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André Larose Portrait de l'homme en lecteur Les gens q u i l i s e n t ont t o u j o u r s q u e l q u e chose à d i r e . C'est là le credo d ' A n d r é Larose, o r t h o p é d a g o g u e de R e p e n t i g n y , en b a n l i e u e de M o n t r é a l . MARIE-CLAIRE GIRARD o o (M u~> 5 ce Q. Ul UJ Z O _l Ul ce 52 « La lecture a toujours fait partie de ment des séparations. Et quand relations de couples, Kundera se ma vie, que je qualifie d'ailleurs j'ai appris que ma fille souffrait de situe dans une ligue à part. « Il m'a d'existence en épisodes, explique fibrose kystique. C'est ce qui m'a permis de voir et de mieux comAndré Larose. J'ai été élevé dans permis de ne pas craquer, d'éviter prendre bien des choses», expliune famille où il y avait toujours les médicaments et les somni- que André Larose. Et au chapitre des romans qui procurent la même quelque chose à lire.» Pas éton- fères. » nant qu'à l'école, il aimât particu- Aujourd'hui, il aime relire les livres, satisfaction même après plusieurs lièrement les périodes obligatoires comme on écoute un disque plu- lectures, c'est Jules et Jim d'Henride lecture, les seuls moments où sieurs fois. Et lire toute l'œuvre Pierre Roche qui remporte la il pouvait s'adonner à sa passion d'un écrivain, histoire de mieux palme, ce roman désinvolte qui dans le silence. Un jour de juin cerner l'auteur. « Lire permet de de- raconte un triangle amoureux avec caniculaire, il s'est évanoui dans viner la vie d'un écrivain, estime- des accents de fausse gaieté, une bibliothèque. « Parce qu'il fai- t-il, mais aussi quelle vie il ou elle transposé au cinéma par François sait chaud, oui, se souvient-il, aurait aimé avoir. J'aime aussi lire Truffaut. mais aussi parce que j'ai été saisi ce que lisent mes enfants, poursuit Mais le lecteur a aussi ses mode vertige devant tout ce qui s'of- Larose, même si je ne m'attends ments de déception. Si Maupasfrait à moi, tout en ayant la certitude diffuse que ce serait possible de tout connaître ! » «La lecture m'a souvent sauvé, surtout au moment L'été, c'est le bord de la rivière, à L'Assomption, où il habite, qui des séparations. Et quand j'ai appris que ma fille souffrait de accueille ses heures de lecture. À fibrose kystique. C'est ce qui m'a permis de ne pas craquer, la maison, c'est son lit, où il passe chaque soir quelques heures à lire. d'éviter les médicaments et les somnifères.» Mais il y a aussi le bain, lieu privilégié, dans l'eau duquel il a d'ailleurs échappé un certain nombre pas à ce que ces lectures me ser- sant, lu à 15 ans et relu à l'âge de livres. Depuis, il s'est fabriqué vent de mode d'emploi pour mieux mûr, s'avère toujours une valeur une tablette spéciale pour éviter les comprendre ou les élever. » sûre, les livres de Jacques Godles malheurs! bout, à la relecture, «ont mal vieilli», et ceux de Félix Leclerc lui MIROIR Comme tout lecteur, André Larose semblent «inégaux». «Pour moi, INSTRUMENT DE VIE « La lecture me garde éveillé et me a ses préférences. Parmi les au- la relecture, c'est comme un miroir nourrit, explique André Larose, au teurs qu'il apprécie particulière- qui me permet de voir où je suis même titre que la musique.» Il ment, il y a Jacques Poulin, qui est rendu en tant que lecteur. » cultive d'ailleurs des relations spé- « venu le chercher » avec sa façon ciales avec les gens qui lui font unique de raconter. Et Philippe DES ROMANS ET DE faire des découvertes et avec qui Djian, qu'il a entrepris de relire, LA VRAIE VIE il organise des week-ends de lec- histoire de mesurer si la séduction Contrairement à bien des lecteurs, ture. « La lecture m'a souvent sau- d'il y a 20 ans opérait toujours. André Larose préfère ne pas lire vé, confesse-t-il, surtout au mo- Pour ce qui est de l'analyse des ou écouter d'entrevues avec les