Download format pdf
Transcript
Etude Intérim - Christine Chardard Étude intérim L’Observatoire de l’achat a mené cette année une étude sur l’intérim. L’objectif de cette étude a été de connaître le marché du travail temporaire, les prestataires majoritaires au sein des organismes de sécurité sociale et d’établir un panorama de la situation actuelle dans l’Institution. Pour se faire, une analyse « croisée » a été réalisée à partir de données provenant de 2 sources distinctes : d’une part des données « utilisateurs » recueillies dans le cadre d’une enquête, d’autre part des données « prestataires » ont été transmises par les 5 fournisseurs majoritaires représentatifs en France. Des 5 principaux prestataires, avec lesquels les organismes de Sécurité sociale travaillent le plus, il a été possible de récupérer des données sur les 10 600 contrats qui ont été signés en 2011. Les 5 premières entreprises de travail temporaire sollicitées par les organismes sont ADECCO, MANPOWER, RANDSTAD, KELLY et CRIT. Il a été possible de repérer des axes d’optimisation et des gains potentiels. Un bref rappel de la définition de l’intérim : ce sont des relations tripartites entre un client et une entreprise de travail temporaire qui contractualise avec un intérimaire par le biais d’un contrat de mission. L’intérimaire est le salarié de l’entreprise de travail temporaire placé sous la direction et la responsabilité du client. L’entreprise de travail temporaire met à disposition l’intérimaire auprès de l’organisme par le biais d’un contrat de mise à disposition. Les entreprises de travail temporaire sont nées dans les années 1950 et elles avaient une activité exclusive, à savoir la délégation temporaire de personnel. Une entreprise utilisatrice ne peut pas recruter elle-même un intérimaire : elle est obligée de passer par ces entreprises de travail temporaire. Depuis 2005, ces dernières ont développé une activité de placement, à l’instar des cabinets de recrutement. L’entreprise de travail temporaire a une obligation de moyens et un devoir de conseils auprès des entreprises utilisatrices. A travail égal, l’intérimaire doit percevoir le même salaire que la personne qu’il remplace. L’entreprise utilisatrice peut recourir à l’intérim essentiellement pour deux raisons : l’accroissement temporaire d’activité et le remplacement d’un salarié absent en CDI. Elle ne peut pas y recourir en cas de conflit collectifs et pour certains postes à risque. La tarification est obtenue à partir du salaire brut de l’intérimaire en le multipliant par un coefficient multiplicateur. Le montant de ce coefficient est variable. Sur la base d’un salaire brut de 100€, un coefficient est appliqué en fonction du profil de l’intérimaire ; pour un profil « généraliste » ce coefficient peut être par exemple de 1,9, on obtient alors 190 € ; c’est ce montant qui sera facturé à l’organisme. Cette somme se décompose de la façon suivante : le salaire brut de l’intérimaire (100€), l’indemnité de précarité (11€), les congés payés (10€), les charges sociales et fiscales (50,7€), la marge bénéficiaire de l’entreprise de travail temporaire se monte ainsi à 18,3€ Pour la cartographie des pratiques, l’analyse croisée des sources de données confirme que 40 à 45 % des organismes ont recours à l’intérim, soit presque un organisme sur deux. Les 5 premières entreprises de travail temporaire en France représentent 75 % du volume des dépenses d’intérim des branches et régimes. Deux types de profils d’intérimaires se dégagent : le profil « généraliste » et le profil « médical ». Pour le profil « généraliste », il y a essentiellement des agents et gestionnaires administratifs et des téléconseillers. Pour le profil « médical », il y a les aides-soignants et les infirmiers et, dans une moindre mesure, les médecins. Le budget consolidé de l’intérim dans les organismes pour l’année 2011, peut être estimé entre 22 à 24 M€. Ces chiffres intègrent le salaire des intérimaires. Quels sont les prestataires majeurs avec lesquels travaillent les organismes ? - ADECCO est le premier fournisseur : son chiffre d’affaires avec les organismes en 2011 dépasse 8 Millions €. Ce groupe se décline en ADECCO travail temporaire, ADIA et ADECCO Médical. En 2011, les trois branches et régimes qui ont majoritairement fait appel à lui sont la Vieillesse, le RSI et le Recouvrement. - RANDSTAD est le deuxième fournisseur, pour un chiffre d’affaires supérieur à 5 Millions €. Ce groupe se décline en filiales : EXPECTRA, RANDSTAD et Appel Médical. Les branches qui ont principalement travaillé avec lui sont la MSA et la Maladie, cette dernière travaillant surtout avec Appel Médical. - Le troisième fournisseur est MANPOWER avec un chiffre d’affaires de plus d’ 1,8 millions € qui est le fournisseur majoritaire de la Famille. - Suivent CRIT avec un chiffre d’affaires de 785 milles € et KELLY avec un chiffre d’affaires de 311milles €, ce dernier étant surtout sollicitée par la MSA, grâce à son réseau spécialisé Kelly Santé. Quels sont les organismes de Sécurité sociale qui ont le plus recours à l’intérim ? Le Recouvrement est en tête à hauteur de 7 M€. La Maladie suit pour près de 4 M€. Suivent la Vieillesse pour presque 3 M€, la Famille pour 1,515 M€ puis le RSI, la MSA et l’UCANSS. Séminaire de la CCMOSS 24 18 décembre 2012