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Chaleur du poêle. Descartes. On songe, entre autres, aux
illuminations de ce bon vieux Descartes, telle celle du 10
novembre 1619, qui lui vaudrait sa première œuvre
significative, notre Discours de la méthode (1637). Quoique
cette thématique de l’interrogation métaphysique qui
suppose loisir et confort – et poêle chauffant – s’ébauche déjà
chez Xénophane ; à tout le moins, si l’on admet pour digne
de confiance le témoignage du Banquet des Sophistes
(Athénée de Naucratis, IIIe siècle après J.-C.), celle-ci ne
s’impose véritablement que sous l’égide du Stagirite,
notamment par le premier livre de l’Éthique à Eudème, où
l’oisiveté (otius) devient une condition sine qua non de la
contemplation philosophique et de la délibération en
politique ; étant les deux modalités d’accomplissement de
l’homme dans la cité. D’où, ménageant au citoyen bien-né
(kalos kai agathos) ce congé salutaire, le nécessaire recours à
l’esclavage. L’esclave, le serf, seront historiquement relevés
par la pension du roi ou d’obscurs protecteurs aux intentions
pas toujours claires…
Braise de bidon. Diogène. On songe, entre autres, à
Diogène de Sinope, soliste du sarcasme et digne ambassadeur
de la doctrine cynique (du grec kuôn, « chien ») et de la vie
avenante. Les frasques de Diogène ont été rapportées par un
autre Diogène, Diogène Laërce, dans ses Vies et doctrines de
philosophes illustres, qui nous en livre de bien vertes. On
prétendait qu’ayant sollicité l’oracle d’Apollon pour obtenir
une recommandation sur sa carrière future, il se vit faire
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