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t toire alors qu’en Corse, il a fait le choix de les faire au coup par coup. Aujourd’hui il nous faut réaliser les équipements qui sont opérationnels ailleurs depuis longtemps. Nous rattrapons ainsi un retard qui ne devrait pas exister, mais je reconnais volontiers que nous avons ces derniers mois plus d’écoute sur ces sujets. Pour répondre à votre question, c’est en pensant à l’avenir de notre jeunesse que l’on doit se fixer des priorités. Nous faillirions à nos engagements d’élus si nous n’offrions aux jeunes aucune perspective professionnelle, aucune possibilité de se loger et aucun moyen de s’épanouir personnellement. Comme nous voulons pérenniser nos actions, les solutions viendront de la concertation entre toutes les collectivités, les services de l’Etat et la population. li ser vice de la Corse uComment vous positionnez-vous dans le débat aujourd'hui en cours sur le statut de résident ? Je crois d’abord qu’il ne faut pas penser que le simple fait d’en parler va solutionner les problématiques d’ensemble du développement de la Corse. Avant tout il faut faire des choix de développement, d’aménagement et de société. Ensuite il faut se souvenir qu’à l’origine de ce débat il y a un constat. Ceux qui ont fait le choix de vivre en Corse ou qui y ont des attaches ne trouvent plus à se loger ou ne peuvent plus être propriétaires. Si nous n’agissons pas rapidement, la Corse va devenir comme la Savoie. Dans le même temps nous devons préserver notre identité, notre environnement et veiller à l’équité entre les hommes et entre les territoires. Enfin la question du foncier est complexe. Elle se rapporte à des situations humaines variées et ne peut pas être réduite au simple aspect fiscal. C’est pour tenir compte de cette diversité qu’il faut prioritairement mettre en œuvre tous les outils existants, les PLU, les SCOT, une agence d’urbanisme, un établissement publique foncier, et réfléchir à une notion de résident modulable. Puis il faut avancer sur le PADDUC qui fixera la vision du développement. Les besoins de la société corse sont tels que tout devient prioritaire alors qu’il y a des choses qui devraient être assurées en Corse normalement, depuis longtemps, comme la santé par exemple. Mais je peux tout aussi bien vous citer l’exemple des extensions de réseaux hydrauliques. L’Etat a réalisé massivement et globalement d’importants travaux d’irrigation et d’approvisionnement en eau sur son terri- uAvec le statut de région intermédiaire que vous défendez au niveau européen, on a un peu l'impression que la Corse a du mal à prendre ses distances avec une certaine forme de sousdéveloppement... Mode d'emploi pour en sortir ? Je ne suis pas d’accord avec cette approche. C’est parce que je crois au contraire aux potentialités de la Corse que j’agis pour la reconnaissance des régions intermédiaires. Simplement il faut accorder du temps à la Corse pour qu’elle atteigne la compétitivité. Le régime intermédiaire lui permettra d’y arriver. La Corse a basculé d’un régime très souple à un régime contraignant sans que les mises à niveau aient été opérées. On le constate avec le PEI qui montre que nous n’avons toujours pas atteint le niveau structurant des autres régions. Je vous fais remarquer que 10 régions sur 22 métropolitaines sont dans la même situation que la Corse et pourraient rentrer dans cette catégorie. Cela montre que la politique européenne actuelle ultra libérale échoue et que la notion de juste partage, de rééquilibrage et d’économie sociale a un sens. Si on ajoute les effets de la crise et de la politique nationale, il est à parier que d’autres régions françaises seront dans le même état que nous. La Corse est donc loin d’être une exception. A propos du projet d’écoquartier à Bastia En tant que déléguée à l'urbanisme de la Ville de Bastia, Emmanuelle de Gentili s’est mobilisée pour le projet d'écoquartier. Où en est-on aujourd'hui ? «C’est un projet important, souligne l’élue, car il symbolise la ville de demain. Or les mentalités évoluent lentement et je regrette que les budgets qui me sont octroyés soient très en-deçà des besoins nécessaires pour la réalisation de ce projet. Pour autant nous allons entamer la concertation en octobre. Je souhaite qu’elle soit faite au niveau du quartier, des alentours, mais aussi de l’ensemble de la ville, particulièrement des écoliers et des collégiens. Ce quartier doit s’inscrire dans une volonté de transformer l’ensemble de la ville, pour un aménagement qui permet les économies d’énergie, l’isolation, la gestion harmonieuse entre la vie, le travail et le social, la gestion des transports collectifs… Ce projet va bien au-delà du quartier de Labretto. J’espère convaincre mes collègues de la Ville et des autres collectivités, de l’intérêt d’avancer plus vite. Mais mon action est freinée car les acquisitions foncières ont du retard et les budgets pour la concertation sont faibles. Cependant je ne baisse pas les bras. Ce quartier fera, dans les années à venir, le lien entre le centre ville et le sud de la ville.» L’Informateur Corse - Journal du 15 au 28 juillet 2011 - N° 6372 - Page 5