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- 114 - LUTTER CONTRE LES STÉRÉOTYPES SEXISTES DANS LES MANUELS SCOLAIRES : FAIRE DE L'ÉCOLE UN CREUSET DE L'ÉGALITÉ Ce texte était complété par ce qui s’appelait à l’époque un « cahier des charges des manuels de lecture et de mathématiques pour le cycle 2 », sous la forme de deux fiches assez précises. Le Syndicat national de l’édition nous avait suggéré d’adresser ces fiches, plutôt qu’aux éditeurs, aux établissements et aux enseignants pour les guider dans leur choix de manuels. Elles auraient alors pu prendre la forme de circulaires. Nous ne sommes pas allés plus loin, mais je pense que nous n’étions pas véritablement en désaccord sur le fond. Mme Pascale Gélébart, chargée de mission éducation au Syndicat national de l’édition (SNE), directrice générale de « Savoir Livre ». – Je voudrais commencer par rappeler la définition légale du manuel scolaire, telle qu’elle résulte de la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre. Ainsi, le décret n° 2004-922 du 31 août 2004 précise que « sont considérés comme livres scolaires, au sens de l’alinéa 4 de l’article 3 de la loi du 10 août 1981 susvisée, les manuels et leur mode d’emploi, ainsi que les cahiers d’exercices et de travaux pratiques qui les complètent ou les ensembles de fiches qui s’y substituent, régulièrement utilisés dans le cadre de l’enseignement primaire, secondaire et préparatoire aux grandes écoles, ainsi que des formations au brevet de technicien supérieur, et conçus pour répondre à un programme préalablement défini ou agréé par les ministres concernés ». Le manuel scolaire répondant à un programme précis, les éditeurs sont dans l’obligation d’établir des contacts étroits avec les concepteurs de ces programmes car, au-delà de la lettre du programme, il s’agit aussi de bien en comprendre et donc en restituer l’esprit. Depuis huit ans que je suis responsable du Syndicat national de l’édition, je constate que l’évolution va dans le sens d’une collaboration rapprochée. La réforme du lycée de 2010, mise en place « dans la douleur », en particulier eu égard aux délais – intenables pour les éditeurs – marque, à cet égard, un tournant. Si je devais souligner les facteurs clefs, indispensables à l’édition d’un manuel scolaire, je mettrais en avant deux éléments que je considère comme essentiels : le temps, d’abord, et la possibilité de disposer de documents d’accompagnement des programmes, ensuite. Le manque de temps, tout d’abord, est un élément que soulèvent unanimement les éditeurs de manuels scolaires. En effet, outre la compréhension et l’appropriation du programme, la recherche de documentation et d’illustrations originales demandent beaucoup de temps. C’est précisément cela qui est sacrifié lorsque les délais sont trop courts ! Par conséquent, nous nous réjouissons de la volonté du ministre de respecter le délai d’un an. Les documents d’accompagnement des programmes fournis par la DGESCO, ensuite, sont destinés à guider les professeurs dans leurs classes, ce que nous estimons essentiel pédagogiquement. La qualité de ces documents est