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46 ACTUALITÉS le petit FORÉZIEN n « Nous sommes… » D es terrifiants et meurtriers claquements des Kalachnikov au siège de Charlie Hebdo, le mercredi 7 janvier à 11 heures 30, ont succédé des milliers d’échos. Ils ont résonné dans le monde entier. Le premier ce fut la stupeur, intimement mêlée d’indignation et de dégoût. Notre Nation toute entière –sans distinction d’opinion– a été sidérée par ces assassinats, ces actes d’une horreur bestiale et inouïe, perpétués contre la liberté de la presse et la liberté d’expression. Solidarité et recueillement Des meurtres commis contre NOTRE Liberté fondement de notre pays, de notre démocratie, de notre République. Personne ne peut bafouer la Liberté, premier mot de la devise de la République. Le peuple français s’est spontanément rassemblé, le soir même, partout en France. Feurs n’a pas fait exception à cet instant de solidarité, de recueillement en mémoire de toutes les victimes et de compassion envers leurs familles. Conformément aux directives de l’État, les personnels des services publics, des administrations et de l’enseignement ont observé une minute de silence, à midi le jeudi 8 janvier, jour de deuil national. Des élus, anciens élus et des Foréziens se sont spontanément joints à ce recueillement. Le même jour, à 18 heures, répondant à l’invitation de la municipalité (1), la population forézienne s’est rassemblée en masse, place Antoine-Drivet. Il y avait des croyants de confessions différentes –religion chrétienne et musulmane notamment– des athées, des parents avec leurs enfants, … Tous étaient dans cette même communion de réflexion. Jean-Pierre Taite, visiblement ému, ne fit pas de discours. Simplement, il déclara : « La force et le rassemblement de femmes et d’hommes libres et modérés seront toujours plus forts que la haine et l’extrémisme. On sera plus forts que tous ceux qui sont sans foi ni loi. » Feurs s’est figée. Figée comme nous l’avons tous été la veille en apprenant ce drame abject. Rien ne peut justifier la mort. Une feuille de papier et un crayon ne sont pas et n’ont jamais été des armes. Instants poignants de recueillement et de solidarité au cours desquels de multiples sentiments se sont entremêlés. Chacun contenait cette douleur indicible nouant le ventre et faisant perler des larmes. La tristesse a étreint les Foréziens. Beaucoup ont déposé des bougies, des « Je suis Charlie », des crayons, des fleurs sur le perron de l’hôtel de ville. Tous ont longuement applaudi ceux qui n’étaient pas là, ceux qui sont tombés sous les balles de fanatiques. Et puis il y eut ce silence. Ce silence pour rendre hommage et pour marquer la réprobation de ce massacre, de ces morts inutiles, contre l’obscurantisme, le fanatisme, la folie et la barbarie humaine. Ce silence s’est propagé loin, bien loin, entendu au plus profond de notre chère belle France, soudée dans l’épreuve. La nuit est tombée. Feurs s’est drapée de noir. Noir comme fut ce mercredi 7 janvier 2015. À la triste image d’un certain 11-septembre 2001, les traces de ces bains de sang ne disparaîtront jamais… À nous de ne rien effacer et de ne pas faire d’amalgame. Mais ces rassemblements sont porteurs d’espoir. Ils sont synonymes d’espérance. Toutes les générations étaient rassemblées confirmant ce désir immensément fort de vivre, de poursuivre, d’aller vers l’avenir, d’aller vers le bon ! François Perrot (1) L’information a été diffusée via les réseaux sociaux, le site internet et les panneaux publics d’affichage lumineux. Le dimanche 11 janvier, de nombreux foréziens ont participé aux marches en hommage aux victimes des attentats.