Download format Acrobat

Transcript
-55II serait donc faux de croire que nous sommes les seuls à chercher des
réponses aux questions d'aménagement du territoire et de bancarisation des plus
démunis. Ce sont malheureusement des problèmes communs aux 15 pays de
l'Union.
En 1990, j'avais proposé un amendement visant à donner à La Poste
quelques libertés supplémentaires en matière financière. J'ai alors vu l'AFB et le
ministre des finances s'y opposer très clairement. Je pense donc que nous devons
réfléchir à une nouvelle voie pour éviter que La Poste n'ait à assumer une responsabilité bancaire trop importante. Bancariser La Poste reviendrait à ne pas pouvoir
adosser un certain nombre d'opérations.
Alan JOHNSON
Député anglais, ancien responsable syndical
de la poste britannique
Je vous remercie de m'avoir invité à participer à ce colloque. Je voudrais
vous décrire quelques aspects du rôle de ciment social que la poste essaie de jouer
en Angleterre ainsi que la façon dont elle a su se transformer pour faire face au
nouvel environnement concurrentiel.
Les services postaux anglais ont été créés au XVIIème siècle. Par la suite,
ils sont devenus une entreprise publique qui, en 1990, s'est scindée en trois entités
distinctes : Royal Mail pour les lettres, le service des colis et le réseau de 90 000
bureaux répartis sur l'ensemble du territoire.
Au cours des onze années de son mandat, Madame Thatcher a privatisé
de nombreuses sociétés mais ne s'est jamais attaquée à la privatisation de la poste.
C'est John Major qui a tenté de le faire mais il a dû y renoncer après deux ans d'efforts infructueux. Les britanniques ont en effet soutenu très fortement la campagne
que mon syndicat a mené contre la privatisation. Finalement, leGouvernementa
été obligé de recourir à un sondage sur la question : sur les 15 400 réponses adressées, seul un faible pourcentage était en faveur de la privatisation.
L'activité postale anglaise est à la fois efficace et profitable : depuis 20
ans, elle a fonctionné sans aucune subvention publique, ce qui explique certainement en partie la réaction populaire en faveur du maintien de la poste dans le giron
de l'État. Les gens craignaient également que la privatisation n'entraîne des problèmes sociaux et des difficultés de toutes sortes.
La poste anglaise tient aussi sa popularité de son efficacité : elle délivre
le courrier dans les endroits les plus reculés du pays six jours sur sept. 90 % des
habitants reçoivent même une deuxième livraison de courrier au cours de la journée. Le tarif est uniforme, contrairement aux télécommunications, et c'est un élément très important pour ceux qui vivent en milieu rural. Ainsi, sur les 90 000
bureaux existants, la moitié sont déficitaires mais la poste les maintient pour assu-