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Cette méthode de bâchage est donc à envisager avec beaucoup de précautions car elle n'est pas du tout sélective et peut, à
l'extrême, favoriser la repousse précoce des plantes à forte vitalité au détriment des plantes indigènes souvent peu compétitives.
Elle suppose de laisser les bâches durablement et de s’assurer qu’elles ne sont pas percées.
Un exemple de bâchage sur la frayère à brochets de Tressé (44)
La frayère à brochets de Tressé, sur la commune de Plessé, est une zone de marais aménagée pour la reproduction de cette espèce,
propriété de l’AAPPMA « la Brème de l’Isac » depuis 1996, dans le lit majeur du canal de Nantes à Brest.
© R. Matrat (DREAL Pays de la Loire)
La jussie y est apparue en 1999 et a rapidement
envahi toute la surface en eau ainsi qu’une
grande partie de la zone de prairie, entraînant
de gros dysfonctionnements : en effet, la douve
principale étant comblée par la plante dès le
mois d’avril, les alevins ne pouvaient plus dévaler jusqu’au canal de Nantes à Brest.
Depuis 2004, le soutien du Conseil général de
Loire-Atlantique a permis de gérer au mieux les
populations de jussies (Ludwigia grandiflora) et
de contenir l’extension de l’espèce sur la prairie
(zone de ponte des brochets), par de lourds
travaux d’arrachage manuel sur l’ensemble de la
frayère, soit 2 km de linéaire.
En parallèle, la Fédération de Loire-Atlantique pour la pêche et la protection du milieu aquatique a mis en place un
dispositif préventif de lutte contre la plante, faisant appel à
des techniques de génie végétal couplées à un bâchage des
berges les plus infestées. Les berges de la douve de dévalaison (500 m linéaires) ont ainsi été bâchées puis sécurisées
contre l’érosion par la plantation de saules, afin de créer
une ripisylve dont l’ombrage est destiné à ralentir l’apparition de jussie. En 2005, au vu des résultats sur la douve
principale, qui a pu être débarrassée de ses boutures en
seulement deux jours (contre 13 jours passés au dégagement des épis sur la frayère), l’ensemble des huit épis a été
© R. Matrat (DREAL Pays de la Loire)
recouvert de bâches tissées après fauche de leur pourtour.
Depuis un arrachage manuel d’entretien est néanmoins réalisé chaque année. La croissance de la ripisylve, par l’ombrage qu’elle
projette sur la douve principale y rend la jussie moins vigoureuse et l’arrachage en est facilité, diminuant la durée des interventions.
Si la jussie n’est pas éliminée, ces actions combinées semblent efficaces puisque ses populations ont aujourd’hui très largement
diminué et la production de la frayère est redevenue plus que satisfaisante.
La croissance des végétaux invasifs strictement aquatiques serait également limitée par les fortes turbidités. Ces turbidités sont
fréquentes dans les canaux et fossés des zones humides (fouissages par les animaux sauvages, chasses hydrauliques). Leurs causes
sont souvent localisées et leurs effets plus ou moins temporaires. Elles demeurent peu souhaitables à court et moyen termes pour
les autres organismes vivants (flore indigène, faune) et pour les fonctionnalités écologiques des milieux concernés.
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