Download 31 oct. 2012 View
Transcript
MERCREDI 31 OCTOBRE 2012 L'EXPRESS RÉGION 7 NEUCHÂTEL Le budget 2013 ficelé par le Conseil communal prévoit un excédent de 2,3 millions. BÔLE Mais ce sera sans doute une exception, selon le directeur des Finances, qui appelle à la vigilance. Seize conteneurs enterrés au menu Un bénéfice attendu qui ne durera pas FLORENCE VEYA LES RECETTES FISCALES DES PERSONNES MORALES EN NETTE AUGMENTATION Dans un contexte économique général peu favorable, la Ville de Neuchâtel se fraye un chemin, «tel un petit poisson dans un courant fort», a imagé son argentier, Alain Ribaux. Hier, lors de la présentation du budget 2013, le Conseil communal in corpore avait le sourire aux lèvres. Les 2,28 millions de francs d’excédent de revenus (pour un total de charges de 285 millions de francs) prévus pour l’exercice 2013 n’y étaient pas étranger. Pragmatique, Alain Ribaux a néanmoins insisté sur le fait que «cette fenêtre financière favorable n’est pas durable». Il a mis en exergue la progression des recettes fiscales. Pour la première fois, celles des personnes morales, avec leurs 28% d’augmentation, dépassent celles des personnes physiques (+12%). «Mais ce sera aussi la dernière fois que nous serons dans cette configuration.» HAUTERIVE Une motion de 2006 sur la fusion «Déçu» par le canton Et le directeur des Finances d’évoquer le projet de loi cantonale sur une nouvelle répartition des impôts des personnes morales, qui sera prochainement soumis au Grand Conseil. Cette loi, si elle est acceptée, entrera en vigueur au 1er janvier 2013. Dans ce cas de figure, la Ville, qui a participé à son élaboration, «en sera fortement affectée financièrement, même si cette loi est essentielle pour la cohésion sociale». En regard des mesures transitoires induites par son application, la Ville versera 16 millions de francs au fonds de répartition. Et seuls 2,4 millions devraient revenir dans la caisse communale. Cette perspective ne réjouissant pas particulièrement l’exécutif de Neuchâtel, il a opté pour «une politique d’investissements ambitieuse». Cela notamment dans le domaine de l’habitat. MÉMENTO NEUCHÂTEL Concert. Le titre du troisième disque de Ouizzz, «Hello Goodbye», plaira aux fans des Beatles. Depuis dix ans, le trio composé de Michael Gabriele au piano, du Neuchâtelois Pierre Kuthan à la basse et de Marc-Olivier Savoy à la batterie, mêle avec bonheur rock atmosphérique et jazz. Le groupe vernira son dernier opus ce soir à 20h au théâtre du Pommier, à Neuchâtel. COLOMBIER Vente et échange de terrain Le Conseil général de Colombier dira lundi s’il accepte l’échange et la vente de terrain communal à un particulier. Cette transaction porte sur 62 m2 à échanger et 58 m2 qui seraient vendus à 300 francs le m2 (soit 17 400 francs). COMM-RÉD Le législatif de Bôle dira lundi soir s’il accepte l’installation de seize conteneurs semi-enterrés sur le territoire communal. Un réceptacle de 5 m3 dessert en moyenne 100 habitants. Le Conseil communal estime dans son rapport qu’il s’agit d’une solution «économique, écologique et esthétique». Un crédit de 200 000 francs est sollicité pour l’achat et la pose des conteneurs. Les conseillers généraux voteront trois autres crédits afin d’assainir une canalisation, refaire un chemin et remplacer un câble électrique. Les élus se prononceront sur la participation de Bôle à la société de gestion commune des réseaux G8 SA (nos précédentes éditions). Le Conseil général se penchera également sur la révision du plan d’alignement communal et deux modifications partielles du plan d’aménagement. RÉD Du côté des charges conséquentes, la Ville devra également verser 20 millions de francs pour la recapitalisation de la caisse de pension. «Cette facture pourra être absorbée par notre fortune nette en augmentation», rassure Alain Ribaux. Ce dernier se dit par contre extrêmement «déçu» par la contribution de solidarité d’un montant de l’ordre de 5 millions de francs que réclame à nouveau le canton à la Ville. Son loyer annuel étant supérieur de 350 000 francs à celui en vigueur lorsque la Rotonde occupait les murs, le futur casino ne devrait pas, l’an prochain, rapporter gros à la Ville. «Ce loyer mis à part, nous n’avons rien budgétisé d’autre, puisque nous n’avons aucune idée du chiffre d’affaires qu’il dégagera», souligne Alain Ribaux. Cela avant de préciser: «Le budget 2013 ne tient pas compte de ce report de charges annoncé par le canton après son bouclement», indique le directeur des Finances. «Le canton nous avait dit, l’an dernier, que cette contribution était limitée à un an. Or elle est reconduite sans avoir été précédée de la moindre discussion.» L’argentier communal estime qu’il s’agit là d’«une occasion manquée de restaurer la confiance entre l’Etat et les communes et de fédérer ces dernières autour d’une vraie vision cantonale». PARMI LES PRINCIPAUX INVESTISSEMENTS HABITAT Un fonds de 3 millions de francs a été créé pour la réalisation de logements d’utilité publique privilégiant le concept de coopératives. PLACE NUMA-DROZ La réalisation de cette place du centre-ville devrait coûter 7 millions de francs. RUE DE L’ORÉE L’assainissement énergétique des bâtiments devrait coûter 6,8 millions de francs. MEN La deuxième phase de la restauration du musée d’ethnographie est estimée à 3,5 millions de francs. CRÊT-DU-CHÊNE La suite de son assainissement est évaluée à 5,5 millions de francs. CHANET La réfection des terrains est estimée à 1,71 million et la construction de nouveaux vestiaires à 2,45 millions de francs. COLLÉGIALE La restauration et la mise en valeur de l’édifice sont évaluées à 2,4 millions de francs. Le Conseil général d’Hauterive se réunira lundi soir. Il prendra notamment connaissance du rapport du Conseil communal répondant à une motion remontant à 2006. Elle demande d’étudier une collaboration plus affirmée avec SaintBlaise, La Tène et Enges. Une motion pour réglementer l’implantation des antennes de télécommunication devrait également être traitée. Les élus se pencheront sur l’octroi de subsides pour participer au financement (50%) des abonnements de transports publics des écoliers fréquentant le collège du Mail. Le législatif devra finalement voter sur un crédit de 70 000 francs pour rénover la cuisine et les toilettes du club-house du FC Hauterive. RÉD FIN DU MONDE Un documentaire tourné au Guatemala se penche sur la date du 21 décembre 2012. Des Neuchâtelois donnent la parole aux Mayas Face à la caméra, un vieil homme à la barbiche blanche et au teint de cuivre l’affirme calmement: «Il n’y a pas de fin du monde en 2012. Cette génération doit s’achever. Il viendra d’autres générations de paix.» N’en déplaise à Roland Emmerich, le réalisateur du très hollywoodien «2012», ce qu’ont prédit les anciens Mayas pour le 21 décembre prochain est moins la fin du monde qu’un changement d’ère. C’est en tout cas ce qui ressort de «La voix des Mayas», un documentaire tourné en 2011 par deux Neuchâtelois, Samuel Déjardin et Christian Doninelli. «On entend beaucoup de choses sur cette date. Notre démarche, c’était de ne pas donner la parole à d’éminents professeurs, mais d’aller demander leur avis directement aux Mayas», explique ce dernier, journaliste de profession. Ce que les deux hommes ont fait. Ac- compagnés d’un troisième compère, Jerôme Jeusset, ils sillonnent un mois durant le Guatemala et parlent avec les habitants, principalement des Mayas. Un espoir de renaissance «Le 21 décembre 2012, c’est un gros sujet de conversation chez les Mayas», note Christian Doninelli. Pour un peuple qui a été opprimé pendant 36 ans de guerre civile – de 1960 à 1996, 200 000 personnes, dont plus de 160 000 Mayas, ont été tuées – et continue aujourd’hui encore à subir des persécutions du gouvernement, cette date constitue «un espoir de renaissance», comme l’explique l’un des protagonistes du film. Dans «La voix des Mayas» apparaissent divers personnages hauts en couleur. Otto, l’ancien guérillero encore marqué par la guerre. Don Pedro Quahuec, qui Samuel Déjardin, Christian Doninelli et Arcadio Salanic s’adressent aux élèves du lycée Denis-de-Rougemont, à Neuchâtel. DAVID MARCHON s’est improvisé chaman et propose des cérémonies dans lesquelles les traditions mayas côtoient les pratiques New Age. L’Abuelita («la petite grandmère»), une Maya de 83 ans qui a rejeté les traditions de ses an- cêtres au profit de la foi catholique. Ou encore son fils, Arcadio Salanic, un activiste pour la paix qui défend les droits des indiens. Ce dernier, qui s’est lié d’amitié avec l’équipe du tournage, séjourne actuellement en Suisse, où il restera jusqu’à Noël. Lui et les auteurs du film présentent leur documentaire dans divers festivals, mais aussi dans des écoles. Ils l’ont récemment montré aux élèves du lycée BlaiseCendrars, à La Chaux-de-Fonds, ainsi qu’à ceux du lycée Denisde-Rougemont, à Neuchâtel, où Christian Doninelli a lui-même étudié l’espagnol, il y a une vingtaine d’années. «Le 21 décembre, dans mon village, il y aura des fêtes, de la danse, des cérémonies, on mangera des galettes de maïs», explique Arcadio Salanic. Ce jour-là, lui ne sera pas encore rentré au pays. «Moi, je mangerai des plats suisses.» NICOLAS HEINIGER Projection en présence de l’équipe du film vendredi 9 novembre à 20h à l’aula de la faculté de droit, av. du 1er-Mars 26 (1er étage), à Neuchâtel. La projection sera suivie d’un débat.