Download n°1 - janvier 2011 : Marc Alyn
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J’étais fou comme on est fort. J’étais seul comme on est mille. […] Mais j’ouvrais trop grand les yeux : J’étais comme ces miroirs Qui reflètent sans rien voir. Les choses avaient un poids décisif, une chaleur dont mon corps prenait conscience. Mes frères multipliaient leurs purs visages de plantes à l’orée de ma stupeur. J’étais beau de leur splendeur. J’étais grand de leur détresse. marc alyn Le recueil se terminait par un dizain d’une beauté que rien, à mes yeux, n’est venu altérer : 43 L’espérance, c’est avoir l’humanité dans ses veines. L’envol du poète, prosateur et essayiste L’entrée en fanfare de Marc Alyn dans le champ poétique français n’aura pas été un feu de paille. Échappant au piège de la notoriété immédiate, de l’étiquette du jeune poète prodige – une image qui aurait pu lui coller à la peau comme la tunique de Nessus –, il tourne tôt le dos aux pièges clinquants de la vie littéraire parisienne pour, selon sa propre définition, « un exil émerveillé » dans le sud de la France, au cœur de la vieille ville d’Uzès chère à Jean Racine et André Gide. Réfugié dans sa Thébaïde méridionale, il y puisera durant une trentaine d’années – ne retournant à Paris qu’en 1987 – une ardeur créatrice jamais démentie. Bien qu’adonné sans interruption à l’élaboration d’une œuvre poétique jalonnée jusqu’à ce jour d’une vingtaine de recueils et d’une demi-douzaine d’œuvres en prose (dans lesquelles l’em-