Download n°1 - janvier 2011 : Marc Alyn

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marc alyn
Des morts tirés à quatre épingles conduisaient l’attelage de
Fantômas lancé à tombeau ouvert vers les bas quartiers de
l’énigme. On entendait tinter les colliers de grelots par-dessus les
sanglots d’une étrangère dépouillée de sa robe sur les coussins de
cuir par des doigts intraitables ; et les rares passants essuyaient
un feu nourri d’invectives, rebroussant chemin vers les zones
éclairées. La vie fuyait ainsi de chapitre en chapitre, folle alliée de
forfaits imaginaires, fouaillée par une écriture de haut bord ample
et incisive, qui fonçait vers l’ailleurs en inversant les rôles. Tous les
héros étaient fictifs au même titre que l’auteur dont la tâche
consistait à présenter les mots aux choses et les choses aux mots
en vue d’égarements partagés. Il en naissait des significations
inouïes, tête-bêche sauvages, offrant une vue imprenable sur le
grand large. Là-bas, le claquement des lessives marines annonçait
la cité : oriflammes, grand’voile déployée, pièces de lingerie roses,
cramoisies, mordorées, plus vaporeuses que la fin du monde…
Du haut des remparts, les veilleurs visaient les yeux. Puis l’aube
s’envolait et l’on découvrait, blotti entre les roues, l’enfant perdu
depuis tant d’années : grand pour son âge tel un prisonnier élargi.
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