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2.2.1
Le journaliste “digne de ce nom”
A.J Greimas explique “qu’il suffit de doter le sujet - ici le
journaliste - d’un vouloir-être pour que la valeur du sujet, au sens
sémiotique, se change en valeur pour le sujet, au sens axiologique de
ce terme”123. A la création du SNJ, en 1918, rien ne définit le
journaliste, ni d'un point de vue juridique, ni d'un point de vue moral.
Le terrain est donc vierge mais le chemin semé d’embûches. Le
Syndicat va donc se présenter comme un espace de fixations de
valeurs, comme le lieu des principales transformations au premier rang
desquelles, le /journaliste non digne de ce nom/ au /journaliste digne
de ce nom/. Le journaliste est donc convié à rejoindre le SNJ en guise
d’estampille morale : “Nous vous demandons aujourd’hui d’adhérer à
notre oeuvre et de vous inscrire comme membre du Syndicat”. Il est
évident que la figure du journaliste "digne de ce nom" est toute entière
contenue et déterminée par la Charte des devoirs professionnels. Si le
journaliste, en adhérant au Syndicat, s’abandonne aux catégories
négatives qui dominent la Charte, cela suppose en amont que le SNJ
accepte de déléguer son faire persuasif (faire croire à une meilleure
défense par une discipline mieux formulée) à d’autres sujets de faire de
l’objet figuratif “Charte” : La dignité, la confraternité, la responsabilité
de..., l’honorabilité, l’honnêteté (en tant que valeurs implicitement
contenues dans la Charte) font être journaliste "digne de ce nom". La
Charte des devoirs professionnels devient alors un PN adjoint
fonctionnant de façon autonome. En revanche, pour éviter l’écueil de
la seule déclaration d’intention “éthique”, le SNJ s’approprie le faireobéir (son pouvoir disciplinaire) et récupère son faire-persuasif en
associant étroitement l’honneur et l’objet “Syndicat” présenté comme
“un instrument de défense solide et bien trempé”. Consécutivement à
la création de la Charte, et dans l’ordre de succession des PN adjoints,
le SNJ se dote d’un Conseil de discipline, comme sujet du /faire obéir/
ou /faire respecter/. L’honneur du journaliste est dès lors subordonné à
l’avis du conseil de discipline du SNJ “qui sera qualifié pour lui
rendre son honorabilité”.
123
A.J Greimas, op.cit., p23
Magali Prodhomme | dea | 1999 | enssib
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