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Région
DAVID MARCHON
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L’EXPRESS - L’IMPARTIAL / JEUDI 3 MAI 2007
CONSEIL D’ÉTAT
A Glaris pour la Landsgemeinde
La protection de la nature
neuchâteloise est en deuil
Le Conseil d’Etat in corpore sera en déplacement ce week-end à Glaris
pour y assister à une Landsgemeinde plutôt exceptionnelle. On y votera
en effet sur l’introduction du droit de vote à 16 ans au niveau cantonal,
sur proposition des Jeunes socialistes. /pdl
La présidente de Pro Natura-Neuchâtel, Claude Meylan, est
décédée mardi à l’âge de 77 ans, des suites d’une grave
maladie. Sa fonction, qu’elle occupait depuis une vingtaine
d’années, sera assurée par intérim par le comité. /réd
ASSURANCE INVALIDITÉ
Pascal Couchepin défend la révision
devant les radicaux neuchâtelois
Les radicaux neuchâtelois ont
logiquement apporté leur
soutien à la cinquième révision
de l’assurance invalidité.
Défendue par un avocat de
choix, le conseiller fédéral
Pascal Couchepin en personne.
«Les opposants
ne croient pas
à la réintégration?
Alors, quelle
alternative?
Des rentes
à tout le monde?»
STÉPHANE DEVAUX
l n’est pas venu à vélo, ni
même en voiture. A peine
avait-il inauguré le Salon du
livre à Genève que le conseiller fédéral Pascal Couchepin
a rallié La Chaux-de-Fonds par
la voie des airs. Largement à
l’heure pour convaincre ses coreligionnaires radicaux neuchâtelois du bien-fondé de la cinquième révision de l’assurance
invalidité (AI). Convaincre des
convaincus?
«Oui, mais donner des informations permet d’avoir des relais. Des gens qui sont armés
face aux arguments des opposants.» Ces infos? Le message essentiel du projet, qui place la réintégration avant la rente.
«Ainsi, les deux premières années, les candidats à l’AI ne touchent pas une rente, mais une
indemnité journalière. Ils sont
susceptibles de bénéficier d’une
nouvelle formation. Pendant
deux ans, ils sont soutenus, encouragés, voire incités à demeurer sur le marché du travail.»
Un argument auquel les opposants ne mordent pas. «C’est
vrai que la réintégration, ils n’y
I
Pascal Couchepin
PASCAL COUCHEPIN Le conseiller fédéral juge choquante la campagne de l’Union syndicale. Même si, comme il le dit en haussant les épaules,
en 40 ans de politique, il en a vu d’autres.
(MICHAEL MATTSSON)
croient pas. Alors, quelle alternative? Des rentes à tout le
monde? Essayons, cherchons
des solutions!» De toute manière, aux yeux du Conseil fédéral et de la majorité des Chambres, il faut stabiliser la situation
financière de l’AI. «D’accord, il
faudra aussi trouver de nouvelles recettes et je me battrai pour.
Mais ce n’est pas parce que nous
ne les avons pas encore que
nous devons renoncer à ce premier volet de notre politique.»
Autre pierre d’achoppement,
la volonté de détecter précocement les risques d’invalidité. De
l’espionnage, clament les référendaires. Non, rétorque le ministre valaisan, des chances ac-
crues de réintégration dans le
monde du travail. La cinquième
révision prévoit d’ailleurs d’investir 40 à 50 millions: «Imaginez que l’AI engage 200 spécialistes capables d’éviter une rente
par mois. Douze rentes par an,
cela représente 12 millions.»
A titre de comparaison, les
dettes actuelles de l’AI excè-
dent neuf milliards... A propos,
monsieur le conseiller fédéral,
les fameuses cartes de l’Union
syndicale vous clouant sur une
chaise roulante? «C’est une
image choquante vis-à-vis des
invalides eux-mêmes. Elles essaient de rendre ainsi peu aimable un conseiller fédéral.
On ne joue pas avec ces mal-
heurs... Mais en quarante ans
de politique, j’en ai vu d’autres.» Et cette révision est
bonne, juge-t-il. La preuve? Au
début, tous les partis gouvernementaux la soutenaient. «Ce
n’est que quand ils ont été débordés sur leur gauche que les
socialistes ont changé d’avis.»
Et toc! /SDX
GASTRO NEUCHÂTEL
Deux millions de francs en jeu, dont un pour le tourisme
La profession de cafetier-restaurateur est à un tournant de
son histoire. «De nombreux
enjeux vont modifier de fond
en comble la profession», indique le président de Gastro
Neuchâtel, Michel Vuillemin.
Dans la bouche de Yann Engel,
directeur de Tourisme neuchâtelois (TN), cela se traduit par
«c’est un gros souci pour
nous...». Un souci qui peut
même être chiffré: un rond
million de francs.
Ce million qui tombe toutes
les années dans l’escarcelle de
TN est prélevé de la taxe sur
les patentes. Une «dîme» que
versent tous les cafetiers-restaurateurs-hôteliers du canton
et qui rapporte deux millions
de francs par an. Or, la patente
pourrait purement et simplement être abolie. Cette idée
avancée par le conseiller d’Etat
Bernard Soguel, l’an dernier
lors de l’assemblée de Gastro
Neuchâtel, réjouit bien sûr la
corporation – une demi-douzaine de cantons alémaniques
L’attente... et deux projets de loi
Réunis hier au chef-lieu en assemblée générale,
les membres de Gastro Neuchâtel ont une nouvelle
fois entendu leur président relancer la polémique
sur les patentes et sur la révision de la loi sur les
établissements publics (LEP). Presque féroce,
Michel Vuillemin a réclamé de ses vœux
l’introduction de la taxe sur le tourisme, afin de
partager plus équitablement la charge pesant sur
les restaurateurs-hôteliers. Mieux, par souci
d’équité, le président de Gastro Neuchâtel souhaite
que les moyens nécessaires à Tourisme
neuchâtelois ressortent du budget ordinaire de
l’Etat. Président de la commission juridique,
Philippe Bauer a enfoncé le clou: «Nous n’avons
eu qu’une seule réunion cette année, car nous
attendions la révision de la LEP. Nous avons
attendu, attendu...» Jusqu’à la lassitude, puisque le
comité étudie la possibilité de déposer, cet été, un
projet de loi au Grand Conseil. Si bien que les
parlementaires risquent d’être confrontés à deux
propositions. En fin de réunion, le conseiller d’Etat
Bernard Soguel a assuré à l’assemblée qu’il ne
baisserait pas les bras. Mais «l’idée ne convainc
pas tout le monde, surtout les bénéficiaires», a-t-il
expliqué. Tout en assurant qu’il cherchait des
solutions pour chacun, le chef de l’Economie a
promis qu’un projet de loi serait présenté cette
année par le Conseil d’Etat. Et de deux. /ste
ont déjà supprimé la patente.
Mais elle plonge Yann Engel
dans l’embarras. Car la contribution des pros de la restauration pèse pour plus d’un tiers
sur son budget annuel de
2,7 millions de francs...
Selon le directeur de TN, la
loi sur le tourisme ne permet
pas de compenser ce manque à
gagner. «La taxe sur le tourisme
vient en appui à la taxe sur les
patentes. Elle n’est pas applicable en l’état. Il faut au préalable
que le Grand Conseil la modifie», assure Yann Engel. «La situation fait l’objet de tractations afin de dégager une nouvelle solution de financement»,
indique Léonard Buhler, responsable ad interim du Service
cantonal du commerce et des
patentes. Son service (qui
compte sept employés) est évidemment lui aussi concerné
par l’abrogation des patentes.
«Ce sont surtout les futurs tenanciers qui ne savent plus sur
quel pied danser...» Car les bou-
AUTORISATION Les restaurateurs attendent la suppression de la taxe
sur les patentes pour alléger leurs charges.
(ARCHIVES DAVID MARCHON)
leversements sont rapides dans
la profession. Depuis cette année, la formation des cafetiers
dispensée par Gastro Neuchâtel
a été ramenée de 3,5 mois à
trois semaines et demie. Mais
cette formation n’est plus obligatoire, en vertu des accords bilatéraux. «Cette simplification
permet à un restaurateur grec
pouvant justifier d’une expérience professionnelle de s’installer aux Planchettes, par
exemple», rappelait dernièrement Bernard Soguel.
Mais cela ne fait pas le
beurre de TN ni des communes. Celles-ci touchent quelque
300 000 francs par an de la
taxe sur les patentes... /ste