Download Bilan d`activité 2013
Transcript
Gisti – Bilan d’activité 2013 d’éloignement ». Le Gisti n’a pas souhaité y participer. Rappelant au ministère de l’intérieur que « l’internement administratif auquel sont soumis les étrangers est par sa nature même porteur de violations, plus ou moins systématiques, plus ou moins inévitables lorsqu’elles ne sont pas volontaires, de leurs droits fondamentaux », il a décliné l’invitation en ajoutant que la seule concertation envisageable devrait « porter sur les moyens de diminuer le nombre de situations permettant le placement en rétention, et de le réduire au strict nécessaire de la durée audelà de laquelle une personne étrangère ne peut être privée de liberté pour des raisons tenant à son statut au regard du séjour ». B. « Alternatives à la rétention » ? Si des modifications devaient intervenir, il est probable qu’elles s’orienteraient vers ce que le langage gestionnaire nomme les « alternatives à la rétention », c’est-àdire des méthodes pour obtenir le départ de celles et ceux qui sont frappés d’une mesure d’éloignement sans les placer dans un centre de rétention administrative (Cra). Si l’on excepte l’usage du bracelet électronique, possible d’après les textes mais dont on ne connaît pas d’exemple en pratique à ce jour, il faut principalement entendre par « alternatives à la rétention » l’assignation à résidence et l’incitation au « retour volontaire aidé ». De fortes réserves sont à émettre sur ces deux solutions. La première parce qu’elle écarte les personnes concernées de l’accessibilité à l’aide juridique qu’apportent, dans les centres de rétention administrative (Cra), les associations qui y interviennent et donc d’éventuels recours contre les mesures d’éloignement ou le placement en rétention. La seconde parce que les « retours volontaires » n’ont souvent de volontaires que le nom, n’étant le plus souvent, quand ils sont exécutés, que le résultat d’un chan- page 17 tage entre l’expulsion « sèche » et l’expulsion accompagnée de l’octroi d’un pécule. La question des alternatives à la rétention a fait l’objet de débat au sein de l’OEE, sans y être tranchée. Une partie des associations – parmi lesquelles le Gisti – estime, en le déplorant, que cette réorientation des modalités de la coercition s’exerçant sur les personnes en instance d’éloignement vise tout au plus à teinter d’« humanité » les procédures d’éloignement, dont ni la pertinence ni même l’efficacité ne sont questionnées ou réévaluées. C. Délocalisation des audiences C’est toujours dans le double objectif d’une rationalisation des coûts liés à l’éloignement des étrangers et de l’optimisation de la chaîne arrestation-rétentionexpulsion que le gouvernement a réactivé un projet, différé à maintes reprises depuis plusieurs années, de délocaliser dans la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-deGaulle des audiences des juges des libertés et de la détention chargés de statuer sur les demandes de maintien en rétention des étrangers en instance d’éloignement, et de maintien en zone d’attente de ceux auxquels l’entrée sur le territoire est refusée. À cette fin, ont été construites une annexe du TGI de Meaux sur le site du centre de rétention du Mesnil-Amelot, et une annexe du TGI de Bobigny à toute proximité de la « Zapi 3 » – et des pistes de l’aéroport de Roissy. Dès l’annonce de l’ouverture de ces annexes, prévue pour septembre, une coalition d’associations et de syndicats de professionnels de la justice s’est mobilisée pour une campagne qui a duré plusieurs mois, sur le thème « défendre et juger sur le tarmac » (Lettre ouverte à madame la garde des Sceaux, communiqué du 18 juin). Ces organisations, dont le Gisti, se sont employées à expliquer que le