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DOSSIER PARDONNER SELON LES ÉVANGILES, UNE PLONGÉE AU CŒUR DES GRANDEURS ET DES MISÈRES DE NOTRE HUMANITÉ ET DU MYSTÈRE DE DIEU Marie Gratton Vous, qui avez choisi de me lire, avez évidemment votre propre conception de ce qu’est l’acte de pardonner. Selon toute vraisemblance, vous avez maintes fois connu la joie du pardon reçu, et vécu la rude exigence du pardon accordé. L’auteure est théologienne et membre du groupe L’autre Parole. Avant de continuer votre lecture, je vous suggère de prendre le temps de vous redire intérieurement ce qu’est pour vous le pardon, et ce qu’il n’est pas. Avant d’aborder le vif du sujet, permettez-moi maintenant d’y aller moi-même de mes propres vues sur la question. Elles se sont forgées, bien sûr, à partir de mon expérience. « L’expérience, c’est le faisceau des armes qui nous ont blessés »1, disait un sage dont j’ai oublié le nom. Pardonner 1. Il se trouve que, selon nos recherches sur la Toile, ce « sage » serait, de fait, une sage: Carmen Sylva, nom de plume de la princesse Élisabeth Pauline Ottilie Louise de Wied (1843-1916), qui fut reine de Roumanie. [www.wikipedia.com] ndlr: Pardonner ce n’est pas oublier. Oublier, c’est une défaillance de la mémoire. Pardonner, c’est un geste réfléchi qui résulte d’une décision ferme et sans appel de la volonté. Le pardon n’est pas nécessairement suivi d’une réconciliation. Idéalement, bien sûr, celle-ci devrait être la conclusion logique d’un pardon. Mais il arrive qu’on accorde ce dernier à des gens qui refusent de reconnaître l’offense commise. Il se peut aussi qu’on pardonne, enfin, à des défunts. Il n’est jamais trop tard pour bien faire! Pardonner, ce n’est pas non plus nier la faute commise, parce que la reconnaître pour ce qu’elle est ferait trop mal. On ne pardonne pas pour se convaincre, et convaincre l’autre de sa supériorité morale. Pardonner n’implique pas non plus qu’on renonce à ses droits. L’autre Parole, Numéro 134 Printemps 2013 4