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― I, 2 : La version A de l’ars notoria ou la quête de l’origine ―
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b) Texte et iconographie
La disposition du texte est conforme à la tradition en vigueur. Flores aurei, Ars
nova et Novem termini sont retranscrits d’un seul bloc du fol. 1r au fol. 16v, sans aucune
perturbation, comme dans Y1, L1 ou plus tardivement Le1. La qualité de la leçon est
bonne (proche de celle de E1), comme en témoigne l’incipit qui ne transforme pas, comme
c’est souvent le cas (y compris dans les manuscrits du XIIIe siècle comme Y1 et L1), les
noms des auctoritates supposées de l’Art :
§ 1 : /fol. 1r/ « Incipit prohemium siue exceptiones quas magnus Appolonius Flores aureos
ad eruditionem et cognitionem omnium scientiarum et naturalium artium generaliter merito et
competenter appellauit. Hoc Salomonis, Manichei et Euclidii auctoritate maxima probatum est.
Ecce incipit de uerbi efficacia. »
Fait inédit, le scribe a ajouté dans la marge supérieure du fol. 1r, juste au-dessus de
l’incipit, les noms Ihesus, Maria, Iohannes, dans le but sans doute d’afficher d’emblée le
caractère éminemment chrétien de l’œuvre, dans une démarche qui n’est pas sans rappeler
le manifeste iconographique qui ouvre le traité du manuscrit de Turin (= T1). À la suite
des interminables listes de noms angéliques du chapitre 127(a - i), l’auteur de R1 passe
directement aux paragraphes 131, 132, 133 et 134, ce dernier étant incomplet. Il intercale
alors à ce niveau (fol. 17r) ce qu’il intitule la prima nota, alors qu’il s’agit en fait, si l’on
suit la tradition iconographique courante, de la troisième figure de la grammaire. Les
première et deuxième figures de cet art n’apparaissent nulle part, ce qui est probablement
dû au fait que notre scribe ne disposait pas d’un modèle complet sur le plan figuratif. Suit,
au fol. 17v, après cette première figure, le paragraphe 136 : le scribe a donc fait le choix
de ne copier à cet endroit que le texte normatif, en laissant momentanément de côté les
prières latines (§ 128 à 130, § 135 qu’ils reportent en fin de traité), ce qui est conforme à
la disposition particulière adoptée un bon siècle plus tôt par le scribe de E1 (avant que ce
manuscrit ne s’interrompe abruptement au chapitre 134). Après le paragraphe 136, R1
propose un certain nombre de figures, sans prétendre toutefois à l’exhaustivité. Le scribe
continue de numéroter les note de manière peu conforme à la tradition, cherchant
visiblement à masquer par ce subterfuge le flou qui règne dans l’attribution des figures à
tel ou tel art. Il faut noter toutefois qu’il suit très fidèlement le modèle figuratif le plus
ancien, celui que nous retrouvons dans Y1, L1 et P1, sans jamais chercher à apposer sa
touche personnelle. Ainsi, au fol. 18r se trouve la secunda nota, en fait la première figure