’est ainsi que naquit PRODERITH en 1978. IMPACT SOCIAL Durant les deux phases de PRODERITH, plus de 700 vidéos de formation furent élaborées avec leurs matériels imprimés respectifs, et plus de 800 000 personnes participèrent aux sessions de formation. Celles-ci eurent indubitablement un impact sur la vie des paysans, puisqu’elles couvraient les thèmes de l’agriculture, la pêche, l’élevage, la santé, la nutrition, l’environnement, l’eau, l’organisation communautaire et tous les autres thèmes liés aux besoins de la population rurale. À l’apogée de sa productivité, en 1981, l’équipe de communication pouvait produire jusqu’à cent vidéos en une année. Les paysans ont souvent des difficultés à exprimer leur vision de la réalité, et partagent rarement leur perception avec des gens étrangers à la communauté. PRODERITH contribua au développement rural en facilitant l’expression collective de la réalité, des problèmes et des options pour l’améliorer. La méthodologie de la vidéo rendit possible le débat interne sur l’histoire, la culture et les perspectives futures des communautés impliquées dans le processus de communication. 74 Ondes de choc D’un point de vue plus large, l’exemple de PRODERITH montre comment la communication peut devenir l’instrument moteur d’un programme important de développement rural. Il montre que la communication peut s’intégrer complètement si elle est identifiée comme une nécessité dès la conception du programme. Selon l’évaluation de la FAO, « le Système de communication rural développé par PRODERITH fut particulièrement créatif et efficace ». MÉDIAS ET MÉTHODES Comme l’ont montré de nombreux rapports sur le développement rural, de meilleures connaissances et compétences améliorent la productivité et les niveaux de vie dans le domaine rural. Pour couvrir ces besoins, le Système de communication rurale de PRODERITH adopta une méthodologie basée sur la vidéo et les matériels imprimés, l’ensemble constituant des paquets pédagogiques. Chaque paquet pédagogique couvre un thème, lui-même divisé en une série de vidéos-leçons. Un guide imprimé pour les techniciens qui utilisent le matériel leur fournit une information complémentaire sur le thème et sur le mode d’utilisation du paquet. La méthodologie fut appliquée principalement à des unités de terrain, des petites équipes techniques de promoteurs travaillant au niveau communautaire. Ils utilisaient la vidéo pour encourager les discussions sur des thèmes importants pour la communauté, et faciliter ainsi un processus participatif dans l’élaboration du Plan de développement local qui permettrait à PRODERITH d’engager des actions concrètes. Cette même méthodologie de vidéo fut également utilisée pour former le personnel du projet et pour compléter les rapports et les évaluations avec des images. OBSTACLES Il paraît difficile de reproduire le modèle du PRODERITH en raison du coût élevé de cette expérience. Le programme n’a pu se maintenir, au fil des ans, que grâce à une injection permanente de fonds prêtés par la Banque mondiale et cela n’est possible que dans un pays débiteur de l’envergure du Mexique. Pour cette même raison, le processus de décentralisation et même la perspective de transférer l’expérience aux communautés s’avéra peu réaliste et se fit à contretemps, d’autant plus que le projet initial s’était doté d’une structure excessivement centralisée et très lourde en termes de personnel technique spécialisé. Dans la période de PRODERITH I, durant la phase de prospérité économique, il n’y eut pas de tentative sérieuse de transférer le contrôle du système de communication aux communautés, ou même PRODERITH 75