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Tendances récentes sur la toxicomanie et les usages de drogues à Paris en 2005 Les usagers venant du Maghreb, lorsqu’ils ne parlent pas couramment le français, en possèdent néanmoins toujours une connaissance suffisante pour engager une conversation. C’est l’un des facteurs qui pourrait expliquer le fait qu’ils aient souvent recours aux dispositifs de première ligne ou de soin, contrairement aux populations venant d’Europe de l’Est. Utilisant peu la voie injectable, ils fréquentent généralement peu les Programmes d’échange de seringues (PES), mais régulièrement les autres structures de première ligne. Ils y restent généralement en groupe, mais entretiennent des rapports avec les autres types de public. Certains de ces usagers, lorsqu’ils parviennent à admettre le caractère problématique de leur consommation, notamment en ce qui concerne les produits de substitution et les benzodiazépines, ont recours aux dispositifs de soins. Il apparaît cependant que, de façon assez fréquente, le traitement psychothérapeutique qu’implique l’entrée dans une démarche de soins ne soit pas toujours compris par ces personnes, qui ont du mal à lui donner du sens, ce que renforce parfois une mauvaise maîtrise de la langue française, qui complique la compréhension de ce que dit le psychothérapeute et la possibilité de parler de sa vie privée. Cet obstacle peut néanmoins être surmonté lorsque le psychothérapeute est culturellement proche de l’usager et est en mesure de s’exprimer dans sa langue maternelle. • Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne On peut distinguer deux catégories de populations parmi les cas rapportés d’usagers de drogues nouvellement immigrés des pays d’Afrique subsaharienne. D’une part, on peut voir des hommes arrivés en France par le biais de filières sénégalaises ou zaïroises, dans le but d’occuper la fonction de « modou » dans le trafic de crack du nord-est parisien, et qui, de revendeurs deviennent consommateurs. Ceux qui connaissent cette situation finissent par s’intégrer aux groupes d’usagers de crack d’origine africaine qui errent entre les 18ème et 19ème arrondissements. Ces cas seraient néanmoins plutôt rares et concerneraient des hommes âgés de 20 à 30 ans, qui adoptent le mode de vie propre aux fumeurs de crack très marginalisés. D’autre part, on constate depuis quelques années la présence croissante de femmes prostituées originaires de pays d’Afrique subsaharienne anglophones. Il est plus que probable que la 150