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MATERNELLE Maternelle Professionnalité à haut potentiel Les récentes velléités du ministère de classer précocement les élèves de 5 ans interviennent dans un contexte où la maternelle, déjà lourdement touchée par les suppressions de ^]e`SeSe`[WeSS\QOaeSRO\eeSe\OZW`Ïe3`^]ad`O\`ZSe enjeux de l’école maternelle sont fondamentaux. A près les polémiques sur les couches ou les jardins d’éveil, l’épisode sur les évaluations à 5 ans met encore une fois la maternelle sur la sellette. Si le projet de repérage des difficultés d’apprentissage en grande section, dévoilé en octobre, a provoqué un tollé général dans la communauté éducative, c’est qu’il consistait à classer, dès la maternelle, les élèves en 3 catégories : « rien à signaler », « risque » et « haut risque »... Et malgré la rapide volte-face du ministre, les faits demeurent et les intentions inquiètent, légitimement. Car le choix d’une école où l’accueil peut se faire dans de bonnes conditions semble être abandonné, ce qui rend plus que légitime la quête de reconnaissance de la professionnalité des enseignants de maternelle. Une professionnalité qui intègre la spécificité du travail avec les jeunes enfants, comme le note Françoise Carraud expliquant qu’il existe un rapport trompeur entre « activité professionnelle et activité domestique». Trompeur car à l’école ces gestes quotidiens - accueil, passage aux toilettes, etc. - relèvent de l’acte professionnel. Autant de gestes qui s’apprennent, se réélaborent en situation et qu’une formation initiale et continue de qualité devrait accompagner... Accueillir à l’école l’élève comme enfant donc, avec son histoire et sa langue : maternelle... C’est la démarche défendue par Françoise Leclaire pour qui « quand l’école rejette la langue de l’enfant, elle rejette l’enfant ». Une démarche tout aussi profitable aux élèves francophones et qui permet d’impliquer les parents en instaurant une essentielle relation de confiance... L’enjeu majeur du langage Car la professionnalité s’enracine aussi dans le langage et la mise à distance par les mots... La médiation par la parole, dont est garant l’enseignant, permet à l’enfant de devenir élève, de dépasser ses affects et la communication non verbale pour se consacrer à des activités qui vont l’élever à l’abstraction, lui faire accepter d’autres temporalités et lui donner la possibilité d’agir sur le monde. Un enjeu majeur donc, et particulièrement prégnant dans les activités de lecture et de compréhension d’albums comme le souligne Véronique Boiron pour qui les échanges langagiers « offrent la possibilité de comprendre ce que le texte ne dit pas explicitement ». La maternelle, lieu privilégié de socialisation, souffre actuellement de choix qui nient précisément ses spécificités. Un lieu où les enseignants continuent de se donner les moyens de respecter le rythme, le bien-être et le temps spécifique du développement du jeune enfant. 59 Vincent Martinez MATERNELLE