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466 COMPTES RENDUS conduire à une injustice évidente (argument négatif ou exclusif concernant les cas d’espèce extrêmes) ; (3) le droit n’est pas identique à l’ensemble des lois, mais il inclut aussi des principes (fondamentaux) du droit qui viennent compléter et structurer les normes positives du droit (argument de la structure ouverte du droit). Voici, pour conclure, la définition du droit selon Alexy, dans toute sa complexité : « Le droit est un système de normes défini par les éléments suivants : (1) il prétend à être juste (richtig) ; (2) il comprend (a) l’ensemble des normes qui font partie d’une constitution en général socialement efficace et qui ne sont pas extrêmement injustes (ungerecht), ainsi que (b) l’ensemble des normes qui sont posées conformément à cette constitution, qui présentent un minimum d’efficacité (ou de chances d’efficacité) sociale et qui ne sont pas extrêmement injustes ; (3) il comprend les principes et les arguments normatifs divers sur lesquels s’appuie (et/ou doit s’appuyer) la procédure de l’application du droit, afin de répondre à la prétention à la justesse (Richtigkeit) » (p. 201). Michael WALZ Gunther TEUBNER, Le droit, un système autopoïétique, traduction de Gaby Maier et Nathalie Boucquey, PUF « Les voies du Droit », 1993, 281 p. Il s’agit de la traduction de l’ouvrage de Gunther Teubner, Recht als autopoietisches system, édité en 1989. Et l’ambition n’est pas mince, puisqu’il s’agit de réconcilier en les dépassant l’approche normativiste qui coupe le droit du social et l’approche sociologique qui limite le droit au social, par la théorie de l’autopoïèse juridique posant « l’autoreproduction d’un réseau communicationnel », en interférence avec d’autres réseaux communicationnels que le droit. Ainsi dans le système social global, autopoïétique de premier degré, se greffe un système de second degré constitué par les règles juridiques. L’auteur n’hésite pas à annoncer là une « acception entièrement nouvelle du droit »… Dans un luxe de formulations savantes et de vocabulaire varié, qu’un esprit simple percevrait parfois comme exotiques, la démonstration est entamée et menée à bon port. On peut même y voir un tour de force dans la mesure où l’auteur arrive d’une façon rigoureuse et convaincante à marier dimension sociale et autonomie systémique pour sortir de l’aporie premièrement établie. Le droit est un système autoréférentiel dans la mesure où sa validité lui est interne : le droit n’est produit que par le droit, dans un mouvement circulaire qui boucle la logique la plus immédiate à la procédure la plus affinée, entraînant maints paradoxes et apories ; à ce titre, il est imprévisible, tribut de son autonomie. La tentation du déconstructivisme est alors grande. Mais pour que la circularité du droit n’y donne pas prise, il faut précisément avoir recours à la théorie autopoïétique qui place cette circularité non comme faute logique mais comme problème inhérent à la pratique juridique dans une société qui fonctionne de manière cyclique. Il y a alors influence causale de l’environnement du système autoproducteur qui organise les jonctions sélectives ainsi établies avec un soubassement déjà structuré. Le droit est donc un système social autopoïétique de second degré. Il opère une « clôture opérationnelle… par la production auto-référentielle des composantes systé-