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MARDI 27 SEPTEMBRE 2011 L’EXPRESS - L’IMPARTIAL
GROS PLAN 3
Que ce soit tous «flaps» déployés, comme ici lors de l’arrivée à Cancun (Mex), de nuit grâce à une photo prise avec un cerf-volant, ou à Miami, PlanetSolar se distingue de toutes les autres embarcations jamais vues. SP
PLANETSOLAR Le tour du monde à l’énergie solaire a débuté voici juste un an.
Anniversaire arrosé en cale sèche
SANTI TEROL
Un an! Cela fait aujourd’hui
365 jours que PlanetSolar a entamé son périple autour du
globe pour réaliser le premier
tour du monde à l’énergie solaire. Le 27 septembre 2010, le
Neuchâtelois Raphaël Domjan
larguait les amarres à Monaco
pour prouver au monde entier
qu’il est possible de se déplacer
en émettant zéro particules de
carbone. Le pari n’est pas encore gagné puisqu’il reste
l’océan Indien, le canal de Suez
puis la Méditerranée à traverser
pour boucler cette circumnavigation. Mais le plus dur paraît
être fait en ayant traversé le Pacifique.
Epuisé, l’équipage de PlanetSolar vient de faire halte à Singapour. L’escale durera une quinzaine de jours. C’est donc à terre
que ce premier anniversaire sera
fêté. Même le bateau est hors
d’eau: depuis hier, PlanetSolar a
été mis en cale sèche afin d’effectuer de solides travaux de
maintenance sur le catamaran.
Soit treize mois après sa mise en
service. «C’est la première fois, depuis que le bateau navigue, qu’il
entre dans un vrai chantier naval», indique Rachel Bros de
Puechredon. La porte-parole de
PlanetSolar précise qu’une montagne de petits travaux doivent
être réalisés à bord, la coque doit
être repeinte et «la certification
de navigabilité renouvelée quand
bien même PlanetSolar n’est pas
un bateau commercial».
Ce premier anniversaire, Raphaël Domjan le fête... à la maison. Samedi, fuyant le GP de
Formule 1, l’éco-aventurier neuchâtelois a sauté dans le premier
avion pour la Suisse. Pour un
peu de bon temps: «Nous avons
tous besoin de nous reposer après
ces difficiles conditions de naviga-
tion», explique le skipper. Et,
aussi, pour du travail administratif à la base d’Yverdon.
Raphaël Domjan rentre à nouveau avec une cargaison d’anecdotes dans sa besace. Car l’équipage de PlanetSolar a souvent
dû composer avec les éléments
et les règlements afin d’éviter de
se faire rançonner par de pseudo-pêcheurs dans les mers du
sud-est asiatique...
«Nous avons dû dévier de notre
route pour éviter d’éventuels pirates
intéressés par nos biens», explique Raphaël Domjan. Conséquence de ce choix, à la hauteur
de Saïgon, «nous nous sommes
retrouvés avec des courants contraires très, très forts et le vent dans
le nez.» Finalement, PlanetSolar
n’a eu d’autre recours que de longer les côtes du Vietnam, «ce qui
est interdit. Heureusement, notre
agent maritime local a obtenu une
dérogation pour nous», précise
Raphaël Domjan. Finalement,
le bateau a trouvé refuge dans le
Mékong. Mais quelle galère
pour se mettre à l’abri des vents
tempétueux: «Notre partenaire a
fait dévier un satellite pour que
nous disposions d’une carte actualisée. Aucune des nôtres n’était
juste.» Puis l’équipage a aussi dû
jouer serré avec les forces de l’ordre. «Lors d’un contrôle, les policiers nous ont réclamé cent dollars. Nous avons répondu ne pas
avoir d’argent. Ils ont alors demandé de l’essence... (rires)» Finalement, l’inspection s’est terminée
autour d’un plat de riz lyophilisé. Ensuite, PlanetSolar s’est résolu à naviguer tous feux éteints
de nuit, contournant (pas toujours avec succès) les énormes
filets de pêches, parfois posés à
plus de 20 km des côtes. «Là,
nous avons dû doubler les quarts
pour notre sécurité. Ce qui explique notre état de fatigue», conclut
Raphaël Domjan. Raphaël Domjan, à Singapour, quelques heures avant que PlanetSolar n’entre au chantier naval pour de sérieux travaux de maintenance. SP
Agnès et Daniel, entre inquiétudes et fierté
«Quand Raphaël a téléphoné, mercredi,
pour nous dire qu’ils étaient enfin arrivés à
Singapour, j’ai été soulagée.» Agnès
Domjan, la mère de l’éco-aventurier respire mieux depuis lors. Car, depuis le départ d’Australie, cette fin de traversée du
Pacifique était la plus difficile en termes
de navigation. «Surtout depuis les Philippines. L’équipage a dû affronter la mousson, les
orages et des eaux peu sûres avec des pirates», précise Daniel, le papa. «Pas des pirates; des brigands!», rectifie Agnès. «Les brigands dévalisent les marins; les pirates
prennent des otages. Et ça, ce sera lorsqu’ils
longeront les côtes de la Somalie...»
Ce tout premier tour du monde à l’énergie solaire n’a rien d’une partie de plai-
sance. Et même si l’on rappelle à Agnès
que PlanetSolar sera escorté par des militaires lorsque le catamaran entrera dans le
golfe d’Aden, la longueur de ce voyage lui
pèse. «Je ne regarde plus trop les photos, sinon je pleure», avoue-t-elle. Pourtant, les
premiers mois, «je notais tout; la position, la
vitesse, tout! Maintenant, j’ai un peu peur et
je peine à m’imaginer que c’est mon garçon
qui est sur ce gros bateau.»
Complice de Raphaël depuis le premier
jour du projet, son père s’attarde davantage sur l’aventure humaine que vit son
fils. «Les gens se passionnent avec ce projet
dont l’aspect humain est autant important
que le côté scientifique», estime Daniel
Domjan, qui voit son fils s’enrichir de tant
de rencontres au fil des mois. «Je suis sûr
que Raphaël ne s’y attendait pas», poursuitil. Pourtant, les prédispositions du fiston à
découvrir le monde ne datent pas d’hier.
«A dix-huit mois, il faisait déjà le tour du
quartier pour aller voir sa petite copine», relève Agnès Domjan. «Et à trois ans et demi
il montait déjà tout seul en funi à Chaumont
pour retrouver son grand-père.» Celui-ci lui
aurait passé sa passion pour la montagne.
«C’est bien pour cela que nous ne nous attendions pas à le voir traverser des mers, alors
que nous, nous sommes ici entourés de montagnes», constate Daniel. Qui ne peut toutefois étouffer ce sentiment de fierté:
«Que Raphaël soit à l’origine de cette embarcation solaire, cela m’émerveille!» STE
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L’énergie de demain!
Election au Conseil National 23 octobre 2011
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