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6.1. La sensibilité
« La sensibilité d’un CCD est déterminée par l’efficacité avec laquelle la
lumière incidente est convertie en charges électriques et par la quantité de bruit ou
de signaux parasites présents en sortie. Par analogie, elle est exprimée en ISO,
comme celle d’un film. Mais il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit que d’une
analogie. »27. Comme je l’ai précisé plus haut, la sensibilité de la Cinealta de Sony
est de F10 à 2000 lux, soit environ 640 ISO. Mais il est extrêmement difficile de
déterminer avec précision la sensibilité exacte d’une caméra numérique de ce genre.
En effet, les possibilités d’intervention sur la courbe de réponse du système,
essentiellement le niveau de noir, le niveau de blanc et le contraste, ont des
répercutions sur la sensibilité apparente du système. La répartition des coefficients
dans les niveaux de quantification influe sur la sensibilité de la caméra. Comme le
précise Guy Louis Mier : « L’exposition semble plus proche de l’inversible que du
négatif : la saturation fait disparaître les informations (…) et il faut éviter les
surexpositions. Travailler en légère sous-exposition est d’autant moins gênant qu’il
est possible de modifier le gamma à la prise de vues, voire de récupérer nombre
d’informations dans le pied de courbe. »28. Par contre, comme sur toute caméra
vidéo, la fonction « gain » modifie électroniquement la sensibilité de –3 dB à +18
dB, au détriment du rapport signal / bruit. Tommaso Vergallo, directeur des
productions Duboicolor, précise à ce sujet : « il y a une différence entre + 3 dB en
HD et + 3 dB en Betacam numérique (…) pour le retour sur film. L’augmentation
artificielle de la luminosité (…) grisaille l’image (…), augmente le souffle (…),
alors qu’en Hdcam, l’état de fourmillement de l’image est vraiment extrêmement
minime comparé à la Betacam numérique »29.
6.2. Le contraste ou gamma
Les confusions sont fréquentes entre le gamma du film, celui de la vidéo,
qui n'a de commun avec le premier que le nom, et la sensibilité de l’œil, qui est
constante en pourcentage, c'est à dire, en absolu, beaucoup plus grande dans les
basses lumières. La courbe caractéristique sensitométrique « Densité = log
Lumination » du film négatif est représentée sous une forme générique par la figure
ci-dessous. La pente de la partie rectiligne de la courbe, limitée par le « pied de
courbe » et « l'épaule » est appelée gamma. La partie linéaire de la courbe présente
une amplitude d'au moins 5 diaphragmes auxquels il faut ajouter la compression
des hautes et basses lumières assurées par le pied et l'épaule de la courbe. Ces
caractéristiques confèrent au film négatif une latitude d’environ 7 diaphragmes dans
la restitution de la gamme de luminance. Pour approcher cette qualité d'analyse, les
caméras haute définition utilisent une conversion analogique/numérique sur 12 bits
et les circuits de traitement numérique permettent d'ajuster leur fonction de transfert
sur une importante gamme de contraste.
27
BERNARD Hervé, L'image numérique et le cinéma - Un pont entre l'argentique et le numérique, Eyrolles, 2000.
Mier Guy Louis, L’avenir en 0 et en 1, Le Technicien Film & Vidéo N°498, mars / avril 2000.
29
Conférences du « Festival CineAlta » (Sony France), 11 et 12 octobre 2000.
28
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