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Actualités des associations professionnelles Le décret du 9 mai a également fourni des précisions quant à la diffusion de l’enregistrement des débats des instances collégiales législatives : elle devient obligatoire dans le cas de questions de santé publique. Resserrement du contrôle des relations avec les professionnels de santé Le troisième axe de réforme de la loi Bertrand serait inspiré du Sunshine Act en vigueur sur le marché américain. Les industriels désignés ici sont différents de ceux définis dans le cadre de la loi anti-cadeaux, le champ étant étendu aux prestataires de services. L’ensemble de ces personnes devront publier toutes les conventions et tous les avantages accordés aux professionnels de santé, l’application étant néanmoins restreinte aux produits remboursés. Le décret du 3 mai dernier pris au Conseil d’Etat mais pas encore publié devrait aller au-delà de la simple publication de l’existence des conventions : des détails sur le contenu et le montant devraient être exigés. Le seuil des avantages est fixé à 10 euros à ce jour, mais on ignore si les honoraires sont inclus ici. Fort heureusement, le décret précise que les contrats d’achat et de vente sont exclus. Enfin, la loi prévoit le renforcement du dispositif anti-cadeaux. Son champ d’application est désormais étendu aux étudiants et aux associations représentant les professionnels de santé. A noter que la définition du professionnel de santé n’est pas très claire, les orthoptistes n’en faisant pas partie par exemple. En revanche, la loi retient trois exceptions à cette interdiction : les contrats de recherche, les congrès scientifiques et les relations normales de travail. Transparence absolue : une illusion ? La conférence s’est poursuivie par l’exposé du Professeur Loïc Capron qui a fait part de son expérience de la transparence au quotidien, dans le cadre de 18 g Selon André Tanti, Vice-Président du CEPS pour les dispositifs médicaux, il serait une erreur de considérer le secteur du DM comme un marché en raison de la présence d’un prescripteur. son exercice de la médecine. Il a tout d’abord interpellé l’assistance sur l’opportunité d’une transparence absolue dans le dialogue entre le médecin et son malade. Il a évoqué ensuite la lourdeur administrative qu’allait entraîner la transparence des relations avec les visiteurs médicaux. Dans le domaine de la recherche, il a jugé souhaitable d’assainir les rapports entre industriels et chercheurs. Enfin, le Pr Capron a conclu son intervention par une réflexion plus personnelle selon laquelle la transparence ne ferait pas vraiment partie des habitudes de la culture française. Le témoignage d’un industriel La parole a ensuite été donnée à Cyril Titeux du laboratoire Janssen-Cilag. Pour lui, il est indispensable de s’engager sur la voie de la transparence pour endiguer la crise des dernières semaines. Néanmoins, certaines des sanctions prévues par la loi Bertrand semblent disproportionnées et cette menace risque à terme de s’avérer contre-productive. Autre danger abordé par M. Titeux : la frilosité en matière de développement d’innovations due à une réglementation excessive et le risque de voir les entrepreneurs choisir d’autres pays pour développer leurs innovations dans des conditions plus favorables. Il a également évoqué la contrainte importante que représente la charge administrative pour les entreprises. Enfin, il a invité à une réflexion collective sur la transparence de l’information à fournir au patient une fois le produit mis sur le marché, de façon à regagner sa confiance. A ce sujet, il a mentionné l’existence du CODEM, le comité de déontovigilance des entreprises du médicament, un organisme indépendant garant des dispositions déontologiques de la profession. « La transparence ne doit pas nous écarter de la communication sur notre mission, a conclu Cyril Titeux. Nous devons en toute transparence communiquer sur ce que nous faisons de bien. La transparence oui, mais à condition qu’elle soit positive. » Une conclusion en demi-teinte La députée européenne Françoise Grossetête a ensuite rebondi sur l’extension des DPI aux experts. Elle a exprimé sa crainte de voir disparaître la présence d’experts français au sein des commissions d’experts, du fait d’une législation trop rigoureuse. Pour elle, cet aspect est d’autant plus grave qu’il risque d’entraver la recherche dans notre pays. Quant à André Tanti, Vice-Président du Comité Economique des Produits de Santé (CEPS) pour les dispositifs médicaux, il a rappelé que l’on n’avait pas affaire ici à un marché au sens économique du terme, mais que la relation incluait un prescripteur. En conclusion, comme on pouvait s’y attendre, ce débat a montré clairement combien il était difficile de légiférer sur la notion de transparence sans porter atteinte à toute une industrie et à son positionnement à l’échelle internationale, même si tous s’accordent à penser que des aménagements sont nécessaires. » ACIDIM F-78330 Fontenay-le-Fleury www.acidim.asso.fr DeviceMed France | Septembre/Octobre 2012 | www.devicemed.fr