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JEUDI 22 SEPTEMBRE 2011 L’IMPARTIAL
CHIRURGIE
SP
Prothèses de hanches en hausse
Des patients de plus en plus jeunes
envisagent une opération de la hanche.
Plus de 20 000 prothèses sont posées
chaque année en Suisse. PAGE 18
LE MAG
GALERIE DITESHEIM Première exposition en Suisse du peintre Guilio Camagni.
Voyage méditatif et intimiste
au cœur de la matière
LES BONS PLANS DE...
JULIE PELLAUX
À ÉCOUTER
SÉVERINE CATTIN
ISSU DU MONDE DE LA BD
«J’ai réduit la couleur et la composition pour me concentrer sur la
géométrie», introduit Guilio Camagni. «Aujourd’hui, c’est la ligne horizontale et les nuances qui
m’importent». Exposé pour la
première fois en Suisse, l’artiste
d’origine italienne présente à la
galerie Ditesheim, à Neuchâtel,
un ensemble d’œuvres sur toile
et sur papier de différents formats, déclinées dans une intimité proche du sacré.
Giulio Camagni cherche à
faire vivre l’espace directement
à travers la déclinaison de sa palette de gris, de blancs et de
noirs, sans référence à la réalité.
Mais ici, ce n’est pas une simple
surface plane qui devient espace
chromatique. Ses toiles suggèrent un voyage; elles attirent le
spectateur dans ses espaces emplis d’une lumière cachée d’une
façon silencieuse et intime.
Gulio Camagni est connu également en tant que dessinateur dans
l’univers de la bande dessinée.
Créant sa première histoire dessinée
à 17 ans pour le magazine «Supereroica» aux éditions Dardo («Il Quadro Maledetto»), il rencontre alors
Ivo Milazzo, qu’il assistera pendant
plusieurs années avant de rejoindre
les éditions Sergio Bonelli, où il collabore à la série Napoleone, puis en
2008, à la minisérie Jan Dix, créée
par Carlo Ambrosini. L’univers graphique et figuratif inhérent à la
bande dessinée est pourtant très
distinct de ce qu’il présente ici à travers ses toiles abstraites, puissantes
et méditatives.
Un artiste au parcours atypique à
suivre de très près! SEC
Avec leur physionomie voilée
qui se dérobe au regard insistant, qui se cache plus qu’elle ne
révèle, ses surfaces aux multiples couches semblent être le résultat des expériences transcendantes
méditatives
et
introspectives de son geste pictural. «Ce que j’aime, c’est qu’on
puisse voir la matière apparaître»,
commente l’artiste. Ainsi, dans
le voile laiteux qui recouvre l’espace, dans ce néant de terre et
de brume, le spectateur peut y
voir des variations sur le thème
de l’infini, mais également un
paysage plongé dans des
brouillards blancs.
La réalité de l’expérience terrestre et de l’expérience transcendante devient un troisième
terme le tableau, l’image. Ce
qui semble être recherché ici,
DAVID MARCHON
A chacun son imaginaire
«
●Ce que j’aime, c’est que l’on
puisse voir la matière
apparaître.» GUILIO CAMAGNI
c’est la correspondance entre les
expériences du peintre et celles
du spectateur, comme le définit
Guilio Camagni: «Chacun peut y
projeter son imagination, exercer
sa liberté de parcourir l’œuvre et
d’y trouver quelque chose qui lui
appartient.»
Ce qui surprend encore, c’est la
répétition de la structure et de la
ligne de ses peintures, comme
s’il avait atteint quelque chose
d’absolu qu’il essayait à chaque
fois de reproduire ou qu’il cherchait à atteindre un équilibre
encore insatisfait. «Je cherche à
aller vers quelque chose d’encore
plus épuré, mais le vide est angoissant…», répond l’artiste.
Pourtant, la puissance méditative de ses toiles, leur aspect captivant, l’envie de contemplation
qu’elles suscitent génèrent déjà
une intense quête d’émotions
enfouies chez le spectateur, menée par Camagni.
Comme l’écrivait le plasticien
Joseph Beuys: «L’homme doit apprendre à s’élever au-dessus de la
réalité. Il doit se créer un véhicule
spirituel, avec lequel il atteint un
tout autre point de vue dans le cosmos.» Avec son œuvre, Giulio
Camagni est en train de mettre
au point un tel «véhicule». +
INFO
Neuchâtel, galerie Ditesheim,
jusqu’au 16 octobre
La Fête des vendanges n’est
pas la manifestation la plus
culturelle du canton, mais
elle reste quasi incontournable. Si d’aucuns déambuleront dans le brouhaha que
cracheront les enceintes des
stands dans tout Neuchâtel,
d’autres pourront profiter
d’un peu de «vraie» musique.
La rue du Neubourg propose
un festival de concerts live.
Les musiciens neuchâtelois
se relayeront du vendredi au
dimanche pour distiller autant de funk, rock, jazz, boogie.
+ Live@Neubourg, du 23 au 25 sep●
tembre, programme complet sur facebook
À DÉVORER
Province de Québec, dans les
années 1920. Marie Ducharme vient de perdre son
mari, et doit désormais s’occuper seule du Magasin général, unique commerce du
village. Jusqu’à ce qu’une
rencontre vienne troubler
les hivers sans fin.
Régis Loisel et Jean-Louis
Tripp livrent une bande dessinée attachante, «Magasin
général», qui explore au fil
des albums la vie rurale des
habitants de Notre-Damedes-Lacs. Les deux auteurs
ont collaboré à la fois au dessin et au scénario, pour offrir
un travail à quatre mains
haut en couleur.
Sans oublier le langage pittoresque, travaillé pour rester
compréhensible des deux côtés
de
l’Atlantique.
«Ouains… ça a l’air de t’faire
ben plaisir de pouvoir t’épivarder…»
+ «Magasin général - Ernest Latu●
lippe», tome 6 (2010), Loisel et Tripp,
éditions Casterman
À VISITER
Salle des chevaliers, oubliettes, chambre des tortures.
Douze châteaux vaudois ouvrent leurs portes au public
ce week-end, les 24 et 25 septembre. Se replonger dans
l’atmosphère médiévale du
château de Grandson, ou
celle de Chillon, ou découvrir
le patrimoine historique
d’Avenches, d’Yverdon, de
Nyon, sont autant d’occasions
de sortir des frontières pour
vivre un retour dans le passé
dans le pays de Vaud. Ou simplement de profiter des rives
des lacs.
Un billet spécial, vendu dans
les forteresses concernées,
tiendra lieu de laissez-passer
pour toutes les visites.
+ Programme complet et informa●
tions sur www.chateauxvaud.ch
MÉMENTO
LA CHAUX-DE-FONDS
«Edelweiss tuning». Après
Neuchâtel et Le Noirmont, la
compagnie Leoki et le collectif la
Bouillie d’Heidi présentent leur
spectacle, «Edelweiss tuning», au
Temple allemand demain et samedi à
20h30, ainsi que dimanche à 19 heures.
Alliant danse contemporaine, vidéo et musique improvisée, cette création,
articulée autour de sentiments aussi universels que la jalousie, la tristesse,
la solitude, propose à chaque fois une version enrichie de matériaux
visuels et sonores glanés dans les localités où ont lieu les représentations.
Infos: www.abc-culture.ch
COURTS MÉTRAGES. Le meilleur du festival Fantoche s’invite sur l’écran de l’ABC, à La Chaux-de-Fonds.
Le cinéma d’animation, à découvrir dans tous ses états!
Sis à Baden, le festival Fantoche a connu début septembre une neuvième édition à succès. Plus de 34 000 spectateurs ont découvert le meilleur du
cinéma d’animation actuel. Qu’on se le
dise, avec les années, Fantoche est bel
et bien devenu l’un des grands rendezvous d’un genre qui on le sait n’est pas réservé aux seuls gosses. Dommage que
les cinéphiles de Suisse romande peinent encore à faire le détour! Raison de
plus de fréquenter l’ABC demain soir,
où aura lieu une merveilleuse séance de
rattrapage avec la présentation de deux
programmes «estampillés» Fantoche.
Le premier présentera huit courts métrages de la Compétition internationale
qui ont été primés à divers titres, à commencer par le lauréat suprême, «External World» de David Reilly, quinze minutes follement nonsensiques bâties
autour d’une leçon de piano assez dou-
loureuse. Usant d’une image de syn- au trait mouvant à l’humour bien dosé.
thèse japonisante, mais qui accumule Mais nous aussi avons beaucoup appréles références à l’âge d’or du cartoon cié le nouveau film de Dustin Rees qui
étasunien, le cinéaste se fait l’écho joue de façon très subtile sur le terme
d’une modernité plutôt cruelle.
«Borderline». Idem pour «Gypaetus
L’un de nos autres préférés s’intitule Helveticus», un bref documentaire ani«Luminaris», petit chef-d’œuvre grin- mé qui apparie avec malice le sort de
çant dû à l’Argentin Juan Pablo Zama- nos pauvres gypaètes à celui de nos
rella, lequel a littéralement transcendé étrangers injustement vilipendés. Enle «vieux» procédé de la pixilation, fin, le pionnier Georges Schwizgebel
pour animer une ode à la liberté aussi nous démontre qu’il n’a rien perdu de
lumineuse qu’électrique. Nous avons son génie de la métamorphose avec
aussi un faible pour «Chroniques de la «Romance» où corps et sentiments
poisse» du Français Osman Cerfon qui dansent un ballet transformiste hallucifait de la malchance tout un art.
nant! VINCENT ADATTE
Le second programme est dévolu aux
œuvres primées de la Compétition
suisse, soit neuf courts métrages qui démontrent une fois de plus l’excellence INFO
de notre production «nationale». Prix La Chaux-de-Fonds: demain au cinéma ABC;
du meilleur film et Prix du public, «Bon programme Best of Fantoche, à 20h45. Best of
voyage» de Fabio Friedli est une œuvre Swiss Animation, à 22h30.
+
Dans «Romance», un film de Georges Schwizgebel, corps et sentiments dansent
un ballet transformiste hallucinant! SP