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JEUDI 22 SEPTEMBRE 2011 L’EXPRESS - L’IMPARTIAL GROS PLAN 3 HÔPITAL NEUCHÂTELOIS Les partis chaux-de-fonniers incitent au soulèvement. Population du Haut appelée à faire pression sur le Conseil d’Etat SYLVIA FREDA Depuis longtemps, on n’avait vu semblable mobilisation pour sauver l’hôpital de la Chaux-deFonds, dans le Haut. «Que ce soit dans les parlements, dans les commissionsconvergentes,nous,lespolitiques, membres du groupe de travail interpartis chaux-de-fonnier issu des Etats généraux de la santé, avons discuté, rediscuté pour rappeler au Conseil d’Etat ce qu’il avait promis à l’hôpital de La Chaux-deFonds!», clame Théo Bregnard, députéPOP.«Sansrésultat,aucun! Acestade,nousaimerionsquelapopulation fasse entendre sa voix!» Lettre, en ligne Il y a trois ans, l’exécutif cantonal promettait que le site mère-enfant serait maintenu à La Chaux- quoi? «Parce qu’en orthopédie, les interventions peuvent être remises au lendemain, à part quelques exceptions. Et cela conduira – les autres membres du groupe interpartis le pensent comme moi – à la disparition de l’hôpital tel qu’on le défend. Car cela amènera la suppression des soins intensifs, une diminution forte de l’activité chirurgicale et de la médecine.» Il ajoute, inquiet: «Et alors il restera quoi de l’hôpital de La Chauxde-Fonds? C’est pourquoi notre groupe a décidé aujourd’hui (réd: hier) de lancer une véritable campagne de soutien! Pour qu’on n’assiste pasaudémantèlementdenotrehôpital.» Sur le site www.sauvonslhopital.ch, la population peut télécharger une lettre déjà rédigée, qu’il n’y a plus qu’à dater, signer et envoyer nous battrons «pourNous que l’hôpital de La Chaux-de-Fonds ne soit pas démantelé.» THÉO HUGUENIN-ELIE, DÉPUTÉ PS de-Fonds, en échange du déménagement, dans le Bas, de la HE-Arc. «On sait ce qu’il en est aujourd’hui. Et voilà que selon un plan de répartition des missions entre établissements hospitaliers de HNe qui date de mai, on apprend que le site de La Chaux-de-Fonds est destiné à devenir un pôle locomoteur et orthopédique!» Pour lui, ainsi que pour tous les représentants du groupe interpartis, c’est clair, ce genre de projet conduira peu ou prou à la fermeture de l’hôpital de La Chaux-deFonds la nuit et le week-end. Pour- au Conseil d’Etat. «Nous ne voulons pas que La Chaux-de-Fonds soit sacrifiée et devienne la première ville suisse de son importance à ne plus bénéficier d’un hôpital digne de ce nom», peut-on, entre autres, y lire. Sur Facebook a été créé le groupe «Sauvons l’hôpital de La Chaux-de-Fonds» qui comptait trois membres à 13h30, hier, et déjà près de 600 en fin d’aprèsmidi. Si le groupe interpartis agit maintenant, c’est parce qu’à la fin du mois d’octobre le Conseil d’Etat va rendre son tout dernier plan de répartition des missions entre hôpitaux du Haut et du Bas. «Il faut que nous et toute la populationluifassionsconnaîtrenotreposition avant! Montrons que le Haut de ce canton n’est pas qu’une quantité négligeable! On a pu lire ici et là qu’un petit hôpital de jour suffit à la Chaux-de-Fonds.Danscecantonily a deux sites d’importance: l’hôpital Pourtalès et l’hôpital de La Chauxde-Fonds. Ces deux sites doivent être maintenus avec une activité d’importance équivalente.» Aussi du groupe interpartis, Claude-Alain Moser, conseiller général chaux-de-fonnier PLR et médecin, précise: «Nous proposons un centre de chirurgie stationnaire à La Chaux-de-Fonds, où se dérouleraient toutes les interventions qui nécessitent un séjour de plus de 24 heures.» 18 millions sans plus-value Théo Huguenin-Elie, député PS et aussi membre du groupe interpartis, cite des chiffres. L’hôpital Pourtalès arrive souvent à un taux d’occupation des lits de 105%, «alors qu’à La Chaux-de-Fonds, des lits sont sous-occupés». Selon lui et ses collègues, «un rééquilibrage fondamental s’impose». Il y a quelque temps, le directeur d’Hôpital neuchâtelois avait annoncé, «pour calmer les esprits», que18millionsavaientétéinvestis ces dernières années sur le site de La Chaux-de-Fonds. «On a su en août dernier, que rien n’a été en fait investi dans de la plus-value. La plupart de l’argent est allé dans de l’entretien. Par contre, les douze millions qui ont été engagés à Pourtalès sont des investissements de plus-value...» Le Conseil communal de la Métropole horlogère et la Ville du Locle soutiennent la campagne lancée hier. «Nous nous battrons avec la dernière énergie!», promet Théo Huguenin-Elie. Aussi bien le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds que la Ville du Locle soutiennent la campagne «Sauvons l’hôpital de La Chaux-de-Fonds!», lancée hier par le groupe interpartis de La Métropole horlogère. ARCHIVES GUILLAUME PERRET Gisèle Ory confirme sa volonté au sujet de la Providence et de l’orthopédie Gisèle Ory confirme: «L’orthopédie sera progressivement retirée à l’hôpital de la Providence. Il ne lui sera bien sûr pas interdit de pratiquer cette discipline, mais il est clair que le canton ne subventionnera plus cet hôpital dans ce domaine d’activité.» Autre volonté personnelle que la conseillère d’Etat confirme: «En orthopédie, l’Hôpital neuchâtelois et la Providence entreront donc en concurrence» (nos éditions des 1er, 7 et 16 septembre). L’Hôpital neuchâtelois trouvera-t-il les médecins pour rivaliser avec l’établissement privé de Neuchâtel, qui assure aujourd’hui deux tiers de l’activité dite élective (c’est-à-dire planifiée, par opposition à la traumatologie)? «Oui, je ne me fais pas trop de souci», répond la Gisèle Ory, Claudia Moreno et Laurent Christe hier à La Chaux-de-Fonds. CHRISTIAN GALLEY ministre de la Santé. «Pour un médecin, il peut être intéressant de passer par un celle du groupe interpartis (lire ci-des- d’ici fin octobre sur la version complétée hôpital comme l’Hôpital neuchâtelois – sus). A cette occasion, Claudia Moreno du plan stratégique. «Les groupes de traqui est encore assez attractif – avant de et Laurent Christe, respectivement pré- vail planchent d’arrache-pied sur les compostuler dans un hôpital universitaire». sidente du conseil d’administration et pléments demandés par le Conseil Propos tenus hier lors d’une confé- directeur général de l’Hôpital neuchâ- d’Etat», a souligné Claudia Moreno. rence de presse tenue à l’hôpital de La telois (HNe), ont fait le point, à mi-parCes réflexions sont menées en preChaux-de-Fonds, deux heures après cours, du processus qui doit déboucher nant en compte un certain nombre de critères considérés comme acquis. Laurent Christe a mentionné «l’équité entre le site de La Chaux-de-Fonds et celui de Neuchâtel, le fait que le pôle mère-enfant restera à Neuchâtel, ou encore le site unique de soins aigus prévu à l’horizon 2022». Ces réflexions pourraient-elles déboucher sur une remise en cause en profondeur de la version initiale du plan stratégique, qui prévoit de confier l’ensemble du pôle de l’appareil locomoteur – dont l’orthopédie – à l’hôpital de La Chaux-de-Fonds? Réponse du directeur général: «A l’heure actuelle, tout est ouvert. Notre première préoccupation, c’est la sécurité sanitaire de la population. Si, dans un second temps, les autorités politiques décident d’adapter notre plan stratégique en fonction de tel ou tel critère, nous devrons nous conformer à cette décision.» Claudia Moreno ajoute: «Pour chaque complément demandé par le Conseil d’Etat, nous présenterons plusieurs options. Il n’y a que comme cela que le dossier HNe pourra avancer. Les groupes de travail n’ont pas été mis sur pied pour faire des propositions déjà émises.» Et la fameuse question du bloc opératoire ouvert 24 heures sur 24 à l’hôpital de La Chaux-de-Fonds? L’HNe peut-il donner des garanties à ce sujet? Laurent Christe: «Non, aucune. Il faut savoir que sur l’ensemble des sites de l’Hôpital neuchâtelois, le nombre d’interventions de nuit, c’est-à-dire entre minuit et 7h du matin, est extrêmement faible. Si, aujourd’hui, nous disposons de deux blocs opératoires ouverts la nuit, ce n’est pas pour répondre à la demande, c’est pour des raisons que l’on peut qualifier d’historiques. Mais nous arriverions à faire face aux besoins avec un seul bloc.» «Des forces constructives» Au final, Gisèle Ory se veut rassurante: «Quelles que soient les options choisies, elles feront inévitablement des mécontents. Pour parvenir à un consensus, il s’agit de trouver le plus petit dénominateur commun. La différence par rapport aux années précédente, c’est que les forces d’opposition ont cédé leur place à des forces constructives.» PHO