Download Revue Humanitaire N15 - Hiver 2006

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Le véritable enjeu consiste, d'une part, à élever le niveau de
conscience quant au besoin de solidarité, qu'il s'exprime dans
des actions humanitaires ou dans des actions
altermondialistes ; et, d'autre part, de combiner ces deux
séries d'action pour que les résultats des unes et des autres
ne s'annulent pas réciproquement mais se renforcent
mutuellement. En d'autres termes, comment faire pour que
des actions envisageant le développement ou le changement
des structures économiques et politiques puissent s'appuyer
sur des actions humanitaires et que ces dernières renforcent
l'action politique de libération des opprimés ? Il s'agit de faire
en sorte que ceux qui participent à l'un des deux types d'action
soient capables d'appuyer et même de participer à l'autre ou
que l'angoisse devant les problèmes visibles n'efface pas le
besoin de s'attaquer à leurs causes : « L'union fait la force »,
comme le veut la sagesse populaire.
Même si elle constitue une condition de réussite des luttes
pour rendre le monde plus juste, cette union – davantage que
« l'unité » qui peut se satisfaire de l'organisation et de la
discipline – est difficile à construire. L'idéologie du système
économique qui domine aujourd'hui le monde est
fondamentalement compétitive. Son contraire, la coopération,
n'est vue que comme un rêve, porté par les vaincus ou ceux
qui restent au niveau le plus bas des pyramides sociale,
économique et politique. Pour ceux qui théorisent l'idéologie
dominante, la compétition est même le moteur de la réussite
de chacun et du système. Elle est mise en valeur jusque dans
les activités de détente et de loisir. Chacun doit être meilleur
que l'autre, conquérir plus d'espaces.
En politique comme dans l'humanitaire, dans les pays
développés comme dans les autres, chacun cherche à
augmenter toujours plus son propre pouvoir. Là est l'un des
problèmes puisque l'on observe cette logique à l'intérieur
même du camp de ceux qui s'opposent au système ! Dans
leur lutte permanente, ils vont jusqu'à se tromper d'ennemis,
s'affaiblissant les uns les autres. Et ce n'est pas mieux dans le
champ politique où ceux qui portent les projets et les espoirs
de changement social ne cessent de donner le spectacle de
leur division… pour la plus grande joie de la minorité qui
domine le monde et souhaite qu'il reste tel qu'il est.
Dans ces conditions, comment instaurer – entre humanitaires,
entre humanitaires et politiques et entre politiques – l'idéologie
de la coopération dans les actions qui visent à changer les
conditions de vie des êtres humains ? Oui, comment faire
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