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36 Thierry Bardinet On conviendra qu’il est nécessaire, avant de poursuivre, de commencer par l’identification botanique de senou et d’ânkh-imy. L’identification botanique de senou et d’ânkh-imy Nous allons considérer les mentions de ces deux mots qui se trouvent dans le passage du papyrus du Louvre qui se rapporte à notre étude. Elles permettent, par petites touches, de procéder à cette identification. Nous reviendrons par la suite sur les textes cités afin de les analyser de façon plus précise et de les remettre davantage en contexte. Nous ne nous occupons donc, pour l’instant, que de ce qui suffit à révéler l’identité botanique de senou et d’ânkh-imy. 1. Une première mention nous apprend que, pour les Égyptiens, senou est le nom d’une plante qui poussait à l’étranger et sur laquelle se trouvaient des rameaux portant des graines appelées ânkh-imy. Une seconde mention nous précise ensuite que les graines ânkh-imy étaient anciennement nommées serou et qu’elles ont changé de nom. Cette seconde mention donne aussi le contexte religieux de ce changement de nom. Première mention : [ …] < > (…) [Connaître les…] de la plante-snw. Elle pousse dans une contrée étrangère dont le nom est Ωtt (…). Des rameaux à graines-©n≈-µmy poussent sur elle 17. Seconde mention : [ ] [Quant à ce qui se passa] à propos de ce simulacre (osirien) c’est que la graine-©n≈-µmy vint à l’existence de cette fameuse graine-srw qui sauva Horus lorsqu’il combattit avec Seth. Elle (= la graine-srw) sauva ses yeux en raison de la grandeur de son pouvoir. Quand Horus demanda à en (= des pouvoirs de la graine-srw) pouvoir profiter, Thot fut envoyé pour la trouver. Thot ramena en son bec la graine-srw de Haute-Égypte qui est le condiment secret du prêtre Sem et du prêtreritualiste en chef ; c’est ©n≈-µmy (qui devint) l’autre façon de dire (= de [la] nommer) 18. complet ! Équipe-toi de ce qui t’appartient ! Le smn, le smn, qui ouvre ta bouche, goûte son goût devant le pavillon divin ! Ton encensement est le natron, en purification des Serviteurs d’Horus ! » (traduction Barguet, op. cit., p. 274). Noter que R.O. FAULKNER, AECT I, 285, se basant une lecture mal assurée du titre donné par la version B2C, propose de comprendre : « Spell for a wnwnt(?)-plant ». 17 Recto 14, 21-15, 3. 18 Recto 13, 17-21. ENiM 6, 2013, p. 33-78