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12E FESTIVAL DE MARSEILLE 19 JUIN > 13 JUILLET 2007 Philippe Fénelon Né en 1952, il obtient en 1971 le prix de composition du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe d’Olivier Messiaen. De son premier opéra Le Chevalier Imaginaire, d’après Cervantès et Kafka, créé sous la direction de Peter Eötvös en 1992 jusqu’au Faust d’après Lenau qui est monté cette année à Toulouse en passant par la création de Salammbô à l’Opéra de Paris en 1998, une continuité se dégage : une résonance de la musique avec la littérature. La première collaboration du compositeur avec Kelemenis date de l’œuvre double Cadenza/K.danza en 2002, autour de pièces solistes. Agatha Ruiz De La Prada ouvre sa première boutique de vêtements à Madrid en 1981, en pleine movida. Créatrice au style vif et coloré, elle travaille des lignes pour hommes, femmes et enfants. La styliste se joue des notions de symbole et d’emblème par l’utilisation de couleurs lumineuses et de motifs directs et simples. Son refus du noir trahit un désir incommensurable d’optimisme et témoigne de la force d’une vie qu’elle ne peut imaginer que belle. Son attrait pour les détails du quotidien (design de bijoux, d’ameublement, création de parfums…) se marie avec un amour de la scène et des costumes de spectacles. À partir de 1987 Agatha Ruiz de la Prada est ainsi engagée sur des réalisations pour l’opéra, des comédies musicales et des compagnies de théâtre en Espagne. Elle a créé les costumes de la pièce Besame mucho de Michel Kelemenis en 2004. Pour aller plus loin… Pasodoble Note d’intention Le vagabondage historique autour du terme “pasodoble” fait se côtoyer des contraires extrêmes. L’évidente adéquation d’un rythme binaire au tempo régulier avec la simplicité basique du déplacement marché porte à rapprocher le défilé, la procession, la joute et la danse : préparation à la guerre, communion dans la foi, combat singulier ou délice de l’évanouissement de soi à travers la danse, il est toujours question de l’énigme d’un au-delà. Chacune de ces formes porte en elle sa propre façon d’affronter l’irréversibilité de la condition du vivant dans laquelle chaque instant, chaque pas, nous mène. Les deux premiers pas, ces fondamentaux du mouvement et de l’exploration d’une existence, symbolisent la frontalité d’un combat incontournable et pourtant perdu d’avance : ils seraient en musique le passage condensé de l’extraordinaire La à partir duquel l’œuvre s’organise à l’effroyable glas dont on redoute qu’il ne sonne toujours trop tôt pour soi. Baigné de couleurs festives, gagné par un irrépressible désir de vitalité, Pasodoble fouille les traces des rituels de passage d’un monde à l’autre, et désigne en la danse l’instrument éminent d’une exploration de la transition. Le point de départ de Michel Kelemenis Pour assister sans rejet à ma première corrida, je me suis choisi la place d’observateur d’un rituel d’une grande valeur esthétique, dont la palette caractéristique de couleurs use du rouge sang comme d’un curseur émotionnel dans le combat manichéen entre le pelage noir satiné de l’animal et l’habit de lumière de l’homme. J’ai découvert le cérémonial d’une collusion insensée entre civilisation et barbarie, la brillante première mise au service de l’impensable seconde. Le protocole du sacrifice est extrêmement sophistiqué : il détermine la façon dont la fatigue de la bête, obtenue tant par la blessure de piques que par l’affolement et la course, doit parvenir à un équilibre momentané des forces, permettant une étroite proximité entre les deux combattants. Dans ce rapprochement, la fascination du public se focalise et s’exerce sur la qualité de gestes alternant une extrême tension avec des relâchements éclatants et glorieux. Et si le point final est la mise à mort, le point suprême est bien ce temps de passes et d’enroulements durant lequel le duel se transfigure en un duo. Lorsque chacun des aficionados reconnaît que le mouvement technique d’une précision dictée par le danger bascule dans l’art, l’arène se met à scander l’appel à la fanfare : “Musica, musica, musica”… La joute entre cornes et cape, devenue danse, mérite la musique. La musique de cette danse est aujourd’hui un pasodoble. 32 / FESTIVAL DE MARSEILLE 2007 PRESSE > 04 91 99 00 26 / [email protected] / Patricia Lopez / 06 11 36 16 03 / Guillaume Garcia / 06 81 95 98 06