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UNE PLANTE
EST DONC CAPABLE
DE FAIRE TOUT CELA…
Rencontre avec le Dr. Aricia Evlard, Unité Systèmes Sol-Eau de Gembloux Agro-Bio Tech (Belgique)
EN PRÉAMBULE
AÉRIEN VS SOUTERRAIN
/ PHYTOEXTRACTION VS PHYTOSTABILISATION
C’est une réalité, aujourd’hui, la course à la construction des logements
va de pair avec la décontamination des sols pollués. D’autant que les
terrains rendus libres pour cause de désindustrialisation à proximité
des grandes villes révèlent leurs lots de métaux lourds. Zinc, cadmium,
cuivre, plomb, nickel… qui ne sauraient cohabiter avec les projets
d’urbanisation. Après les plantes « salvatrices de l’humanité » dans
les domaines de la pharmacopée, de la lutte contre les pollutions
domestiques, nous attendons du végétal qu’il soigne aussi nos sols,
si possible le plus rapidement possible, pour les restituer vierges de
toute pollution…
Pour mieux comprendre l’évolution de cette discipline récente, il faut
imaginer que les premiers essais ont porté sur la capacité de certains
végétaux à extraire du sol ces fameux métaux lourds afin de les
concentrer dans leurs parties aériennes, soit les tiges et les feuilles,
on parle alors de phytoextraction.
1983, le terme « phytoremédiation » apparaît. Il désigne l’ensemble
des techniques utilisant des végétaux, permettant de lutter contre
les risques liés aux polluants. Des techniques qui utilisent la tolérance
des plantes vis-à-vis du stress créé par la présence de métaux lourds
dans le sol et leur aptitude non seulement à résister mais surtout
à se reproduire quand d’autres ne le supportent pas.
Depuis une dizaine d’années, les racines – la face cachée des arbres
selon Christophe Drénou1 – intéressent, elles aussi, les scientifiques.
Comme le rappelle Aricia Evlard, Docteur en Sciences, certains
végétaux concentrent les métaux lourds dans et autour de leurs
racines, faisant intervenir aussi les fameuses mycorhizes. Dans
ce cas, le traitement de la dépollution répond à la technique dite
de phytostabilisation.
1
Christophe Drénou, coordinateur, Les Racines Face cachée des arbres,
Institut pour le développement forestier , 2006.