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Thierry Bardinet
On conviendra qu’il est nécessaire, avant de poursuivre, de commencer par l’identification
botanique de senou et d’ânkh-imy.
L’identification botanique de senou et d’ânkh-imy
Nous allons considérer les mentions de ces deux mots qui se trouvent dans le passage du
papyrus du Louvre qui se rapporte à notre étude. Elles permettent, par petites touches, de
procéder à cette identification. Nous reviendrons par la suite sur les textes cités afin de les
analyser de façon plus précise et de les remettre davantage en contexte. Nous ne nous
occupons donc, pour l’instant, que de ce qui suffit à révéler l’identité botanique de senou et
d’ânkh-imy.
1. Une première mention nous apprend que, pour les Égyptiens, senou est le nom d’une plante
qui poussait à l’étranger et sur laquelle se trouvaient des rameaux portant des graines appelées
ânkh-imy. Une seconde mention nous précise ensuite que les graines ânkh-imy étaient
anciennement nommées serou et qu’elles ont changé de nom. Cette seconde mention donne
aussi le contexte religieux de ce changement de nom.
Première mention :
[
…]
<
>
(…)
[Connaître les…] de la plante-snw. Elle pousse dans une contrée étrangère dont le nom est Ωtt
(…). Des rameaux à graines-©n≈-µmy poussent sur elle 17.
Seconde mention :
[
]
[Quant à ce qui se passa] à propos de ce simulacre (osirien) c’est que la graine-©n≈-µmy vint à
l’existence de cette fameuse graine-srw qui sauva Horus lorsqu’il combattit avec Seth. Elle (= la
graine-srw) sauva ses yeux en raison de la grandeur de son pouvoir. Quand Horus demanda à en
(= des pouvoirs de la graine-srw) pouvoir profiter, Thot fut envoyé pour la trouver. Thot ramena
en son bec la graine-srw de Haute-Égypte qui est le condiment secret du prêtre Sem et du prêtreritualiste en chef ; c’est ©n≈-µmy (qui devint) l’autre façon de dire (= de [la] nommer) 18.
complet ! Équipe-toi de ce qui t’appartient ! Le smn, le smn, qui ouvre ta bouche, goûte son goût devant le
pavillon divin ! Ton encensement est le natron, en purification des Serviteurs d’Horus ! » (traduction Barguet,
op. cit., p. 274). Noter que R.O. FAULKNER, AECT I, 285, se basant une lecture mal assurée du titre donné par la
version B2C, propose de comprendre : « Spell for a wnwnt(?)-plant ».
17
Recto 14, 21-15, 3.
18
Recto 13, 17-21.
ENiM 6, 2013, p. 33-78