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Quelques recettes pour mobiliser et fidéliser les bénévoles Associations mode d’emploi Si les associations recrutent relativement facilement des bénévoles dans la dynamique de leur création, il est parfois plus difficile de les mobiliser et de les fidéliser, faute de les considérer comme une véritable ressource que l’on doit gérer et impliquer. Ego ou exo centré ? L’investissement bénévole est très divers. De celui qui participe régulièrement à certaines manifestations ou à des activités, au responsable d’activité, de commission, ou au membre du conseil d’administration ou du bureau, il existe plusieurs degrés d’engagement. Entre démarches personnelles et dynamisation d’un projet, la recherche de bénévoles doit concilier au mieux les attentes de la personne et celles de la structure demandeuse. Il y a les exo centrés qui cherchent à être utiles, à aider les autres, à défendre une cause ou des droits, et les égo centrés qui s’engagent de préférence pour pratiquer une activité, se faire des amis, acquérir une compétence, ou défendre des intérêts. A l’heure où évoluent les modes d’engagements associatifs, il faut surtout éviter d’opposer l’un à l’autre mais au contraire chercher à utiliser chacun au mieux en fonction du projet. Prendre les gens comme ils sont Certaines structures, sensibles aux méthodes managériales et à la gestion de ressources humaines, vont jusqu’à parler de « marché concurrentiel du bénévole’ » et lance de véritables « campagnes de recrutement ». L’utilisation de ces termes n’est pas innocente et met l’association dans une position proche de celle de l’entreprise. On parle de bénévoles plutôt que de militants associatifs, de tâches à effectuer et de compétences à mettre en œuvre plutôt que d’adhésion au projet associatif, de besoins à couvrir plutôt que d’envies, de profil de postes plutôt que d’accueils de bonnes volontés … Dominique Thierry, vice-président de France Bénévolat, réaffirme pourtant « qu’on ne recrute pas, on favorise l’engagement. Il faut prendre les gens comme ils sont, avec ce qu’ils ont envie de faire et rentrer dans un processus d’aménagement de l’association et non le contraire ». Des apports à faire valoir « Ce n’est pas un profit que l’on attend mais un enrichissement personnel » pouvait-on lire lors de l’exposition « Paroles de bénévoles » organisée par l’Aglca (Agence pour la Gestion, la Liaison et le Conseil aux Associations). Si de nombreuses personnes trouvent dans le bénévolat une sociabilité et une forme d’utilité pour la collectivité, la pratique associative offre bien d’autres apports à mettre en avant lors de vos recherches Le bénévolat permet, notamment aux étudiants et aux personnes en recherche d’emploi, une connaissance du fonctionnement des institutions, des rencontres avec les acteurs et une véritable immersion dans le monde du travail. Travailler en commission thématique, rencontrer des partenaires, assurer la coordination d’un évènement, rédiger les comptes rendus, les communiqués de presse, ou des des articles sont autant d’expériences professionnelles que le bénévole peut faire valoir dans son CV. L’engagement peut ainsi offrir une « formation professionnelle », potentiellement valorisable par la validation des acquis (VAE). Le réseau relationnel offert par la vie associative n’est pas non plus à négliger ; on sait que la reprise d’emploi doit beaucoup à l’entretien de ces réseaux. Rappelez également à vos bénévoles potentiels que des remboursements de frais sont possibles et que l’association peut leur délivrer des chèques repas. S avoir gérer les compétences La gestion des ressources bénévoles se différencie bien sûr de celle des salariés en raison de l’absence de lien de subordination. Le bénévole met sa motivation et ses compétences à disposition de la structure dans une limite à respecter. Les bénévoles ne sont pas là pour faire une deuxième journée de travail non payée. L’association doit veiller à la prévention et à la gestion des conflits, notamment en rappelant la règle, en fournissant les statuts et le règlement intérieur, et en s’efforçant de distinguer les missions des bénévoles de celles de l’équipe salariée. Selon les besoins, l’association peut mettre en place un accompagnement par les plus anciens, un plan de formation interne ou avec d’autres associations, ou encore encourager ses bénévoles à participer aux formations proposées par les structures d’appui. La valorisation de l’action des bénévoles peut bien sûr être saluée dans des moments de détente et de convivialité, mais elle doit également être intégrée dans la comptabilité de l’association, pour être visible de tous. Prendre le risque de la démocratie L’arrivée de nouveaux adhérents dans l’association constitue une opportunité à ne pas négliger. Une réunion d’accueil peut être l’occasion d’une information sur l’histoire de l’association, les valeurs qui sous-tendent son action, ses objectifs généraux, son fonctionnement statutaire, mais aussi ses moyens d’actions, ses partenaires, l’investissement de ses dirigeants, et d’aborder en toute transparence les enjeux, les difficultés, mais aussi les avancées et les réussites. En bref, de remettre le projet collectif au centre de la démarche. Transformer un usager ou un supporter en bénévole, puis en administrateur prêt à assumer des responsabilités est un processus long et oblige tôt ou tard à prendre le risque de la démocratie, c'est-à-dire à laisser la place à l’expression, à écouter les suggestions, à accepter de voir « son bébé » grandir, se transformer, s’échapper … C’est là un enjeu de bien des associations, au risque sinon de voir leur projet se dévitaliser avec le temps. Quelques « trucs »… Différencier le coût de l’adhésion du prix des services pour que l’usager se sente un peu plus « membre/acteur » que « client/ consommateur ». Expliquer sans détours ses besoins : une étude canadienne montrait que sur un échantillon de 100 personnes qui ne s’étaient pas engagées dans le bénévolat, 80 répondaient que c’était parce qu’on ne leur avait pas demandé Présenter une image positive de l’association et de ses dirigeants Accueillir les nouveaux adhérents : personnalisation de l’accueil, parrainage, rencontre avec les salariés … Formaliser le « contrat associatif » par un engagement réciproque du bénévole ET de l’association : carte, charte etc. précisant ce que l’association peut offrir en retour : formation, VAE … Prévoir de réelles délégations de façon statutaire : « vice président chargé de … », commissions … Limiter statutairement la durée des mandats Faire de l’assemblée générale non pas un pensum obligé mais un réel moment d’échange de points de vue sans pour autant en faire une guerre de tranchées.