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Queste del saint Graal : Édition numérique interactive
Les noms propres à déclinaison ‘régulière’
Parmi les noms d’agent, il en est qui observent bien l’alternance entre CS et CR :
Caïns / Cayns comme sujet, Caïn / Caÿm comme régime ; de même Diex / Dex / Damediex et
Dieu / Deu / Damedieu, Agarans / Agaran, Amanz / Amant, li rois Bans / le roi Ban, Priadans
/ Priadan, Salemons / Salemon, Tholomers / Tholomer.
Le nom du Graal (109 occurrences) fonctionne comme un nom propre, car dans le
manuscrit K il commence presque toujours par une majuscule (sauf deux fois). Il est très
soigneusement décliné : Graalx (4), Graaux (4), Graax (9), graax (1) comme sujet ou attribut
du sujet, Graal (91) ou graal (1) comme régime ; il apparaît souvent dans le syntagme li sainz
Graaux / le saint Graal.
Les noms propres irrégulièrement déclinés
D’autres noms propres, qui se déclinent également, révèlent en revanche un usage
irrégulier des deux formes, la forme régime étant souvent employée en fonction de sujet, et
celle du cas-sujet se trouvant, bien plus rarement, en fonction de régime : c’est le cas des
noms propres Abel, Boort, Calogreant, Hestor, Josephé, Lyon / Lyonel, Meliant, Mordrain et
Nascien. En effet, on a bien les deux formes Abiax / Abel, mais si Abiax (2 fois) est toujours
sujet, Abel (18 fois au total) est également souvent sujet (10 fois) ; il s’agit du même copiste,
du même passage ; il semble que cela soit lié à la nature sémantique du verbe : Abiax est
sujet-agent de verbes d’action, Abel est sujet-patient de verbes au passif, ou de recevoir.
D’autres noms sont peu ou ‘mal’ déclinés, ainsi de Boorz / Boort : la forme Boorz (24) est
généralement sujet, sauf une fois (198c : et retorne a mon seignor Boorz de Gaunes) ; la
forme Boort est, elle, soit régime soit sujet ; et une fois nous avons la graphie Bohes (fol
163a : sujet). Nasciens / Nascien connait une petite hésitation car si dans la majorité des cas la
déclinaison correspond aux fonctions, on a parfois la forme avec -s pour le régime (1 fois) et
la forme sans –s comme sujet (3 fois). Calogrenanz (1 fois) est sujet, mais Calogrenant (8
fois) l’est souvent aussi. De même Lyoniaux et Lyons sont sujet, mais parfois Lion et Lyon le
sont aussi. Le nom d’Hector (34 occurrences) se décline parfois, mais la forme au CS Hestors
(4 fois) peut être régime (196a et dist a Hestors), et la forme de CR Hestor (30 fois) est
souvent sujet. De même pour Mordrains / Mordrain, la forme avec -s pouvant se trouver en
fonction de régime. De même enfin pour Meliant. Et Josephés est employé une fois en
fonction de génitif (192a) et deux fois en fonction d’objet direct (224a et 224a).
Certains noms, employés une seule fois, révèlent eux aussi que l’usage de la
déclinaison est fluctuant : on peut avoir comme sujet soit un CS (Argustes, Celidoines, Elays,
Helains li Blans, Helyes, Hernolx, Janaans, Moyses), soit un CR (Absalon, Claudin, Enoc,
Sanson Fortin, Parlan, Vaspasien) ; mais comme régime on a toujours une forme de CR
(Girflet, Josué, Lambar, Libran, Linor, Pellehen, Pilate, Urien, etc.).
Même pour certains pronoms on trouve des cas de disparate : deux pronoms indéfinis
sujets coordonnés sont l’un au CR et l’autre au CS : les uns...et li autre (§ 180,193b).
7.3. Nominalisation d’infinitifs
Ce manuscrit de la Queste présente une douzaine de cas d’infinitifs, prépositionnels ou
non, substantivés ; en voici quelques cas :
1) 165c : com del monter
2) 166d : au chaoir qu’il fist
3) 175b : et li promet la vie pardurable por regehir, et enfer por le celer.
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