Download n° 17 - site ALAT

Transcript
Des hommes responsables, qui pigent
vite et qui galopent
En amont de cette réussite opérationnelle, il
y a la formation, les organisations et les programmes d’équipement.
La formation doit développer la compétence,
le sens de la sécurité et, comme ciment, l’intelligence tactique et la volonté.
Pour assurer le meilleur niveau de compétence, nous avons choisi, ici, en pionniers,
l’exigeante voie des standards de formation
européens. Les débuts sont difficiles mais
nous poursuivrons, tout en adaptant temporairement nos objectifs à nos besoins.
Vous savez tous que le brevet de pilote d’hélicoptère que vous recevrez ici n’est qu’un
moyen, mais indispensable, pour accéder au
vrai métier d’aérocombat ou de pilote opérationnel que vous apprendrez dans cette école
ou dans vos armées respectives. Pour ceux
qui en sont arrivés à ce stade, s’ouvre une
période riche et passionnante, mais extrêmement exigeante qui vous demandera intelligence des situations et sens tactique, et cela
n’est pas moins difficile qu’une tenue d’assiette.
La sécurité est une exigence constante pour
la réussite de la mission. Elle repose sur une
stricte discipline de vol et un travail dans les
règles de l’art. Mais attention, cette discipline n’exclut pas, au contraire, elle réclame un
important travail sur soi-même d’autocritique, l’exercice de la responsabilité et le
sens de l’initiative constructive. Les gestes
techniques sont certes codifiés, mais il est
de votre responsabilité personnelle de s’assurer de leur adaptation à l’environnement et
à la situation du moment et de votre compétence à les exécuter.
En conclusion, l’art militaire pour le pilote,
le mécanicien ou le personnel d’environnement ne réside pas dans la seule exécution
d’une série de gestes techniques, un robot y
pourvoirait très bien. Il est de savoir faire en
permanence le choix du geste en fonction de
la situation et en anticipant sur ses conséquences.
Retenez que plus qu’un technicien, l’aérocombattant est une intelligence tactique
servie par la compétence technique, le sens
de la mission, le courage et la volonté de
gagner.
Des organisations et des équipements, je ne
peux parler que de ceux de l’armée de Terre.
La constante transformation et modernisation de l’ALAT
Nous aurons en 2007 une école d’application
telle que vous la connaissez, sur trois sites,
travaillant en interarmées pour mettre sur
pied le Centre de formation interarmées
NH 90. Une Ecole franco-allemande pour le
Tigre, s’ouvrant aux coopérations internationales. Une brigade aéromobile avec trois
régiments, dont le 5ème RHC, qui aura reçu
ses premiers Tigre en début d’année. Une
brigade des forces spéciales Terre avec un
DAOS aux capacités sérieusement renforcées par ses huit EC 725 HUS et s’ouvrant à
la sécurité intérieure.
Au total, 400 hélicoptères, servis par 3500
Page 51 - Revue d’information de l’ALAT n° 17
DOSSIER
MASA. Le bâtiment de guerre est lui indissociable de son hélicoptère qu’il projette de
son pont pour sonder les profondeurs, scruter la surface des flots et les rivages afin de
prévenir en permanence toute menace. La
gendarmerie amplifie et complète désormais
ses actions de surveillance, de sécurité générale et de secours à partir du ciel. Enfin, dans
toutes les grandes armées de terre, la notre
en premier, la manœuvre a acquis, par l’apport de la troisième dimension, une souplesse et une fluidité qui ne pourront plus être
abandonnées sans graves dommages.
Le XXème siècle a vu naître l’hélicoptère et
l’exploration de ses domaines d’emploi
potentiels tant militaires que civils. Le
XXIème devrait être, pour tous les pays et les
armées qui en ont saisi les potentialités, qui
en ont les moyens financiers et qui ont des
statuts de puissance politique, celui de
l’expansion de l’aéromobilité et de l’aérocombat. A condition que l’on arrive à bien
comprendre, pour l’élaboration des réglementations, des concepts d’emploi, des
schémas d’organisation et de déploiement
des unités, que l’hélicoptère n’est pas
l’avion. Il en est même l’antithèse. Sachons
cependant reconnaître et intégrer l’apport de
la culture aéronautique aux méthodes de
travail et aux principes de sécurité pour améliorer notre efficacité.